Après lui, son fils Aḥmad ibn Ismāʿīl exerça le pouvoir, et le calife al-Muktafī bi-llāh lui envoya l’investiture et les distinctions honorifiques. Une nuit, alors qu’on évoquait devant Ismāʿīl ibn Aḥmad les mérites liés à la noblesse de l’ascendance, il déclara : « Il convient que l’homme se hisse par son propre effort (ʿiṣāmī), et non en se réclamant simplement de la grandeur de ses aïeux (ʿiẓāmī). » Cela signifie qu’il doit s’enorgueillir de lui-même et non de sa seule filiation ; qu’il s’enorgueillisse de son labeur et de son sérieux, et non de son père et de son grand-père. Ainsi l’a dit l’un d’eux : « C’est grâce à ma persévérance que je me suis élevé, non par mon ascendance. » Un autre déclare : « Mon mérite et mon attitude vertueuse (1) constituent mon honneur… Je ne suis ni de Hāshim ni des Arabes. » Et de même : « Vraiment le jeune digne de ce nom est celui qui dit : “Me voici !”, et non celui qui dit : “Mon père était tel.” »
Au mois de Dhū al-Qaʿda de cette même année, eut lieu le décès du calife al-Muktafī bi-llāh, Abū Muḥammad ʿAlī ibn al-Muʿtaḍid. Voici sa biographie et le récit de son décès (2) : il s’agit de [l’héritier du califat, Émir des Croyants al-Muktafī bi-llāh] (3), Abū Muḥammad, ʿAlī, fils de l’Émir des Croyants al-Muʿtaḍid bi-llāh, Abū al-ʿAbbās Aḥmad, lui-même fils de l’émir Abū Aḥmad al-Muwaffaq, fils d’al-Mutawakkil, fils d’al-Muʿtaṣim, fils d’al-Rashīd Hārūn, fils d’al-Mahdī, fils de Manṣūr. (4) Nous avons déjà mentionné qu’aucun des califes ne portait ce nom à part lui et ʿAlī ibn Abī Ṭālib, qu’Allāh l’agrée, et qu’il n’y eut pour kunyā Abū Muḥammad, chez les califes, que al-Ḥasan ibn ʿAlī, Mūsā al-Hādī, lui-même et al-Mustaḍīʾ bi-Amr Allāh.
Il naquit en Rajab de l’an 264 de l’Hégire (877 de l’ère commune), et il fut désigné en tant que calife après son père, du vivant de ce dernier, un vendredi, onze jours avant la fin de Rabīʿ al-Ākhir de l’an 289 de l’Hégire (902), alors qu’il était âgé d’environ vingt-cinq ans. De taille moyenne, il était beau, à la peau claire, doté de cheveux agréables, et portait une barbe abondante et large. Lorsque mourut son père, al-Muʿtaḍid, et qu’il assuma la fonction califale, un poète se rendit auprès de lui et récita (5) :
« Parmi les plus grandes épreuves, la mort d’un imam…
et parmi les dons les plus sublimes, l’accession d’un imam.
Alors, puisse la pluie abreuver celui qui est décédé,
qu’éternelles soient les salutations et la paix pour lui. »