Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Muslim a rapporté (1) la première voie de transmission d’après le hadith d’Abd ar-Razzâq, selon la même chaîne. L’imam Ahmad l’a également rapporté d’après le hadith de Hammâd ibn Salama, transmis par ‘Ammâr ibn Abî ‘Ammâr, d’après Abû Hurayra, sous forme marfû‘, et il apparaîtra plus loin (2).

L’imam Ahmad a dit : « Nous a rapporté Al-Hasan, qui a dit : Ibn Lahî‘a nous a rapporté, qui a dit : Abû Yûnus – c’est-à-dire Salîm ibn Jubayr – nous a rapporté d’après Abû Hurayra. » L’imam Ahmad a ajouté : « Il ne l’a pas élevé (au rang du hadith attribué directement au Prophète). » Puis il dit : « L’Ange de la Mort vint à Moïse – que la paix soit sur lui – et lui dit : “Réponds à l’appel de ton Seigneur.” Alors Moïse frappa l’œil de l’Ange de la Mort et l’énuclée. L’Ange retourna auprès de Dieu (– Exalté soit-Il –) et dit : “Tu m’as envoyé vers un serviteur qui ne veut pas mourir ; il m’a crevé l’œil.” Dieu lui rendit son œil, puis Il lui ordonna : “Retourne auprès de Mon serviteur et dis-lui : ‘Veux-tu la vie ? Si tu la désires, pose ta main sur le dos d’un taureau : pour chaque poil recouvert par ta main, tu vivras une année.’” Moïse dit : “Et ensuite ?” L’Ange répondit : “Ensuite, ce sera la mort.” Moïse répliqua : “Alors maintenant, ô Seigneur, et que ce soit bientôt.” » Ahmad est le seul à rapporter ce hadith (3), et il est ici sous forme mawqûf (arrêté au Compagnon) avec ce libellé.

Ibn Hibbân l’a rapporté dans son “Sahîh” (4) par la voie de Ma‘mar, d’après Ibn Tâwûs, d’après son père, d’après Abû Hurayra. Ma‘mar déclara : « Quelqu’un m’a informé qu’il avait entendu Al-Hasan le rapporter du Messager de Dieu – que la paix et la bénédiction soient sur lui –, puis Ibn Hibbân a trouvé ce hadith problématique. Il y répondit en résumant son propos ainsi : lorsque l’Ange de la Mort s’adressa à Moïse, ce dernier ne le reconnut pas, car l’Ange était venu sous une apparence inconnue de Moïse (que la paix soit sur lui), à l’instar de Jibrîl qui vint sous l’aspect d’un bédouin, et comme les anges apparurent à Abraham et à Loth sous la forme de jeunes hommes ; ni Abraham ni Loth ne les reconnurent initialement. De la même façon, Moïse ne le reconnut pas au début et le frappa, lui crevant l’œil, parce qu’il pénétra dans sa demeure sans permission. Cela est conforme à notre législation, qui autorise la mise hors d’état de nuire de l’œil de celui qui te regarde dans ta maison sans autorisation (5).

Ensuite, il rapporta le hadith par la voie d’Abd ar-Razzâq, d’après Ma‘mar, d’après Hammâm, d’après Abû Hurayra, qui a dit : le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : « L’Ange de la Mort vint à Moïse afin de saisir son âme et lui dit : “Réponds à l’appel de ton Seigneur.” Alors Moïse frappa à l’œil l’Ange de la Mort et le creva. » Puis il mentionna la suite du hadith, comme l’indique Al-Bukhârî. Il interpréta ensuite le hadith en disant que, lorsqu’il (Moïse) leva la main pour le frapper, l’Ange lui dit : “Réponds à l’appel de ton Seigneur.” Cette interprétation n’est toutefois pas en accord avec le texte qui montre clairement que la frappe survint juste après les paroles “Réponds à l’appel de ton Seigneur.” Si l’on s’en tient à la première explication, on comprend que Moïse ne l’avait pas reconnu sous cette forme et qu’il ne prit pas sa parole pour un ordre divin, car il n’avait pas encore la certitude qu’il s’agissait d’un Ange noble. Il espérait encore que de nombreux événements se réaliseraient de son vivant, comme la sortie des Enfants d’Israël du désert et leur entrée dans la Terre Sainte, mais le Décret divin (6) était déjà établi sur la question.

