En cette année :
On rapporta que les Byzantins se dirigèrent vers Lattaquié. Et cette même année, la nouvelle arriva qu’un vent jaune s’était levé à Ḥadīthat al-Mawṣil, provoquant la mort d’un grand nombre de personnes sous l’effet de sa chaleur. Le pèlerinage fut conduit, cette année-là, par al-Faḍl al-Hâchimî.
[Et parmi les notables célèbres décédés cette année]
Ibn al-Râwandî (1) : Aḥmad ibn Yaḥyâ ibn Isḥâq, Abû l-Ḥusayn, connu sous le nom d’Ibn al-Râwandî, l’un des plus célèbres « zindîqs » (hérétiques) et athées – que la malédiction du Seigneur de l’univers soit sur lui. Son père était juif, puis il afficha l’islam. On raconte qu’il falsifia la Torah, tandis que son fils s’opposa au Coran et y renia la foi. Il rédigea un ouvrage pour réfuter le Coran, qu’il appela « al-Dâmigh », et un livre pour réfuter et critiquer la Loi religieuse, qu’il nomma « az-Zumurrud » (2). Il écrivit également « at-Tâj », qui traite du même sujet, ainsi que « al-Farîd » et « Imâmat al-Mafḍûl ».
Plusieurs érudits se sont consacrés à le réfuter dans ses écrits, parmi lesquels le shaykh Abû ʿAlî Muḥammad ibn ʿAbd al-Wahhâb al-Jubbâʾî, le maître des Muʿtazilites en son temps, qui a fait preuve d’une grande compétence (3) en la matière, ainsi que son fils Abû Hâshim ʿAbd as-Salâm ibn Abî ʿAlî.
Le shaykh Abû ʿAlî al-Jubbâʾî déclara : « J’ai lu l’ouvrage de ce mécréant ignorant et insensé, Ibn al-Râwandî ; je n’y ai trouvé que bêtise, mensonge et calomnies ». Il précisa également qu’Ibn al-Râwandî avait composé un livre affirmant l’éternité du monde et niant l’existence d’un Créateur, validant les doctrines des matérialistes et réfutant les monothéistes. Il rédigea un livre pour s’en prendre à Muḥammad ﷺ en dix-sept points, l’accusant de mensonge et dénigrant le Coran, et composa un autre ouvrage à l’intention des juifs et des chrétiens pour attaquer la prophétie de Muḥammad ﷺ. Il écrivit encore d’autres livres qui montrent clairement qu’il avait quitté l’islam. C’est ce qu’a rapporté Ibn al-Jawzî (4).
Le shaykh Abû l-Faraj Ibn al-Jawzî rapporte dans son « al-Muntaẓim » (5) des extraits des propos de ce maudit, qui insulte les versets et la Loi, puis il le réfute. Mais ce personnage est plus insignifiant et ignoble encore que ne le laissent deviner ses élucubrations, ses délires, sa bêtise, ses chimères, ses tentatives de dissimulation et sa tyrannie. On attribue à Ibn al-Râwandî diverses anecdotes relevant de la moquerie (6), d’irrespect et de blasphèmes graves ; certaines effectivement authentiques, d’autres inventées par des gens qui partageaient ses penchants et sa dissimulation dans l’impiété.