Mention de la prophétie de Josué et de la charge qu’il assuma auprès des Enfants d’Israël après Moïse et Aaron (que la paix soit sur eux) :
(1) Il s’agit de Josué (Yūshaʿ) fils de Nūn, fils d’Éphraïm, fils de Joseph, fils de Jacob, fils d’Isaac, fils d’Abraham, l’ami (de Dieu), que la paix soit sur lui.
(2) Dieu — exalté soit-Il — l’a mentionné dans le Coran sans citer son nom explicitement dans l’histoire de Khidr, comme on le voit dans les versets : « Et (rappelez-vous) lorsque Moïse dit à son valet… » et « Lorsqu’ils eurent dépassé (l’endroit), (Moïse) dit à son valet… » (Coran 18 : 60 et 62). Nous avons déjà rapporté ce qui est établi dans le Sahîh d’après le récit transmis par Ubayy ibn Kaʿb (qu’Allah l’agrée), au sujet de la parole du Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) : c’est bien Yūshaʿ ibn Nūn. Les Gens du Livre s’accordent pour reconnaître sa prophétie. Toutefois, un groupe parmi eux — les Samaritains — ne reconnaît la prophétie d’aucun autre après Moïse, hormis celle de Josué fils de Nūn, car son nom est explicitement mentionné dans la Torah. Ils renient tout ce qui vient ensuite, alors qu’il s’agit de la vérité venant de leur Seigneur. Que pèsent sur eux les malédictions divines jusqu’au Jour de la Résurrection.
(3) Quant à ce que rapportent Ibn Jarîr et d’autres exégètes, au nom de Muhammad ibn Isḥāq, selon qui la prophétie se serait transférée de Moïse à Josué à la fin de la vie de Moïse, si bien que Moïse rencontrait Josué pour l’interroger sur ce que Dieu avait prescrit comme ordres et interdictions, au point de lui dire : « Ô interlocuteur de Dieu, je ne t’interrogeais pas sur ce que Dieu te révélait tant que tu ne m’en informais pas toi-même spontanément. » C’est alors, dit-on, que Moïse serait devenu avide de quitter ce monde et aurait préféré la mort. (4)
(5) Or, cet exposé mérite d’être nuancé, car Moïse (que la paix soit sur lui) conserva en toute circonstance la fonction, la révélation, la Loi et la parole que Dieu lui adressait, et ce jusqu’à ce que Dieu — exalté soit-Il — le rappelle à Lui. Il ne cessa jamais d’être honoré, comblé de faveurs et hautement considéré auprès de Dieu, comme nous l’avons déjà mentionné dans le récit authentique où il creva l’œil de l’Ange de la Mort, avant que celui-ci ne revienne auprès de Dieu pour Lui dire que Son serviteur ne voulait pas mourir. Dieu le renvoya alors, en disant : « S’il désire prolonger sa vie, qu’il pose la main sur le dos d’un bœuf : pour chaque poil recouvert, il aura une année de plus à vivre. » Moïse demanda : « Que se passera-t-il après cela ? » L’Ange répondit : « La mort. » Moïse dit : « Alors que ce soit maintenant, Seigneur. » Puis il invoqua Dieu afin d’être approché de la Terre sainte à distance d’un jet de pierre, et sa demande fut exaucée — que les prières et la paix de Dieu soient sur lui.
(6) Ainsi, ce que Muhammad ibn Isḥāq a rapporté, s’il l’a tiré des écrits des Gens du Livre, se trouve démenti par leur propre livre appelé la Torah, où il apparaît clairement que la révélation continuait de descendre sur Moïse chaque fois que cela était nécessaire, et ce jusqu’à la fin de son temps. C’est ce qui ressort de la manière dont ils exposent l’histoire du Coffre du Témoignage dans la Tente de la Rencontre selon leur récit.