(1) Sahih Muslim n° 2372 dans les Vertus, chapitre sur les vertus de Moussa ﷺ. (2) Et il se trouve dans le Musnad (2/269). (3) Musnad (2/351). (4) Ibn Hibban (6224). (5) Sa phrase : « et cela est conforme … sans permission » est omise dans le manuscrit. (6) Dans une autre édition : « qudra ». Ce hadith est mentionné par al-Tabrīzī dans Mishkāt al-Masābīḥ sous le n° 5713. Il a dit : « Hadith accepté par les deux Imams ».
وقد روى مسلم (١) الطريق الأول من حديث عبد الرزاق، به. ورواه الإمام أحمد من حديث حماد بن سلمة، عن عمار بن أبي عمار، عن أبي هريرة مرفوعًا، وسيأتي (٢) . وقال الإمام أحمد: حَدَّثَنَا الحسن، حَدَّثَنَا ابن لَهِيْعَة، حَدَّثَنَا أبو يونس - يعني سليم بن جبير - عن أبي هريرة. قال الإمام أحمد: لم يرفعه. قال: جاء ملك الموت إلى موسى (عليه السلام) فقال: أجب ربك. فلطم موسى عين ملك الموت ففقأها. فرجَع الملك إلى الله – Exalté soit-Il – فقال: إنك بعثتني إلى عبد لك لا يريد الموت. قال: وقد فقأ عيني. قال: فرد اللّه عينَه وقال: ارجع إلى عبدي فقل له ألحياةَ تُريد؟ فإنْ كنتَ تريدُ الحياةَ فضع يدَك على متن ثور فما وارت يدك من شعرة فإنك تعيش بها سنة. قال: ثمّ مَهْ؟ قال: ثمّ الموت. قال: فالآن يا ربِّ من قريب. تفرّد به أحمد (٣) ، هو موقوف بهذا اللفظ. وقد رواه ابن حِبان في "صحيحه" (٤) من طريق معمر، عن ابن طاووس، عن أبيه، عن أبي هريرة. قال معمر: وأخبرني من سمع الحسن عن رسول اللّه، فذكره، ثمّ استشكله ابن حِبّان، وأجاب عنه بما حاصله: أن ملك الموت لما قال له هذا لم يعرفه لمجيئه له على غير صورة يعرفها موسى (عليه السلام) كما جاء جبريل في صورة أعرابي، وكما وردت الملائكة على إبراهيم ولوط في صورة شباب فلم يعرفهم إبراهيم ولا لوط أولًا، وكذلك موسى لعلّه لم يعرفه لذلك ولطمه ففقأ عينه؛ لأنه دخل داره بغير إذنه. وهذا موافق لشريعتنا في جواز فقء عين من نظر إليك في دارك بغير إذن (٥) . ثمّ أورد الحديث من طريق عبد الرزاق عن معمر، عن همام، عن أبي هريرة قال: قال رسول اللّه ﷺ : "جاءَ مَلَكُ المَوْتِ إلى مُوسَى لِيَقْبِضَ رُوحَه قال له: أجِبْ رَبَّك. فَلَطَم مُوسى عينَ مَلَكِ الموْتِ فَفَقَأَ عَيْنَه" ، وذكر تمام الحديث كما أشار إليه البخاري، ثمّ تأوّله على أنه لما رفع يده ليلطمه قال له: أجب ربّك، وهذا التأويل لا يتمشّى على ما ورد به اللفظ من تعقيب قوله: أجب ربك، بلطمه ولو استمر على الجواب الأول لتمشّى له وكأنّه لم يعرفه في تلك الصورة، ولم يحمل قوله هذا على أنّه مطابق إذ لم يتحقق في الساعة الراهنة أنّه ملَك كريم؛ لأنه كان يرجو أمورًا كثيرة كان يحب وقوعها في حياته من خروجهم من التيه، ودخولهم الأرض المقدّسة، وكان قد سبق في قدر (٦) الله
(١) صحيح مسلم رقم (٢٣٧٢) في الفضائل، باب فضائل موسى ﷺ . (٢) وهو في المسند (٢/ ٢٦٩). (٣) المسند (٢/ ٣٥١). (٤) ابن حبان (٦٢٢٤). (٥) قوله: وهذا موافق … بغير إذن. سقط من ب. (٦) في ط: "قدرة". والحديث ذكره التبريزي في مشكاة المصابيح برقم (٥٧١٣). وقال: متفق عليه.

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