Parmi ceux que la mort tient captifs sans qu’aucune évasion ne soit possible… il pleure des larmes de sang pour un être cher que, lui aussi, un autre pleure.
Peut-être qu’une personne en sûreté voit sa fin arriver, et peut-être qu’une autre échappe aux pièges.
Je crois que ce jour est le dernier de mon existence, et bientôt celui qui pleure aujourd’hui pleurera pour moi.
Lorsque l’on s’apprêta à l’exécuter, il déclama (1) :
« Dites à ceux qui se réjouissent de nos malheurs : patientez un peu,
car devant vous se trouvent les épreuves et les coups du sort.
C’est le temps qui, inéluctablement, vous infligera lui aussi
des injustices dont vous ne saurez vous préserver. »
Par la suite, la nouvelle de son exécution parut la nuit du deuxième jour écoulé de Rabiʿ al-Awwal de cette même année.
Le juge Ibn Khallikân (2) mentionna qu’il laissa de nombreux écrits, parmi lesquels « Tabaqât ash-Shuʿarâʾ » (Les Classes des poètes), « Ashʿâr al-Mulûk » (Les Poèmes des rois), « al-Ādâb » (Les Bonnes manières), « al-Badîʿ » (Le Style orné) et un ouvrage « Sur le chant » (3), entre autres.
Il raconta (4) également qu’un groupe d’émirs avaient destitué al-Muqtadir pour lui prêter allégeance, et cela pendant un jour et une nuit, avant que son union ne fût brisée (5). Il se cacha alors chez Ibn al-Jaṣṣâṣ, le joaillier, puis fut découvert et tué. Ibn al-Jaṣṣâṣ fut contraint de payer une amende de deux millions de dinars, et il lui en resta sept cent mille.
Quant à Ibn al-Muʿtazz, il avait le teint basané, le visage arrondi et il teignait ses cheveux en noir. Il vécut cinquante ans. L’on a rapporté (6) quelques-unes de ses paroles et de ses poèmes. Qu’Allah lui fasse miséricorde.
Muhammad ibn al-Ḥusayn ibn Ḥabīb (7), Abū Ḥaṣīn al-Wādiʿī le juge, auteur d’un Musnad, était originaire de Koufa. Il se rendit à Bagdad et y transmit la tradition de Aḥmad ibn Yūnus [al-Yarbūʿī] (8), de Yaḥyā ibn ʿAbd al-Ḥamīd et de Jandal ibn Wāliq. Parmi ses disciples figurent Ibn Ṣāʿid, an-Najjād et al-Muḥāmalī. Ad-Dāraquṭnī dit de lui : « Il était digne de confiance. » Il mourut à Koufa cette même année.
Muḥammad ibn Dāwūd ibn al-Jarrāḥ (9), Abū ʿAbd Allāh le scribe, oncle paternel du vizir ʿAlī ibn ʿĪsā, comptait parmi les plus savants de son époque.