Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Al-Khatib (1) a rapporté qu’on lui demanda : « Parmi tes actes, lequel est pour toi le plus porteur d’espérance ? » Il répondit : « Lorsque j’ai atteint l’adolescence et que je me trouvais à Rayy, on cherchait à me marier, mais je refusais. Une femme vint alors me trouver et me dit : “Ô Abû ‘Uthmân, je t’ai aimé d’un amour qui m’a privé de sommeil et de tranquillité. Je t’implore, par Celui qui retourne les cœurs [et je l’implore pour toi] (2), de m’épouser.” Je lui demandai : “As-tu un père ?” Elle répondit : “Oui.” Je le fis donc venir, il convoqua les témoins, et je l’épousai. Quand je fus seul avec elle, je découvris qu’elle avait un œil atrophié, qu’elle boitait et qu’elle était défigurée. Je dis alors : “Ô mon Dieu, à Toi la louange pour ce que Tu as décrété à mon égard.” Ma famille (3) me blâmait pour l’avoir épousée, mais je ne cessai de multiplier [ma bonté et] (4) mes égards envers elle. Il arrivait qu’elle me retînt près d’elle et m’empêchât d’assister à certaines assemblées. Parfois, c’était pour moi comme si je me trouvais sur des braises, mais sans jamais lui en laisser paraître la moindre chose. Je suis resté ainsi quinze années, et rien ne m’inspire plus d’espérance que d’avoir préservé ce qui était en son cœur à mon égard.

Samnûn ibn Ḥamza (5), qu’on nomme aussi Ibn ‘Abd Allâh, était l’un des grands maîtres du soufisme. Il accomplissait chaque jour et chaque nuit cinq cents rak‘a. Il se surnomma lui-même “le menteur” à cause de sa prétention contenue dans son propos (6) : « Je n’ai point de part auprès d’autre que Toi… éprouve-moi donc comme il Te plaira. » Il fut éprouvé par une rétention urinaire. Il passait par les écoles coraniques en disant aux enfants : « Priez pour votre oncle, le menteur. » Il laissa de profondes paroles au sujet de l’amour. Il fut touché par des troubles obsessionnels à la fin de sa vie, mais ses propos sur l’amour restèrent conformes à leur origine.

Ṣâfî al-Ḥarmî (8) : il fut l’un des plus grands émirs de l’État abbasside et compta parmi les plus notables durant le règne d’al-Muqtadir. Au cours de sa maladie, il légua qu’il ne restait rien à son esclave al-Qâsim. Or, après son décès, l’esclave al-Qâsim remit au vizir cent mille dinars et sept cent vingt ceintures d’or serties de pierreries ; il continua ensuite à assumer son commandement et à occuper sa même fonction.

Ishâq ibn Ḥunayn ibn Ishâq (9), Abû Ya‘qûb al-‘Ibâdî, ainsi nommé en référence aux tribus de la Jazîra, était un médecin, fils de médecin. Lui et son père laissèrent de nombreux ouvrages dans ce domaine. Son père traduisit les textes d’Aristote et d’autres sages grecs. Ishâq décéda cette année-là.

(1) Tārīkh Baghdād (vol. 9, p. 101) et Al-Muntaẓim (vol. 6, p. 107). (2) Addition dans la copie. (3) Dans la copie : Ahl Baytī (ma famille). (4) Addition dans la copie. (5) Ḥilyat al-Awliyāʾ (vol. 10, p. 309), Tārīkh Baghdād (vol. 9, p. 234), Al-Muntaẓim (vol. 6, p. 108), Ṣifat al-Ṣafwah (vol. 2, p. 426). (6) Al-Muntaẓim (vol. 6, p. 108), Ḥilyat al-Awliyāʾ (vol. 10, p. 310), Tārīkh Baghdād (vol. 9, p. 235). (7) Dans B, dans la copie : Baʿsar al-Bawl. (8) Al-Muntaẓim (vol. 6, p. 108). (9) Ṭabaqāt al-Aṭibbāʾ (vol. 1, p. 201), Al-Fihrist (vol. 1, p. 298), et Wafayāt al-Aʿyān (vol. 1, p. 205).
وروى الخطيب (١) عنه أنه سئل: أي أعمالك أرجى عندك؟ فقال: إنِّي لمَّا ترعرعْتُ وأنا بالرَّيِّ وكانوا يريدونني على التزويج فأمتنع، فجاءتني امرأة فقالت: يا أبا عثمان قد أحببتك حبًّا أذهب نومي وقراري، وأنا أسألك بمقلِّب القلوب [وأتوسَّل به إليك] (٢) لما تزوجتني. فقلت: ألكِ والد؟ قالت: نعم. فأحضرته، فاستدعى بالشهود فتزوجتها، فلما خلوْتُ بها إذا هي عوراء عَرْجاء، مشوَّهة الخَلْق، فقلت: اللهم لك الحمدُ على ما قدَّرته لي، وكان أهلي (٣) يلومونني على تزويجي بها، فكنت أزيدها [بِرًّا و] (٤) إكرامًا، وربما احتبستني عندها ومنعتني من الحضور في بعض المجالس، وكأني في بعض أوقاتي على الجمر، وأنا لا أبدي لها من ذلك شيئًا. فمكثتُ كذلك خمس عشرة سنة، فما شيء أرجى عندي من حفظي عليها ما كان في قلبها من جهتي. سمنون بن حَمزة (٥) : ويقال: ابن عبد اللّه، أحد مشايخ الصوفية، كان وِرْدُه في كلِّ يومٍ وليلة خمسمئة ركعة، وسمَّى نفسه الكذَّاب، لدعواه في قوله (٦) : فليس لي في سِوَاك حَظٌ … فكيفما شئتَ فامتَحِنِّي فابتلي بحصار (٧) البول فكان يدور على المكاتب ويقول للصبيان: ادعوا لعمّكم الكذَّاب، وكان له كلام متين في المحئة، وقد وُسوِسَ في آخر عمره، وكلامه في المحبة مستقيم كما كان. صافي الحرمي (٨) : من أكابر أمراء الدولة العباسية ورؤوس الدولة المقتدرية. أوصى في مرضه أن ليس له عند غلامه القاسم شيء، فلمَّا توفي حَمَلَ غلامُه القاسمُ إلى الوزير مئة ألف دينار وسبعمئة وعشرين منطقة من ذهب مكلَّلة، فاستمرَّ غلامُه على إمرته ومنزلته. إسحاق بن حُنَيْن بن إسحاق (٩) : أبو يعقوب العِبَادي، نسبة إلى قبائل الجزيرة. الطبيب بن الطبيب، له ولأبيه مصنَّفات كثيرة في هذا الشان، وكان أبوه يعرب كلام أرسطاطاليس وغيره من حكماء اليونان. توفي في هذه السنة.
(١) تاريخ بغداد (٩/ ١٠١)، والمنتظم (٦/ ١٠٧). (٢) زيادة من ط. (٣) في ط: أهل بيتي. (٤) زيادة من ط. (٥) حلية الأولياء (١٠/ ٣٠٩)، تاريخ بغداد (٩/ ٢٣٤)، المنتظم (٦/ ١٠٨)، صفة الصفوة (٢/ ٤٢٦). (٦) المنتظم (٦/ ١٠٨)، حلية الأولياء (١٠/ ٣١٠)، تاريخ بغداد (٩/ ٢٣٥). (٧) في ب، ط: بعسر البول. (٨) المنتظم (٦/ ١٠٨). (٩) طبقات الأطباء (١/ ٢٠١)، والفهرست (١/ ٢٩٨)، ووفيات الأعيان (١/ ٢٠٥).

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