Il possédait des connaissances portant sur les récits historiques et sur les époques des califes, et il composa à ce sujet plusieurs ouvrages. Il transmit le savoir d’‘Umar ibn Shabbah et d’autres, puis il mourut au mois de Rabî‘ al-Awwal de cette même année, à l’âge de cinquante-trois ans.
[Puis débuta l’année 297]
Cette année-là, al-Qâsim ibn Sîmâ entreprit la campagne militaire d’été, tandis que Mu’nis al-Khâdim racheta les captifs retenus par les Byzantins.
Ibn al-Jawzî (1) rapporta, d’après Thâbit ibn Sinân, qu’il vit à Bagdad, du temps d’al-Muqtadir, une femme dépourvue de bras et d’avant-bras, dont les deux moignons se trouvaient collés à ses épaules, sans qu’elle pût en faire usage. Elle parvenait pourtant, avec ses pieds (2), à accomplir ce que les femmes font habituellement avec leurs mains, comme filer la laine, se peigner, et ainsi de suite.
Au cours de cette année, la pluie tarda à tomber sur Bagdad et les prix flambèrent. On apprit que La Mecque – que Dieu l’honore – fut touchée par une crue si importante que les coins de la Ka‘ba furent submergés, et la source de Zamzam déborda, chose inédite jusqu’alors.
Cette année-là, c’est al-Fadl ibn ‘Abd al-Malik al-Hâshimî qui dirigea le pèlerinage des fidèles.
[Parmi les notables décédés cette année]
Il y eut la disparition de Muhammad ibn Dâwud ibn ‘Alî (3), Abû Bakr, fils du juriste Dâwud al-Zâhirî, lui-même de l’école zâhirite. C’était un érudit accompli, homme de lettres, poète, et juriste émérite, auteur du livre « al-Zahra ». Il avait étudié auprès de son père et l’avait suivi dans l’école juridique qu’il avait adoptée et approuvée. Son père l’aimait, le rapprochait souvent et le plaçait à ses côtés.
Selon un récit de Rawîm ibn Muhammad (4), alors que nous nous trouvions un jour auprès de Dâwud, son fils Muhammad entra en pleurs. Dâwud lui demanda la raison de ses larmes. Il répondit : « Les garçons me surnomment “l’Oiseau des Épines”. » Son père éclata de rire, ce qui mit Muhammad en grande colère. Il dit à son père : « Tu me fais plus de mal qu’eux ! » Dâwud le prit alors contre lui et déclara : « Il n’y a de dieu que Dieu ! Les sobriquets viennent seulement du Ciel. Tu n’es rien d’autre, ô mon fils, que l’Oiseau des Épines. »
Lorsque son père mourut, son fils Muhammad prit sa place dans l’assemblée de cours. Les gens le trouvèrent trop jeune pour occuper ce rang. Un jour, quelqu’un l’interrogea