Il se leva donc d’auprès d’eux, s’isola dans un coin de la mosquée où ils se trouvaient, pria deux rakʿas en les prolongeant et implora Dieu, L’invoquant par Ses noms éminents. Il n’avait pas encore achevé sa prière qu’un jeune homme, de belle prestance et d’aspect agréable, entra dans la mosquée et demanda : « Où est al-Ḥasan ibn Sufyān ? » Je lui répondis : « C’est moi. » Il dit : « L’émir Ṭūlūn (1) vous salue, implore votre pardon pour sa négligence et vous envoie cent dinars à chacun. » Nous lui dîmes : « Qu’est-ce qui l’a poussé à cela ? » Il répondit : « Il a désiré aujourd’hui se retirer seul ; or, pendant qu’il dormait, un cavalier apparut dans les airs, tenant une lance. Il pénétra chez lui, appuya le talon de la lance contre son flanc, le piqua et lui déclara : “Lève-toi et va aider al-Ḥasan ibn Sufyān et ses compagnons ! Lève-toi et rejoins-les ! Car voilà trois jours qu’ils souffrent de la faim dans telle mosquée.” L’émir lui demanda : “Qui es-tu ?” Il répondit : “Je suis Riḍwān, le gardien du Paradis.” »
L’émir se réveilla alors, ressentant une vive douleur au côté. Il envoya aussitôt de quoi subvenir à nos besoins, puis vint personnellement nous rendre visite et acheta les alentours de cette mosquée (2) pour les donner en usufruit à ceux qui la fréquenteraient parmi les gens du ḥadīth. Que Dieu lui accorde Sa meilleure récompense.
Quant à al-Ḥasan ibn Sufyān (qu’Allah lui fasse miséricorde), il fut l’un des grands imams, éminent et mémorisateur hors pair dans cette discipline. Plusieurs spécialistes du ḥadīth se réunirent auprès de lui, parmi lesquels Ibn Khuzayma (3) et d’autres, pour lui réciter quelques traditions et mettre à l’épreuve son savoir en permutant les chaînes de transmission (4). Or, chaque fois qu’ils en interchangeaient une, il les ramenait à la version correcte. Il avait alors quatre-vingt-dix ans (5) et, malgré cet âge, il conservait une mémoire solide, ne laissant rien lui échapper de ses ḥadīths.
Parmi ses notes utiles, on cite que : al-ʿAbsi est originaire de Kūfa, al-ʿAyshī de Baṣra, et al-ʿAnsī d’Égypte (6).