Cette année, mourut Ibn Bassâm le poète : Abû al-Hasan, ‘Alî ibn Ahmad ibn Mansûr ibn Nasr ibn Bassâm al-Bassâmî, un célèbre satiriste qui n’épargnait personne dans ses invectives, pas même son propre père. Sa mère était Umâma, fille de Ḥamdûn an-Nadîm.
Ibn Khallikân a rapporté de nombreux extraits de sa poésie, dont son texte sur la destruction du tombeau de Ḥusayn ibn ‘Alî, ainsi que l’ordre donné de le cultiver et d’en effacer toute trace. Al-Mutawakkil était alors très hostile à ‘Alî et à sa descendance. L’événement se produisit en l’an 236 de l’Hégire. Ibn Bassâm composa ces vers :
« Par Dieu ! Si les Omeyyades ont commis
Le meurtre, injuste, du fils de la fille de leur Prophète,
Voilà que les descendants de son propre père ont fait de même :
Le voici, par ta vie, dépouillé de son tombeau.
Ils se sont affligés de ne point avoir participé à son assassinat :
Ils l’ont alors pourchassé jusque dans sa poussière. »
[Puis vint l’année 304.] Cette année-là, le calife al-Muqtadir bi-llâh destitua son vizir Abû al-Hasan ‘Alî ibn ‘Isâ ibn al-Jarrâḥ, parce qu’une vive brouille était survenue entre lui et Umm Mûsâ, l’intendante. Sur la demande du vizir, qui souhaitait être relevé de ses fonctions, il fut démis de son poste sans qu’on ne touche à ses biens.
Alors, on fit appel à Abû al-Hasan ‘Alî ibn Muḥammad ibn al-Furât, qui fut réinstallé au vizirat après en avoir été écarté cinq ans auparavant. Le calife lui octroya, le jour de at-Tarwiyah, sept robes d’honneur, lui remit trois cent mille dirhams, ainsi que dix coffres de vêtements et plusieurs chevaux.