Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

En raison de sa convenance à la jeune fille, il retourna donc acheter de lui une autre livre (rṭl) pour dix mille, puis une troisième pour encore dix mille(1). Il restait alors deux livres de glace chez le vendeur. Celui-ci ressentit le désir d’en manger une livre pour pouvoir dire : « J’ai mangé une livre de glace à dix mille. » Il l’a donc mangée. Il lui en restait une autre, et c’est alors que l’agent vint à lui. Le vendeur refusa de la lui vendre en deçà de trente mille(2). L’agent l’acheta donc à ce prix, et la jeune fille guérit. Elle fit ensuite l’aumône(3) d’une grande somme d’argent. On convoqua l’homme, on lui remit une forte part de cette aumône, si bien qu’il devint l’un des plus riches et des plus fortunés, et Ibn Ṭāhir l’employa(4).

[5] L’avènement des ‘Ubaydiyyīn, qui prétendent être Fāṭimides.

La première apparition de leur cause et de leur dynastie – par la volonté de Dieu le Très-Haut – eut lieu peu avant l’an trois cents, sous l’impulsion d’Abū ʿAbd Allāh al-Shīʿī. Il s’appelait al-Ḥusayn ibn Aḥmad ibn Zakariyyā al-Maghribī al-Barbarī, adepte du chiisme(6).

Voici le résumé de son histoire : il était pauvre, sans bien ni ressource. Il fit sortir un homme noble issu de la Maison prophétique et l’appela « al-Mahdī ». Il rallia autour de lui un grand nombre de Berbères des contrées du Maghreb et combattit pour lui l’émir de Sijilmāsa, Abū Naṣr Ziyādat Allāh, lequel fut le dernier souverain de la dynastie des Banū l-Aghlab en Ifrīqiya. Plusieurs guerres se succédèrent entre eux, dont le récit détaillé serait trop long, mais il arriva qu’un jour, le maître de Sijilmāsa l’emporta et fit prisonnier le chérif, qu’il enferma dans une citadelle.

Abū ʿAbd Allāh al-Shīʿī se retira, regroupa ses forces, puis vint assiéger la ville qu’il finit par conquérir. Il assiégea ensuite la citadelle. Le roi, pour sa part, fit mettre à mort le chérif dans sa prison. Al-Shīʿī s’empara alors de la citadelle de force, se rendit à la prison et constata que le chérif avait péri. Il trouva avec lui un homme juif du nom de ʿAbd Allāh ibn Maymūn, originaire de Salmiyya en Syrie, qui y exerçait le métier de teinturier. Al-Shīʿī le plaça à la place du chérif et lui dit : « Dis-leur : “Je suis al-Mahdī.” » Cela se répandit parmi cette foule ignorante ; il s’empara du royaume, édifia la ville de Mahdiyya, ses bannières se déployèrent et son pouvoir se prolongea.

Quant à Abū ʿAbd Allāh al-Shīʿī, il regretta plus tard un choix qui ne pouvait plus être corrigé et ses fautes l’avaient cerné. Il voulut ôter la royauté à al-Mahdī pour la donner à son frère Aḥmad. Al-Mahdī le comprit et envoya tuer les deux en l’an deux cent quatre-vingt-dix-huit. Voilà ce que j’ai pu trouver dans leurs chroniques, et c’est ce qui mérite d’être cité ici. Dieu – qu’Il soit exalté – est plus savant de la vérité.

