Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Nous l’exposerons de manière détaillée aux environs de l’an quatre cents (1), au moment où les grands imams parmi les savants apposèrent leur sceau attestant que ces gens étaient des imposteurs et des menteurs lorsqu’ils prétendaient être des Fatimides. La plupart de leurs rois étaient des hérétiques (zanâdiqa) et, parmi eux, on compte « al-Hâkim » – que Dieu le maudisse –, qui voulut revendiquer la divinité à l’exemple de Pharaon. Toutefois, il n’osa jamais l’exprimer clairement. Il persévéra dans cette intention jusqu’à ce qu’il soit tué – que Dieu le maudisse – de la pire manière sous la voûte du ciel (2).

Leur population, pour la plupart, affichait un refus (ar-rafḍ) en les suivant et par crainte d’eux ; pendant près de cent ans, voire plus, on énonçait l’appel à la prière (adhân) à Damas en disant « hayya ‘alâ khayr al-‘amal », tandis qu’en Égypte, cela dura jusqu’à la fin de leur histoire. Quant à leurs agissements, et tout ce qui a mis au jour la réalité de leur affaire, c’est comme l’a indiqué le juge Abû Bakr al-Bâqillânî dans son ouvrage composé en réponse à l’un de leurs juges, lequel avait écrit un livre intitulé « an-Nâmûs al-aʿẓam wa-l-balâgh al-akbar ». On y trouve une mécréance dont Iblis lui-même ne put sentir l’odeur ; il en a peut-être même retiré ce qui ne lui serait jamais venu à l’esprit. C’est pourquoi le juge Abû Bakr (qu’Allah lui fasse miséricorde) répliqua dans un ouvrage qu’il intitula « Kashf al-asrâr wa-hatku al-astâr » : deux grands volumes, profitables et considérables. Il y écrit : « Ce sont des gens qui manifestent le refus (ar-rafḍ) mais dissimulent la mécréance absolue. »

Parmi les personnes décédées aux environs de l’an trois cents (3), il y eut également as-Sanawbari, le poète (3). Son nom est Aḥmad ibn Muḥammad ibn Mazâr, Abû Bakr aḍ-Ḍabbî aṣ-Ṣanawbari al-Ḥalabî. Selon l’historien Ibn ʿAsâkir, il était un poète talentueux et il cita qu’il apprit auprès de ʿAlî ibn Sulaymân al-Akhfash, avant de fournir quelques exemples raffinés de sa poésie. Parmi ces vers (4) :

« Ni le sommeil ne me connaît, ni l’insomnie…
Ces deux états ignorent tout de qui n’a plus qu’un souffle de vie.
Mes larmes, à force de persister, se sont épuisées…
Elles ne peuvent plus couler en continu.
Quant à mon roi, je n’ai jamais représenté son image…
Sans que tous les regards ne se prosternent devant elle.
J’avais l’intention de baiser la flamme de sa joue…
Mais je craignais de m’en approcher et de me brûler. »

On lui attribue également (5) :

