Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Jaʿfar ibn al-Muʿtaṣim Muḥammad ibn al-Rashīd Hārūn, surnommé Ibn al-Muʿtazz, connu sous le nom du poète Abû al-ʿAbbâs al-Hâshimî al-ʿAbbâsî, était un homme à l’éloquence (1) et à la rhétorique accomplies. Qoraych, dit-on, est le peuple qui conduit les hommes au bien comme au mal. Il étudia auprès d’al-Mubarrad et de Thaʿlab.

De nombreuses maximes et leçons de morale lui sont attribuées. Parmi celles-ci, il a dit :
« Les souffles de l’homme vivant sont ses pas (vers sa fin). Les gens d’ici-bas sont comme un convoi que l’on fait avancer alors qu’ils dorment. Souvent, la convoitise mène à s’engager sans pouvoir revenir. Il arrive qu’un buveur d’eau s’étouffe avant même d’être désaltéré. Celui qui dépasse le strict nécessaire ne sera pas enrichi par l’abondance. Plus l’enjeu dont on dispute est grand, plus la perte est douloureuse. Celui qui s’en remet à l’avidité se trouve harassé par la quête. L’avidité diminue la valeur d’une personne sans accroître sa part. Le plus malheureux des hommes est le plus proche du pouvoir, à l’image de ce qui se trouve au contact du feu et qui brûle le plus vite. Quiconque participe à la gloire mondaine du souverain partage avec lui l’humiliation de l’au-delà. Il te suffit, pour te défendre de l’envieux, de savoir qu’il s’attriste au moment même de ta joie. L’occasion se perd vite et revient difficilement. Quand les gardiens d’un secret se multiplient, il se disperse d’autant plus. L’humiliation de la destitution se moque de l’arrogance du pouvoir. L’impatience est plus éprouvante que la patience. Ne ternis pas la clémence par des reproches. L’héritage du défunt est un honneur pour ses héritiers. »

Parmi ses vers relatifs à la sagesse, en écho au dernier propos, on trouve :
« Dépêche-toi de profiter de ton bien avant tes héritiers… car l’homme ne demeure pas longtemps en ce monde.
Que de silencieux à qui l’on arrache leurs bourses… puis qui se lamentent devant la balance de l’héritage ! »

Il a également dit :
« Ô toi qui jouis de la richesse et de l’autorité écrasante,
et de la puissance qui interdit et commande,
Ô démons parmi les fils d’Adam,
Ô esclaves du désir infâme ! »

(1) Dans l'édition Ṭ : il était un poète très savant, éloquent, éloigné, et maîtrisant parfaitement la langue. (2) Complément provenant du « al-Muntaẓam ». Dans édition Ā, il est « ses fautes », et dans édition Ẓā : « erreur ». (3) Dans « al-Muntaẓam » : « il voyageait ». Dans édition W : « il partit ». Quant à al-Ḥarṣ, il l’a fait un mulet qu'il montait, comme moyen d'atteindre son but. (4) Dans édition B et Ẓā : « il le chercha au maximum », et dans « al-Muntaẓam » : « il l’affaiblit par la recherche ». Par la suite dans Ṭ : et il est rapporté : « il l’a affaibli dans la recherche », c’est-à-dire il l’a affaibli. Le premier sens est « il l’a rendu malade ». (5) Dans « al-Muntaẓam » : « il te guérit ». (6) Supplément tiré de « al-Muntaẓam ». (7) Dans B et « al-Muntaẓam » : « consolation ». « al-Muntaẓam » (6/84-85). (8) Dans Ṭ : « une mosquée qui étouffe », et « ce n’est rien ». Dans Ā : « il étouffe ». Et « aṣ-Ṣāmit » signifie l’or et l’argent. (9) Les deux vers dans « al-Muntaẓam » (6/87), et dans Maʿāhid at-Tanṣīṣ (2/46). (10) Dans Ā, Ẓā : « sa parole ». Et les vers dans « al-Muntaẓam » (6/87).
جعفر بن المعتصم محمّد بن الرشيد هارون، ويكنى ابن المعتز، الشاعر أبو العبّاس الهاشميّ العباسيّ، الفصيح (١) البليغ المطبق. وقريش قادة الناس في الخير والشر. وقد سمع المبرِّدَ، وثعلبًا. وقد رُوي عنه من الحكم والآداب شيء كثير؛ فمن ذلك قوله: أنفاس الحيِّ خطاه [إلى أجله] (٢) . أهلُ الدُّنيا ركْبٌ يُسار بهم وهم نيام. ربَّما أوردَ الطَّمِعُ ولم يصدُرْ. ربَّما شرِقَ شاربُ الماء قبلَ رِيِّه. مَنْ تجاوز الكفَافَ لم يغنِه الإكثارُ. كلَّما عظم قدر المنافسِ فيه عظُمتِ الفَجيعةُ به. من ارْتَحَله (٣) الحِرصُ أضناه (٤) الطَّلَبُ. الحرصُ يُنقص من قدر الإنسان ولا يزيد في حظِّه. أشقى النَّاس أقربُهُم من السُّلطان، كما أنَّ أقربَ الأشياء إلى النار أسرعُها احتِراقًا. مَن شارك السُّلطان في عزِّ الدُّنيا شاركه في ذُلِّ الآخرة. يكفيك (٥) من الحاسد أنه يغتمُّ وقتَ سرورك. الفرصة سريعة الفَوْتِ بعيدةُ العَوْد. الأسرار إذا كثُر خُزَّانُها ازدادت ضياعًا. [ذلُّ] (٦) العَزْل يضحك من تيه الولاية. الجَزَعُ أتعبُ من الصَّبر. لا تشِنْ وَجْهَ العَفْو بالتَّقريع. تَرِكةُ الميت عِزٌّ (٧) للورثة. ومن شعره في الحكم مما يناسب المعنى الأخير قوله: سابِقْ إلى مالِكَ وُرَّاثَهُ … ما المرءُ في الدُّنيا بِلَبَّاثِ كَمْ صامِتٍ (٨) تُخنَقُ أكياسُهُ … قدْ صاح في ميزانِ مِيراثِ (٩) وله (١٠) : يا ذا الغنَى والسَّطْوةِ القاهِرَهْ … والدَّولةِ النَّاهيةِ الآمِرَه ويا شياطينَ بني آدمٍ … ويا عَبيدَ الشَّهوةِ الفاجِرَهْ
(١) في ط: كان شاعرًا مطيقًا فصيحًا بليغًا مطبقًا. (٢) تكملة من المنتظم. وفي آ: خطاياه، وفي ظا: خطأ. (٣) المنتظم: أرحله. و: ارتحل الحرص: جعله راحلة يركبها، كوسيلة إلى غرضه. (٤) في ب، ظا: أقصاه الطلب، وفي المنتظم: أنضاه الطلب. وبعدها في ط: وروي: أنضاه الطلب، أي أضعفه، والأول معناه أمرضه. (٥) في المنتظم: يشفيك. (٦) زيادة من المنتظم. (٧) في ب والمنتظم: عزاء. والمنتظم (٦/ ٨٤ - ٨٥). (٨) في ط: جامع يخنق، وليس بشيء. وفي آ: يخنق. و"الصامِت": الذهب والفضة. (٩) البيتان في المنتظم (٦/ ٨٧)، ومعاهد التنصيص (٢/ ٤٦). (١٠) في آ، ظا: قوله. والأبيات في المنتظم (٦/ ٨٧).

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