Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Sous sa tunique, et il laissa cette tunique dans la main de Josué. Lorsque Josué arriva avec la tunique, les Enfants d’Israël l’appréhendèrent en disant : « Tu as tué le Prophète de Dieu ? » Il répondit : « Non, par Dieu, je ne l’ai pas tué, mais il s’est détaché de moi. » Ils ne le crurent pas et voulurent le mettre à mort. Il déclara : « Si vous ne me croyez pas, accordez-moi trois jours. » Il invoqua alors Dieu, et chacun de ceux qui le gardaient reçut en songe l’annonce que Josué n’avait pas tué Moïse, mais que nous l’avions élevé vers Nous. Ils le laissèrent donc ; il ne resta, parmi ceux qui avaient refusé d’entrer dans la cité des tyrans avec Moïse, personne encore en vie, et aucun d’eux ne participa à la conquête (1).

Dans une partie de ce récit se trouvent des éléments surprenants et étranges, Dieu sait mieux la vérité. Nous avons déjà mentionné qu’aucun de ceux qui étaient avec Moïse n’est sorti du désert, hormis Josué fils de Noun et Caleb fils de Youqnâ, l’époux de Marie, la sœur de Moïse et d’Aaron. Ce sont les deux hommes déjà mentionnés qui avaient conseillé aux notables des Enfants d’Israël d’entrer (dans la cité).

Wahb ibn Mounabbih raconte que Moïse (que la paix soit sur lui) passa devant un groupe d’anges qui creusaient une tombe. Il n’en vit pas de plus belle, de plus verdoyante ni de plus agréable. Il leur demanda : « Ô anges de Dieu, pour qui creusez-vous cette tombe ? » Ils répondirent : « Pour un serviteur parmi les serviteurs de Dieu, très estimé. Si tu souhaites être ce serviteur, entre dans cette tombe, allonge-toi, tourne-toi vers ton Seigneur et respire la plus douce des respirations. » Il s’exécuta et mourut ainsi — que les salutations et la paix soient sur lui. Les anges prièrent sur lui et l’enterrèrent (2).

Les gens du Livre et d’autres rapportent qu’il mourut à l’âge de cent vingt ans. L’imam Ahmad (3) a dit : Nous ont rapporté Umayya ibn Khalid et Younous : « Nous a relaté Hammâd ibn Salama, d’après ‘Ammâr ibn Abî ‘Ammâr, d’après Abou Hourayra, d’après le Prophète (sur lui la prière et la paix) » — Younous ajoute : « Ce hadith fut remonté jusqu’au Prophète (sur lui la prière et la paix) » — qui a dit : « L’Ange de la mort se présentait aux gens à découvert. Il se rendit auprès de Moïse (que la paix soit sur lui) et celui-ci lui donna une gifle qui lui creva l’œil. L’Ange de la mort retourna auprès de son Seigneur, disant : “Ô mon Seigneur, Ton serviteur Moïse m’a crevé l’œil. Sans l’honneur dont Tu l’entoures, je me serais plaint de lui.” (4) ».

Et selon Younous : « Je me serais plaint de lui. » Dieu lui dit : « Va trouver Mon serviteur et dis-lui de poser sa main sur la peau (ou la peau) d’un bœuf : pour chaque poil recouvert par sa main, il vivra une année de plus. » L’Ange de la mort se rendit auprès de lui et le lui répéta. Moïse demanda : « Et après cela ? » Il répondit : « La mort. » Moïse déclara alors : « Dans ce cas, tout de suite. » L’Ange le flaira donc, et il recueillit son âme. Younous rapporta : « Dieu rendit à l’Ange son œil, et il se mit à venir aux gens à leur insu. »

Ibn Jarîr (5) a rapporté le même récit par l’intermédiaire d’Abou Kurayb, qui le tenait de Mous‘ab ibn al-Mouqdâm, lui-même de Hammâd ibn Salama. Le hadith est également élevé (6).

