Au cours de cette année, de nombreux présents parvinrent de diverses régions, dont l’Égypte et le Khurasan, entre autres. Parmi ceux-ci se trouvaient cinq cent mille dinars venus des terres d’Égypte, extraits d’un trésor découvert en ces lieux sans aucune entrave, comme le prétendent nombre d’ignorants parmi les fils d’Adam, usant de ruse, de tromperie et de subterfuge pour s’approprier les biens des gens du commun (1) et des ignorants dépourvus de raison et de discernement. Dans ce trésor, on découvrit une côte humaine longue de quatorze empans et large d’un empan, dont on prétendait qu’elle provenait du peuple de ‘Âd – Dieu seul sait la vérité.
Parmi les présents offerts depuis l’Égypte, il y avait notamment un bouc pourvu d’une mamelle produisant du lait. On mentionne également un tapis qu’envoya Ibn Abî al-Sâj [dans le cadre de ses présents] (3), mesurant soixante-dix coudées de long et soixante coudées de large, confectionné en dix années, et dont la valeur était inestimable. De nombreux cadeaux somptueux parvinrent aussi d’Ahmad ibn Ismâ‘îl ibn Ahmad al-Sâmânî, en provenance du Khurasan.
Au cours de cette même année, le pèlerinage fut dirigé par al-Fadl ibn ‘Abd al-Malik al-Hâshimî al-‘Abbâsî, qui assurait la fonction d’émir du hajj depuis plusieurs années.
[Parmi les notables décédés cette année-là] figurait Ahmad ibn Nasr ibn Ibrâhîm Abû ‘Amr al-Khaffâf (4), le hâfiẓ, lequel pouvait débattre de cent mille hadiths. Il avait entendu (c’est-à-dire recueilli) les enseignements d’Is hâq ibn Râhawayh et de ses contemporains. Il jeûnait très souvent, maintenant cette pratique pendant plus de trente ans, et il était aussi très généreux. Un mendiant l’aborda un jour, et il lui donna deux dirhams. Le mendiant loua alors Dieu, si bien qu’al-Khaffâf porta son aumône à cinq dirhams. Après un nouvel éloge adressé à Dieu, il augmenta la somme jusqu’à dix, et continua ainsi jusqu’à atteindre cent dirhams. Le mendiant s’exclama : « Que Dieu te préserve et te protège durablement ! » Al-Khaffâf lui répondit : « Par Dieu, si tu avais persisté dans la louange, je t’aurais encore donné davantage, et même jusqu’à dix mille dirhams. »
Sont également décédés : Buhlûl ibn Is hâq ibn Buhlûl (5), fils de Hassân ibn Sanân, Abû Muhammad al-Tanûkhî. Il avait entendu (recueilli) les récits d’Ismâ‘îl ibn Abî Uways, de Sa‘îd ibn Mansûr, de Mus‘ab al-Zubayrî et d’autres. Plusieurs répercutèrent ses enseignements, dont le dernier fut Abû Bakr [al-Ismâ‘îlî] (6) al-Jurjânî, le hâfiẓ. Il était digne de confiance, précis, éloquent et faisait preuve d’une grande aisance dans ses prêches. Il s’éteignit cette année-là à l’âge de quatre-vingt-quinze ans – que Dieu lui fasse miséricorde, Amen.
Al-Husayn (7) ibn ‘Abd Allâh Ahmad Abû ‘Alî al-Khiraqî (8) : il est l’auteur du « Mukhtasar » en jurisprudence selon l’école de l’Imam.