Ruwaïm Ibn Ahmad (1), que l’on dit aussi être Ibn Muhammad Ibn Ruwaïm Ibn Yazid (2), Abou al-Hassan, et que l’on appelle parfois Abou al-Hussein ou Abou Muhammad, fut l’un des imams du soufisme. Il maîtrisait le Coran et ses significations, et il étudiait la jurisprudence selon l’école de Dawoud Ibn ‘Ali al-Ẓâhirî (3).
On raconte qu’il cacha son amour pour la vie d’ici-bas pendant quarante ans, en se consacrant durant tout ce temps au soufisme. Puis, lorsque Ismâ‘îl Ibn Isḥâq (4) accéda à la fonction de juge à Bagdad, il le nomma intendant à sa porte. Alors Ruwaïm abandonna le soufisme, s’habilla de khazz, de qaṣab (5) et de dabîqî (6), chevaucha des chevaux, consomma des mets délicats et construisit des demeures.
Quant à Zuhayr Ibn Ṣâliḥ Ibn l’imam Aḥmad Ibn Ḥanbal (7), il transmit de son père et fut lui-même rapporté par Abou Bakr Aḥmad Ibn Salmân (8) an-Najjâd. Il était jugé fiable et mourut jeune, selon ad-Dâraquṭnî.
Abou ‘Alî al-Jubbâ’î (9), maître des mu‘tazilites, est Muḥammad Ibn ‘Abd al-Wahhâb, Abou ‘Alî al-Jubbâ’î, chef de la branche mu‘tazilite de son époque. Abou al-Ḥasan al-Ash‘arî (10) étudia auprès de lui avant de s’en détourner. Al-Jubbâ’î composa un long commentaire (tafsîr) volumineux où il propose des interprétations singulières. Le shaykh Abou al-Ḥasan al-Ash‘arî le réfuta, déclarant : « On dirait que le Coran est descendu dans la langue des habitants de Jubbâ’ (11). »
Le shaykh Abou ‘Alî naquit en l’an 235 de l’Hégire.
(1) Ṭabaqāt al-ṣūfiyya (pp. 180–184), Ḥilyat al-Awliyāʾ (vol. 10, pp. 296–302), Tārīkh Baghdād (vol. 8, pp. 430–432), al-Risāla al-Qushayriyya (pp. 20–21), al-Muntaẓam (vol. 6, pp. 136–137), Ṣifat al-Ṣafwa (vol. 2, pp. 442–443), Sīr Aʿlām al-Nubalāʾ (vol. 14, pp. 234–235), Ṭabaqāt al-Awliyāʾ (pp. 228–231), Ṭabaqāt al-Shaʿrānī (vol. 1, p. 116).
(2) Dans Tārīkh Baghdād (vol. 8, p. 430) : Ibn Muḥammad ibn Yazīd ibn Ruwaym ibn Yazīd, et il en est de même dans Sīr Aʿlām al-Nubalāʾ (vol. 14, p. 235).
(3) Sa notice a été citée dans Wafayāt selon l'année 270 H de ce même ouvrage.
(4) Sa notice a été citée dans Wafayāt selon l'année 282 H de ce même ouvrage.
(5) Al-qaṣab : vêtements confectionnés en lin, des étoffes fines. Selon la langue (al-Lisān).
(6) Dans la lecture (ṭ) al-Daybaqī, ce qui est une erreur de copie. Al-Dibayqī dérive de Dibīq, une petite cité située entre al-Firmā et Tinnīs relevant de l’Égypte, connue pour ses tissus dibayqiyya. (Muʿjam al-Buldān, vol. 2, p. 438).
(7) Al-Muntaẓam (vol. 6, p. 137).
(8) Dans la lecture (ṭ) Sulaymān, ce qui est une erreur de copie ; sa notice apparaîtra dans Wafayāt selon l'année 348 H.
(9) Maqālāt al-Islāmiyyīn (p. 522) et suivants, al-Farq bayna al-Firaq (pp. 167–169), al-Milal wa al-Niḥal (vol. 1, pp. 78–85), al-Ansāb (vol. 3, p. 176), al-Muntaẓam (vol. 6, p. 137), Wafayāt al-Aʿyān (vol. 4, pp. 267–269), Sīr Aʿlām al-Nubalāʾ (vol. 14, pp. 183–184), Ṭabaqāt al-Muʿtazila (pp. 80–85), Ṭabaqāt al-Mufassirīn lil-Dāwūdī (vol. 2, pp. 189–190).
(10) Sa notice paraîtra dans Wafayāt selon l'année 330 H.
(11) Tel quel dans al-Uṣūl et dans Muʿjam al-Buldān (vol. 2, p. 97) : « Jubbā » avec un ḍamma puis une shadda et une kasra… ville située à l’extrémité de Bassora et d’al-Ahwāz… Jubbā est d’origine non arabe, la forme logique aurait été « Jubbawī » pour en dériver un nisba, mais on lui attribue ironiquement « Jubbāʾī » sans respecter la règle.