(1) Dans la première édition : puis un dernier de dix mille. (2) Ensuite, dans al-Muntaẓam : il dit : "Prends", et j'ai eu honte devant Dieu de vendre un ratl de glace pour trente mille, alors j'ai dit : "Donne vingt mille". (3) Dans al-Muntaẓam : Et ʿUbayd Allāh a fait l'aumône d'une grande somme d'argent. (4) Dans al-Muntaẓam : Il m'a employé pour sa boisson, sa glace et une grande partie des affaires de sa maison, et ce furent ces dirhams la source de ma bénédiction. (5) Entre parenthèses, une addition de ma copie B, al-Ṭāʼ, qui ne figure pas dans la copie ahmadienne officielle et imprimée. (6) L’auteur lui consacre une notice dans les événements de l'année 298 de l’Hégire.
لموافقته لها، فرجع فاشترى منه رطلًا آخر بعشرة آلاف. ثمّ رطلًا آخر بعشرة أخري (١) . وبقي عند صاحب الثلج رطلان، فنطَفَت نفسُه إلى أكل رطل منه؛ ليقول: أكلتُ الرطل من الثلج بعشرة آلاف، فأكله. وبقي عنده آخر، فجاءه الوكيل، فامتنع أن يبيعه الرطلَ إلا بثلاثين (٢) ألفًا، فاشتراه منه، فشفيت الجارية، وتصدَّقت (٣) بمال جزيل. فاستُدعي الرجل فأعطي من تلك الصدقة مالًا جزيلًا جدًّا، وصار من أغنى الناس بعد ذلك وأكثرهم مالًا، واستخدمه (٤) ابنُ طاهر عنده. [ظهورُ (٥) أمر العبيديين الذين يزعمون أنهم فاطميون كان أول ظهور أمرهم وشأنهم - بتقدير الله تعالى - قبيل سنة ثلاثمئة بقليل على يدي أبي عبد الله الشِّيعي، واسمه الحسين بن أحمد بن زكريا المغربي البربري المتشيِّع (٦) . وملخص خبره أنه كان فقيرًا لا مال له ولا شيء، فأقام رجلًا شريفًا من بيت النبوَّة، وسمَّاه المهديَّ، ولفَّ عليه خلقًا من البربر ببلاد المغرب، وحارب له صاحب سجلماسة، وهو أبو نصر زيادة الله، وكان آخر ملوك بني الأغلب ببلاد إفريقية، فكان بينهما حروب يطول بسطها، لكن ظفر صاحب سجلماسة به في بعضها، فأسر منه الشريف، وسجنه عنده في قلعة، فرجع الشِّيعي فحشد وجمع، وجاء فحاصر البلد فظفر بها، ثم حاصر القلعة، فعمد الملك إلى الشريف فقتله في السجن وافتتح الشِّيعي القلعة قهرًا، وجاء إلى السجن فوجد الشريفَ قد قضى نحبه ووجد معه في السجن رجلًا يهوديًا سمه عبد الله بن ميمون من أهل سلمية الشام، كان صبَّاغًا بها، فأقامه مكان الشريف، وقال: قل لهم: أنا المهدي، فراج ذلك على أولئك العوام، واستبدَّ بالمملكة، وبنَى المهديَّة، وانتشرت أعلامه، وطالت أيامه. ثم إن أبا عبد الله الشِّيعي ندم حيث لا ينفعه الندم، وأحاطت به خطيئته، وعمل على إزالة المملكة عن المهدي، وصرفها إلى أخيه أحمد، ففهم ذلك المهدي، وبعث من قتلهما برَقَّا في سنة ثمان وتسعين ومئتين. هذا ما وقفت عليه من تواريخهم، وهو أولى ما يذكر هاهنا، واللّه (سبحانه وتعالى) أعلم بالصواب.
(١) في ط: ثم آخر بعشرة آلاف. (٢) بعدها في المنتظم: فقال: خذ، فاستحييت من الله أن أبيع رطل ثلج بثلاثين ألفًا، فقلت: هات عشرين. (٣) في المنتظم: وتصدق عبيد الله بمال عظيم. (٤) في المنتظم: فاستخدمني في شرابه وثلجه وكثير من أمر داره، فكانت تلك الدراهم أصل نعمتي. (٥) ما بين قوسين زيادة من نسختي ب، ظا ولم ترد في النسخة الأحمدية المعتمدة والمطبوع. (٦) ترجم له المؤلف في حوادث سنة ٢٩٨ هـ.

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