(1)
« Le silence est une sécurité face à toute calamité : celui qui y parvient reçoit la meilleure part. Jamais n’est survenu aux hommes un mal plus funeste qu’une parole proférée. Le faux pas de la langue est fatal, et pour nous, il ne ressemble en rien à un faux pas du pied. Préserve ta langue qui peut te conduire à la perte, car bien des paroles ont humilié un homme généreux. »
(2) Chapitre
Les gens ont divergé pour savoir qui est le meilleur : le riche reconnaissant ou le pauvre endurant ? Deux opinions célèbres se sont dégagées. Certains ont dit : « Ils sont égaux. » D’autres ont estimé : « Le meilleur est celui qui, dans sa situation, est le plus pieux vis-à-vis de Dieu. S’ils sont égaux à cet égard, alors ils se valent. » On interrogea Abou ‘Alî ad-Daqqâq à ce sujet et il répondit : « Le riche est meilleur, car la richesse est l’une des caractéristiques de Dieu – exalté soit-Il. » Il citait en effet la Parole divine : « Ô hommes ! Vous êtes les besogneux ayant besoin de Dieu, et Dieu est le Bien-Riche, le Digne de louange » [Fâtir : 15]. Puis il précisa : « Mais il s’agit du riche qui place sa confiance en ce que Dieu détient et non en ce qu’il a entre ses mains. » Il faisait allusion à la parole du Messager de Dieu (ﷺ) rapportée à l’unanimité : « La richesse ne consiste pas en l’abondance de biens, mais la vraie richesse est celle de l’âme. »
(3)
Et que dire de la belle parole de certains : « Je suis devenu riche sans avoir d’argent, à l’égard de tous les hommes, car la plus haute forme de richesse est de se passer de la chose plutôt que de la posséder. » Un autre a dit : « Lorsque nos cous s’abaissent humblement devant toi, c’est dans l’humilité qu’ils trouvent leur noblesse. » Et encore un autre : « Contente-toi de ce qui te suffit et exerce la satisfaction, car tu ne sais pas si tu vivras jusqu’au lendemain ou si tu mourras ce soir. La richesse ne vient pas de l’abondance de biens, mais elle relève d’abord de l’âme, comme la pauvreté. »