Cette année-là, un violent incendie se déclara dans le marché des charpentiers à Bagdad, et le marché entier fut entièrement consumé par les flammes.
Au mois de Dhou al-Ḥijja de cette même année, al-Muqtadir bi-llāh tomba malade pendant treize jours. Il ne fut jamais malade durant tout son califat – pourtant long – si ce n’est lors de cet unique épisode. Cette année-là, le pèlerinage fut dirigé par al-Faḍl ibn ʿAbd al-Malik.
Lorsque le vizir craignit pour la sécurité des pèlerins à cause de la menace des Qarāmiṭa sur leur chemin du retour, il leur adressa une lettre pour les détourner de l’affaire des pèlerins. Certains dignitaires l’accusèrent alors de correspondre avec les Qarāmiṭa, mais lorsque l’on découvrit son véritable objectif et ce qu’il avait visé, il gagna la faveur des gens.
Parmi les notables décédés cette année-là : an-Nasāʾī – Aḥmad ibn ʿAlī ibn Shuʿayb ibn ʿAlī ibn Sinān ibn Baḥr ibn Dīnār, Abū ʿAbd ar-Raḥmān an-Nasāʾī, auteur des « Sunan », grand imām de son époque et surpassant ses pairs, ses semblables et les savants de son temps. Il voyagea à travers de vastes contrées pour écouter les ḥadiths et rencontrer les imāms érudits. Nous avons mentionné, dans notre livre « at-Takmīl » – qu’Allah soit loué et remercié –, ceux dont il a reçu les traditions en direct. Nous y avons également rédigé sa biographie. De nombreuses personnes ont rapporté ses propos. Il a réuni le « Sunan al-Kabīr » et en a tiré une sélection plus réduite de bien moindre volume, et nous avons eu l’occasion d’entendre chacun des deux recueils.
Par ses écrits, il a fait preuve d’une excellente mémorisation, d’une solide maîtrise, de sincérité, de foi, de savoir et de perspicacité. Al-Ḥākim rapporte qu’ad-Dāraqutnī a dit : « Abū ʿAbd ar-Raḥmān an-Nasāʾī devance tous ceux que l’on mentionne dans cette science parmi les gens de son temps. On appelait d’ailleurs son recueil “aṣ-Ṣaḥīḥ”. » Abū ʿAlī al-Ḥāfiẓ a déclaré : « Le critère de sélection des rapporteurs chez an-Nasāʾī est plus strict que celui de Muslim ibn al-Ḥajjāj, et il était l’un des imāms des musulmans. » Il a ajouté : « C’est l’imām en matière de ḥadith, sans contestation. » Abū l-Ḥusayn Muḥammad ibn al-Muẓaffar al-Ḥāfiẓ a dit : « J’ai entendu nos maîtres d’Égypte reconnaître à l’unanimité sa supériorité. »