Soleil (1), devenu semblable à un soleil déjà levé… Sa joue se baigne dans la lumière (2) venue de Sa propre joue.
Elle disparaît dans Sa bouche, mais après cela, elle reparaît sur Sa joue.
Al-Ḥāfiẓ al-Bayhaqī a rapporté, d’après son maître al-Ḥākim, d’après Abū al-Faḍl Naṣr ibn Muḥammad al-Ṭūsī, qu’il nous dit : « Abū Bakr al-Ṣanawbari nous a récité ces vers (3) :
La vieillesse a ruiné ce que la jeunesse avait bâti, / Et les belles ne se sont pas retenues lorsqu’elles étaient en courroux.
L’ébène s’est changé en ivoire ; aussi bien les yeux / Que les cœurs en ont été renversés.
C’est une erreur de juger l’épervier en le dépréciant / Malgré sa beauté, et de préférer le corbeau.
Il a également composé, comme l’a rapporté Ibn ʿAsākir, au sujet de son enfant qu’il venait de sevrer et qui se mit à pleurer son sein (5) :
Ils lui ont refusé la chose qu’il chérissait le plus, / Parmi tout ce qui existe et même de la part de ses parents.
Ils lui ont ôté sa nourriture, alors qu’elle lui / Était permise et se trouvait devant ses yeux.
Étonnant qu’à un si jeune âge, un amour l’atteigne, / Et que la séparation au même instant s’en prenne à lui.
Parmi ceux qui disparurent aussi à cette époque figure :
Ibrāhīm ibn Aḥmad ibn Muḥammad (6), dit Ibn al-Muwallad, Abū Isḥāq al-Ṣūfī al-Wāʿiẓ al-Raqqī, l’un de ses maîtres. Il transmit le ḥadīth et fut compagnon d’Abū ʿAbd Allāh ibn al-Jallād al-Dimashqī, d’al-Junayd, ainsi que d’autres.
Quant à ceux qui rapportèrent de lui, on compte Tammām ibn Muḥammad et Abū ʿAbd al-Raḥmān al-Sulamī. Ibn ʿAsākir a cité parmi ses poèmes celui-ci (7) :
Tu détiens de moi, malgré la distance, une part / Que nul ami proche n’a jamais obtenue.
Sur mon regard se trouve un voile qui le garde de quiconque n’est pas toi, / Et sur mon cœur, un guetteur surveille l’amour que je te porte.
Ton amour s’est embelli dans mon regard et mon cœur, / Bien que cet amour y soit vacillant et mêlé de trouble.
Comment la présence d’un médecin pourrait-elle guérir un malade / Alors que c’est toi qui l’as rendu malade, et toi seul qui en es le médecin ?