(1) Événements de l'année 402 de l'Hégire. (2) Al-Hākim bi-Amr Allāh est décédé en 411 de l'Hégire. Sa biographie et la description de son assassinat figurent dans les événements de cette année. (3) Cette biographie n'apparaît pas dans B, Ẓā, et elle fait partie des ajouts de Ā ainsi que de la copie égyptienne dans l'édition imprimée. Al-Ṣanūbārī est décédé en 334 de l'Hégire. Sa biographie se trouve dans Tathdhīb Tārīkh Ibn ʿAsākir (1/456), son abrégé chez Ibn Manẓūr (3/237), Fawāt al-Wafayāt (1/61), al-ʿIbar (2/237), al-Lubāb (2/248), Aʿyān al-Shīʿa (9/356) et Shadharāt al-Dhahab (2/335). (4) Al-Dīwān (436) ; Tathdhīb Ibn ʿAsākir (1/457) ; an-Nujūm az-Zāhirah (3/288). (5) Tathdhīb Ibn ʿAsākir (1/458) ; Fawāt al-Wafayāt (1/112) ; Mulhaqāt al-Dīwān (475).
وسنبيِّنه مستقصىً في حدود سنة أربعمئة (١) حين وضعت كبار أئمة العلماء خطوطهم بأنهم أدعياء كذبة في قولهم: إنهم فاطميون، وغالب ملوكهم كانوا زنادقة، ومنهم "الحاكم" لعنه الله؛ رام أن يدّعي الإلَهية كفرعون، فما تجاسر على إظهار ذلك صريحًا، وما زال حتى قتل - لعنه الله - شرَّ قتلة تحت أديم السماء (٢) . وكانت عوامهم يظهرون الرفض تبعًا لهم وخيفة منهم، ويؤذَّن في نحو مئة سنة أو أزيد بدمشق بـ "حيَّ على خير العمل" ، وأما بديار مصر فإلى آخر تاريخ. وأما أخذاتهم وما يطلع على جلية أمرهم، فكما قال القاضي أبو بكر الباقلاني في كتابه الذي صنفه في الرَّدِّ على بعض قضاتهم في كتابه الذي سماه "الناموس الأعظم والبلاغ الأكبر" ، وقد كفر فيه كفرًا لم يصل إلى شم رائحته إبليس، بل ربما استفاد منه ما لم يخطر بباله، فردَّ عليه القاضي أبو بكر (رحمه الله) في كتاب الذي سمَّاه: "كشف الأسرار وهتك الأستار" مجلدان كبيران مفيدان عظيمان؛ قال فيه: فهؤلاء قوم يظهرون الرفض، ويبطنون الكفر المحض]. وممن توفي في حدود الثلثمئة ثقريبًا. الصَّنَوْبَريّ الشاعر (٣) : وهو أحمد بن محمّد بن مزَّار، أبو بكر الضَّبَّي الصَّنَوْبَري الحلبي. قال الحافظ ابن عساكر: كان شاعرًا محسنًا. وقد حكى عن عليّ بن سليمان الأخفش، ثم ذكر أشياء من لطائف شعره؛ فمن ذلك قوله (٤) : لا النَّومُ أدري بهِ ولا الأرَقُ … يدري بهذينِ مَنْ بهِ رَمَقُ إنَّ دُموعي من طولِ ما استبقَتْ … كلَّت فما تستطيعُ تَسْتَبِقُ ولي مَلِكٌ لم صورتُهُ … مُذ كانَ إلا صَلَّتْ له الحَدقُ نويْتُ تقبيلَ نَارِ وَجْنَتِهِ … وخِفْتُ أدنُو منها فأَحْتَرِقُ وله أيضًا (٥) :
(١) حوادث سنة ٤٠٢ هـ. (٢) مات الحاكم بأمر الله سنة ٤١١ هـ. وترجمته وصفة مقتله في حوادث تلك السنة. (٣) هذه الترجمة لم ترد في ب، ظا، وهي من زيادات آ والنسخة المصرية في المطبوع. وتوفي الصنوبري سنة ٣٣٤ هـ، وترجمته في تهذيب تاريخ ابن عساكر (١/ ٤٥٦)، ومختصره لابن منظور (٣/ ٢٣٧)، وفوات الوفيات (١/ ٦١)، والعبر (٢/ ٢٣٧)، واللباب (٢/ ٢٤٨)، وأعيان الشيعة (٩/ ٣٥٦)، وشذرات الذهب (٢/ ٣٣٥). (٤) الديوان (٤٣٦)، وتهذيب ابن عساكر (١/ ٤٥٧)، والنجوم الزاهرة (٣/ ٢٨٨). (٥) تهذيب ابن عساكر (١/ ٤٥٨)، وفوات الوفيات (١/ ١١٢)، وملحقات الديوان (٤٧٥).

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