(1) Al-Tārīkh d’al-Ṭabarī (vol. 1, p. 432‑433). (2) Al-Tārīkh d’al-Ṭabarī (vol. 1, p. 433). (3) Dans al-Musnad (vol. 2, p. 533). (4) Ainsi dans al-Uṣūl, et dans le Musnad d’Aḥmad : « Laʿannafṭu bihi » qui est la meilleure lecture. (5) Dans son Tārīkh (vol. 1, p. 434). (6) Ce hadith fait l’objet d’un débat sur deux points : le premier concerne la question de son attribution (récitation remontant au Prophète) ou non (interruption à un compagnon), le second porte sur le rejet de l’expression « Le roi de la mort venait aux gens en personne », laquelle est une particularité de Ḥammād ibn Salama par rapport à ʿAmmār ibn Abī ʿAmmār. Chacun de ces deux transmetteurs comporte certains aspects critiquables, comme il ressort des notices biographiques les concernant.
من تحت القميص، وترك القميص في يدي يوشع. فلما جاء يوشع بالقميص أخذته بنو إسرائيل وقالوا: قتلت نبي الله؟ فقال: لا والله ما قتلته ولكنه استل مني. فلم يصدّقوه وأرادوا قتله، قال: فإذا لم تصدقوني فأخّروني ثلاثة أيام، فدعا الله، فأُتي كلّ رجلٍ ممن كان يحرسه في المنام، فأُخبر أن يوشع لم يقتل موسى، وإنّا قد رفعناه إلينا، فتركوه ولم يبق أحد ممن أبى أن يدخل قرية الجبارين مع موسى إلا مات، ولم يشهد الفتح (١) . وفي بعض هذا السياق نكارة وغرابة والله أعلم. وقد قدّمنا أنه لم يخرج أحد من التيه ممن كان مع موسى سوى يوشع بن نون، وكالب بن يوقنا، وهو زوج مريم أخت موسى وهارون، وهما الرجلان المذكوران فيما تقدم، اللذان أشارا على ملأ بني إسرائيل بالدخول عليهم. وذكر وهب بن منبه أن موسى (عليه السلام) مرّ بملأٍ من الملائكة يحفرون قبراً، فلم يَرَ أحسن منه، ولا أنضر، ولا أبهج، فقال: يا ملائكةَ الله لمن تحفرون هذا القبر؟ فقالوا: لعبد من عباد الله كريم، فإن كنت تحب أن تكون هذا العبد فادخل هذا القبر، وتمدد فيه، وتوجّه إلى ربك، وتنفَّس أسهل تنفسٍ، ففعل ذلك فمات صلوات الله وسلامه عليه فَصَلَّتْ عليه الملائكة ودفنوه (٢) . وذكر أهل الكتاب وغيرُهم أنه مات وعمره مئة وعشرون سنةً. وقد قال الإمام أحمد (٣) : حدّثنا أمية بن خالد ويونس قالا: حدّثنا حمّاد بن سلمة، عن عمار بن أبي عمار، عن أبي هريرة، عن النبي ﷺ قال يونس: رفع هذأ الحديث إلى النبي ﷺ قال: "كان مَلَكُ الموتِ يأتي الناسَ عِيانًا، قال: فأتى مُوسَى (عليه السلام) ، فَلَطمَهُ فَفَقَأَ عَيْنَهُ، فأتى رَبَّه فقال: يا رَبّ عَبْدُك مُوسَى فَقَأ عَيْني ولولا كَرامَتُهُ عَلَيْكَ لَعَتِبْتُ عَلَيْه (٤) " . وقال يونس: "لشققتُ عليه" . قال له: "اذْهَب إلى عَبدي، فَقُلْ لَه فَلْيَضَع يَدَه على جلد (أو مسْك) ثور فَلَه بكُل شَعْرَةٍ وَارَتْ يَدُهُ سَنَةٌ، فأتاه فقال له، فقال: ما بعد هذا؟ قال: الموت. قال: فالآن. قال: فشمه شمة فَقَبَضَ رُوْحَه" . قال يونس: فردّ الله عليه عينه، وكان يأتي الناس خفية. وكذا رواه ابن جرير (٥) عن أبي كريب عن مُصعب بن المقدام عن حمّاد بن سلمة، به، فرفعه أيضًا (٦) .
(١) تاريخ الطبري (١/ ٤٣٢ - ٤٣٣). (٢) تاريخ الطبري (١/ ٤٣٣). (٣) في المسند (٢/ ٥٣٣). (٤) هكذا في الأصول، وفي مسند أحمد: "لعَنَّفْتُ به" وهو أحسن. (٥) في تاريخه (١/ ٤٣٤). (٦) في هذا الحديث مقال من وجهين: الأول أنه قد اختلف في رفعه ووقفه، والثاني: نكارة عبارة: "كان ملك الموت يأتي الناس عيانًا" وهي مما تفرد بها حماد بن سلمة عن عمار بن أبي عمار، ولكل من هذين الراويين بعض ما يُستنكر كما هو معروف من ترجمتيهما.

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