ʿIrq était un serviteur parmi les serviteurs du sultan, chargé du service postal, et il arriva en Égypte (1) en compagnie de cet homme. Il y demeura jusqu’à son décès – qu’Allah lui fasse miséricorde.
Quant à Bidaʿa, la servante dʿUrayb (2) la chanteuse, certains qui la désiraient proposèrent à sa maîtresse la somme de cent mille dinars, augmentée de vingt mille dinars supplémentaires. Sa maîtresse lui fit part de cette offre, mais elle répugnait à se séparer d’elle. Aussi sa maîtresse l’affranchit-elle le jour même (3). Sa mort fut retardée jusqu’à cette année (4), et elle laissa en espèces et en biens immobiliers un patrimoine qu’aucun homme ne possédait.
Le cadi Abū Zurʿa Muḥammad ibn ʿUthmān al-Shāfiʿī (5), qui fut cadi de Miṣr puis de Damas, est le premier à avoir jugé selon l’école shāfiʿite au Levant et à l’y avoir diffusée (6). C’était un homme digne de confiance et intègre, parmi les meilleurs des cadis. Il était issu des Gens du Livre de confession juive (7). Nous avons mentionné sa biographie dans l’ouvrage « Ṭabaqāt al-Shāfiʿiyya ».
[Puis vint l’année trois cent trois]
Au cours de cette année, al-Muqtadir bi-llāh constitua d’importants biens et domaines en waqf (dotation) au profit des deux Lieux saints, et il convoqua les cadis et les notables pour les prendre à témoin de cette décision qu’il déclara lui-même.
La même année, un groupe de prisonniers bédouins, qui avaient attaqué les pèlerins cette année-là, fut amené à Bagdad. Le peuple ne put se contenir et se rua sur eux pour les tuer. Certains des responsables furent alors arrêtés et châtiés, car ils avaient agi sans l’aval du sultan.