Et l’Hafiz Abou Bakr Mohammed ibn ‘Abd al-Ghani ibn Nuqta a dit dans son «Taqyid» : «J’ai recopié de la main d’Abou ‘Amir Mohammed ibn Sa‘doun al-‘Abdari, l’hafiz, qu’Abou ‘Abd ar-Rahman an-Nasa‘i est décédé à ar-Ramlah (1), ville de Palestine, le lundi treize nuits après le début de Safar de l’an trois cent trois (303), et qu’il fut enterré à Bayt al-Maqdis (Jérusalem).»
Ibn Khallikan a rapporté dans «al-Wafayât» qu’il serait mort en Cha‘bân de cette même année. Il ajoute qu’il aurait rédigé «al-Khasâ’is» pour évoquer le mérite de ‘Ali et des Gens de la Maison, parce qu’en arrivant à Damas en 302, il constata qu’on y éprouvait une aversion à l’égard de ‘Ali. Lorsqu’ils l’interrogèrent au sujet de Mu‘âwiya, il leur répondit ce qu’il répondit, et ils l’agressèrent en le frappant dans ses parties intimes, ce qui causa sa mort (2).
C’est aussi ce qu’ont rapporté Ibn Younus et Abou Ja‘far at-Tahâwî : il serait décédé en Palestine au mois de Safar de cette année-là. Selon son propre témoignage (qu’Allah lui fasse miséricorde), il naquit en 215 ou 214, ce qui porterait son âge à quatre-vingt-huit ans environ (3).
Al-Hassan ibn Soufyân (4) ibn ‘Âmir ibn ‘Abd al-‘Azîz ibn an-Noumân ibn ‘Atâ’, Abou al-‘Abbâs, ach-Chaybânî an-Nasawî, fut le grand spécialiste (muhaddith) du Khorassan, lequel on rejoignait de loin pour puiser dans sa science du hadith et de la jurisprudence. Il voyagea à travers les régions, étudia la jurisprudence auprès d’Abou Thawr (5), émettant ensuite des fatwas selon son école, et apprit la langue et la littérature auprès des disciples d’an-Nadr ibn Choumayl (6). Les gens se rendaient donc auprès de lui au Khorassan pour l’étude.
Il connut un épisode particulier : lui et un groupe de ses compagnons se trouvaient en Égypte pour rechercher le hadith, quand leur situation se dégrada à tel point qu’ils restèrent trois jours sans manger et n’avaient plus rien à vendre pour s’acheter de quoi se nourrir. La nécessité les poussa donc à envisager la mendicité, mais leur dignité les en empêchait fortement. Enfin, acculés par leur détresse, ils tirèrent au sort pour déterminer lequel d’entre eux se chargerait de cette épreuve, et le sort désigna al-Hassan ibn Soufyân.