Dieu a interdit qu’on me tue par amour et par tristesse… Et toi, ô mon injuste meurtrier, tu rends cela licite. Alors Abou Bakr Muhammad ibn Dâwoûd dit : « Comment pourrions-nous reprendre cela ? » Je répondis : « Hélas ! Les caravanes l’ont déjà emporté. » (1)
Muhammad ibn Dâwoûd – que Dieu lui fasse miséricorde – décéda au mois de Ramaḍân de cette même année. Ibn Suraïj s’assit pour présenter ses condoléances et déclara : « Je ne déplore rien, si ce n’est la poussière qui a dévoré la langue de Muhammad ibn Dâwoûd, que Dieu lui fasse miséricorde. » (2)
Muhammad ibn ‘Uthmân ibn Abî Shayba (3), Abû Ja‘far, transmit des traditions de Yaḥyâ ibn Ma‘în, ‘Alî ibn al-Madînî et de nombreux autres (khalq). Ont rapporté de lui Ibn Ṣâ‘id, al-Khuldî, al-Bâghandî et d’autres. Il composa un ouvrage d’histoire et divers autres écrits. Ṣâliḥ ibn Muhammad Jazara et d’autres l’ont jugé fiable. Mais ‘Abd Allâh ibn l’Imâm Aḥmad l’a accusé de mensonge, déclarant : « C’est un menteur avéré », et il s’étonnait que certains transmettent encore de lui. Il mourut au mois de Rabî‘ al-Awwal de cette année.
Muhammad ibn Tâhir ibn ‘Abd Allâh ibn al-Ḥusayn ibn Muṣ‘ab (5), issu d’une famille princière et prestigieuse, exerça la fonction de lieutenant en Irak durant un temps [puis au Khorâssân] (6). Lorsque Ya‘qûb ibn al-Laïth s’empara de lui en l’an cinquante-huit, il l’emprisonna et le promena avec lui à travers les contrées durant quatre ans, puis Muhammad parvint à s’enfuir lors de l’une des batailles (7). Il ne cessa ensuite de résider à Bagdad jusqu’à son décès la même année.
Mûsâ ibn Isḥâq (8), fils de Mûsâ ibn ‘Abd Allâh Abû Bakr al-Anṣârî al-Khaṭmî, naquit en l’an deux cent dix. Il étudia auprès de son père, d’Aḥmad ibn Ḥanbal, de ‘Alî ibn al-Ja‘d et d’autres. Les gens ont recueilli des traditions auprès de lui alors qu’il était encore jeune, et ils lui ont même récité le Coran. Il adhérait à l’école juridique de l’imam al-Shâfi‘î. Il exerça la fonction de juge à al-Ziyy et dans la région d’Ahwâz. C’était un homme de confiance, érudit, noble, chaste et éloquent, possédant un grand nombre de traditions. Il mourut au mois de Muḥarram de cette année.
Yûsuf ibn Ya‘qûb (9), fils d’Ismâ‘îl ibn Ḥammâd ibn Zaïd, était le père du cadi Abû ‘Amr Muhammad ibn Yûsuf.