Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Chaque jour, il accomplissait trois cents rakʿas et prononçait trente mille formules de glorification (1). Il resta quarante années sans s’allonger dans un lit. En dépit de cela, il connaissait tous les domaines du savoir (2) – qu’Allah lui fasse miséricorde.

Lorsque sa mort approcha, il se mit à réciter le Coran. On lui dit : « Ne pourrais-tu pas te ménager ? » Il répondit : « Personne n’en a plus besoin que moi à ce moment précis. C’est maintenant l’heure de refermer mon registre. »

Le juge Ibn Khallikân (3) a dit : « Il étudia le fiqh auprès d’Abû Thawr, l’un des compagnons de l’imam Ash-Shâfiʿî. On rapporte aussi qu’il se formait selon l’école de Sufyân ath-Thawrî. Ibn Surayj le fréquentait et restait en sa compagnie. [Peut-être apprenait-il de lui des points de jurisprudence qui ne lui étaient pas venus à l’esprit. On dit qu’une fois, il lui posa une question et reçut de lui de nombreuses réponses. Il déclara : “Ô Abû al-Qâsim ! Je ne connaissais que trois solutions à ce sujet parmi tout ce que tu as mentionné. Répète-les-moi.” Alors il les lui répéta en ajoutant d’autres réponses encore. Il s’exclama : “Par Allah, je n’ai jamais entendu cela auparavant. Répète-les à nouveau.” Il les lui répéta avec, en plus, d’autres solutions différentes. L’homme lui dit : “Je n’ai jamais entendu pareille chose, dicte-les-moi pour que je les note.” Al-Junayd lui répondit : “Si je suis en train de les exposer, alors je peux te les dicter. C’est Allah qui fait surgir ces connaissances dans mon cœur et fait parler ma langue. Celles-ci ne proviennent ni de livres ni d’un apprentissage. C’est un bienfait d’Allah – qu’Il soit exalté – qu’Il m’inspire et qu’Il fait couler sur ma langue.” Il lui dit alors : “D’où tires-tu ce savoir ?” Il dit : “De mes quarante années passées à m’asseoir devant Allah.” Il est établi qu’il suivait l’école et la voie de Sufyân ath-Thawrî. Allah est plus Savant.] (4)

Avant (5), on rapporte que l’on demanda à al-Junayd : « Qu’est-ce que l’ʿârif (celui qui connaît Allah) ? » Il répondit : « C’est celui qui dévoile ton secret alors que tu gardes le silence. » Il disait encore : « Notre méthode est liée par le Livre d’Allah et la Sunnah [de sorte que quiconque ne lit pas le Coran et ne recopie pas le Hadith ne saurait être suivi dans notre voie ni dans notre méthode] (6). »

Un jour, quelqu’un le vit avec un chapelet (misbaha). Il lui demanda : « Toi, avec toute ta dignité, tu utilises un chapelet ? » Il répondit : « C’est le chemin grâce auquel je suis parvenu jusqu’à Allah ; je ne m’en séparerai pas. »

Son oncle maternel, Sarî as-Saqatî, lui dit : « Parle aux gens. » Mais il ne se jugeait pas digne de cela (7). Il vit alors en rêve le Messager d’Allah (ﷺ) qui lui déclara : « Parle aux gens. » Il se rendit auprès de son oncle dès le matin et celui-ci lui dit (8) : « Tu ne nous as pas crus jusqu’à ce qu’on te l’ordonne. »

(1) Al-Muntazam (6/106). (2) Ensuite dans Ṭ, et si l'on s'y attardait, il n'aurait pas de pause ni de faute, allant jusqu'à proposer de nombreux aspects sur une seule question, qui n'avaient pas traversé l'esprit des savants, de même pour le soufisme et autres. (3) Wafayāt al-Aʿyān (1/373). (4) Ce qui est entre parenthèses ne figure ni dans al-Uṣūl ni dans Wafayāt, ce sont des ajouts de l'édition. (5) Wafayāt al-Aʿyān (1/373). (6) Addition de Ṭ. (7) Dans B, Ẓā, Ṭ : « mawḍiʿan ». (8) Le terme « khālah » ne figure pas dans B, Ẓā, Ṭ.
وكان ورده في كلِّ يوم ثلاثمئة ركعة، وثلاثين ألف تسبيحة (١) . ومكث أربعين سنة لا يأوي إلى فراش، وكان مع ذلك يعرف سائر فنون العلم (٢) ، (رحمه الله) . ولما حضرته الوفاة جعل يتلو القرآن، فقيل له: لو رفقت بنفسك؟ فقال: ما أحدٌ أحوج إلى ذلك منّي الآن، وهذا أوان طيّ صحيفتي. قال القاضي ابن خلكان (٣) : أخذ الفقه عن أبي ثَور، صاحب الشافعي، ويقال: كان يتفقه على مذهب الثوري، وكان ابن سُرَيج يصحبه ويلازمه، [وربما استفاد منه أشياء في الفقه لم تخطر له ببال، ويقال: إنه سأله مرة عن مسألة، فأجابه فيها بجوابات كثيرة، فقال: يا أبا القاسم! لم أكن أعرف فيها سوى ثلاثة أجوبة مما ذكرت، فأعِدْها عليَّ، فأعادها بجوابات أخرى كثيرة. فقال: واللّه ما سمعت هذا قبل اليوم، فأعده. فأعاده بجوابات أخرى غير ذلك، فقال له: لم أسمع بمثل هذا فأمْلِهِ عليَّ حتى أكتبه. فقال الجُنَيْد: لئن كنت أجريه فأنا أمليه، أي إن اللّه هو الذي يجري ذلك على قلبي وينطق به لساني، وليس هذا مستفاد من كتب ولا من تعلُّم، وإنما هذا من فضل اللّه – Exalté soit-Il – يلهمنيه ويجريه على لساني. فقال: فمن أين استفدت هذا العلم؟ قال: من جلوسي بين يدي اللّه أربعين سنة. والصحيح أنه كان على مذهب سفيان الثوري وطريقه، واللّه أعلم] (٤) . قبل (٥) : وسئل الجُنَيْد عن العارف؟ فقال: مَنْ نطق بسرّك وأنت ساكت. كان يقول: مذهبنا هذا مقيَّد بالكتاب والسنة، [فمن لم يقرأ القرآن ويكتب الحديث لا يُقْتَدَى به في مذهبنا وطريقتنا] (٦) . ورأى بعضهم معه مِسْبَحَة، فقيل له: أتتخذ مِسْبَحَة مع شرفك؟ فقال: طريقٌ وصلت به إلى اللّه لا أفارقه. وقال له خاله سَرِيُّ الشَقَطي: تكلم على الناس، فلم ير نفسه لذلك أهلًا (٧) . فرأى في النوم رسولَ اللّه ﷺ ، وهو يقول: تكلم على الناس. فغدا على خاله، فقال له خاله (٨) : لم تصدقنا حتى قيل
(١) المنتظم (٦/ ١٠٦). (٢) بعدها في ط، وإذا أخذ فيها لم يكن له فيها وقفة ولا كبوة، حتى كان يقول في المسألة الواحدة وجوهًا كثيرة لم تخطر للعلماء ببال، وكذلك التصوف وغيره. (٣) وفيات الأعيان (١/ ٣٧٣). (٤) ما بين قوسين لم يرد في الأصول ولا في الوفيات، وهي من زيادات المطبوع. (٥) وفيات الأعيان (١/ ٣٧٣). (٦) زيادة من ط. (٧) في ب، ظا، ط: موضعًا. (٨) لفظة خاله لم ترد في ب، ظا، ط.

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