Originaire de Nishapur, il s’installa à Samarkand. Il comptait parmi les plus érudits en ce qui concerne les divergences des Compagnons, des Successeurs et de ceux qui leur ont succédé parmi les imams de l’islam au sujet des jugements. Il voyagea à travers de nombreuses contrées, écouta des maîtres un savoir abondant et profitable, et il composa des ouvrages utiles et riches. Il faisait partie de ceux qui priaient de la plus belle manière et avec la plus grande humilité. Il rédigea un ouvrage considérable sur la prière.
Al-Khatib al-Baghdadi (1) rapporte de lui ceci : « Je partis d’Égypte en direction de La Mecque. Je pris la mer, accompagné d’une esclave à moi. Le navire fit naufrage, et deux mille de mes biens furent engloutis. Je fus sauvé, ainsi que l’esclave, et nous nous réfugiâmes sur une île. Nous y cherchâmes de l’eau, sans en trouver. Je posai alors ma tête sur la cuisse de l’esclave, désespérant de la vie. Tandis que je me trouvais ainsi, un homme arriva, tenant dans sa main une cruche. Il me dit : “Tiens !” Je la pris, en bus, et en fis boire l’esclave. Puis il s’en alla, et j’ignore d’où il était venu et où il se rendit (2). »
Il fut l’un des plus généreux et des plus nobles d’âme. Chaque année, Isma‘il ibn Ahmad (3) lui offrait quatre mille (et son frère Ishaq ibn Ahmad lui versait également quatre mille, tandis que les habitants de Samarkand lui en donnaient encore quatre mille) (4), qu’il dépensait entièrement. On lui dit : « Ne voudrais-tu pas en mettre une partie de côté en prévision d’une éventuelle difficulté ? » Il répondit : « Gloire à Dieu ! J’ai vécu un temps en Égypte, et j’y dépensais chaque année vingt dirhams. Si je n’obtenais plus rien, ne penses-tu pas que je parviendrais, si Dieu le veut, à trouver vingt dirhams par an ? (5). »
Lorsqu’il arrivait à Muhammad ibn Nasr al-Marwazi de rendre visite à Isma‘il ibn Ahmad as-Sâmanî, ce dernier se levait pour l’honorer et le traitait avec égards. Un jour, son frère Ishaq ibn Ahmad le réprimanda : « Tu te lèves pour un homme dans l’audience de ton tribunal alors que tu es le souverain du Khorasan ? » Isma‘il raconta : « Cette nuit-là, je me couchai l’esprit partagé (6). Dans mon rêve, je vis le Messager de Dieu ﷺ, qui me dit : “Ô Isma‘il, ton royaume, ainsi que celui de tes descendants, s’est affermi parce que tu as honoré Muhammad ibn Nasr, alors que le règne de ton frère s’est évanoui parce qu’il a méprisé Muhammad ibn Nasr.” (8). »
On rapporte également que, dans les terres d’Égypte, se réunirent Muhammad ibn Nasr, Muhammad ibn Jarir at-Tabarî et Muhammad ibn al-Mundhir. Ils s’installèrent dans une maison pour rédiger des récits de hadith, sans rien avoir ce jour-là pour se nourrir. Ils tirèrent alors au sort afin de désigner celui qui irait chercher de quoi manger pour écarter ce besoin pressant ; le sort tomba (9) sur l’un d’eux, qui se leva