La louange te revient, que ce soit pour un bienfait… ou pour un malheur qui est écarté(1). Tu veux, alors tu fais ce que tu désires, et tu entends depuis un lieu où l’on ne saurait entendre.
Il raconta : « Je me hâtai de sortir, puis je dis au propriétaire du hammam : “Tu as prétendu que personne n’était entré dans ton établissement ?” » Celui-ci répondit : « Oui, et pourquoi cette question ? » Je lui dis : « J’ai entendu quelqu’un déclamer ceci. » Il répliqua : « L’as-tu vraiment entendu ? » Je dis : « Oui. » Il me répondit : « Ô mon maître, c’est un être d’entre les djinns qui nous apparaît parfois. Il récite des poèmes et prononce de belles paroles pleines de leçons. » Je lui dis : « As-tu retenu quelques vers de lui ? » Il répondit : « Oui. » Et il me récita ce poème :
Ô toi qui pèches en perpétuant tes fautes, prends garde,
Combien de temps persévéreras-tu à commettre tes péchés par ignorance ?
À maintes reprises, tu provoques la colère du Sublime par un acte
Vil, alors que Lui ne cesse d’accomplir de bonnes actions.
Comment les paupières de celui qui ne sait pas
Si Celui qui est sur le Trône est satisfait de lui peuvent-elles trouver le repos ?
Abd al-Hamid ibn Abd al-Aziz, surnommé Abou Khazim(2), était un juge hanafite. Il comptait parmi les meilleurs juges, les notables des juristes et les imams parmi les savants. Il était pieux, intègre, et faisait preuve d’une grande droiture, de forte religiosité et d’une honnêteté irréprochable. Ibn al-Jawzi a rapporté de lui dans “Al-Muntazam”(3) des témoignages louables et de belles actions. Qu’Allah lui fasse miséricorde et soit satisfait de lui.
Puis survint l’an deux cent quatre-vingt-treize. Cette année-là, un grand nombre de qarmates, de Bédouins, de voleurs et de gens des campagnes s’allièrent autour du frère de Hussein le Qarmate, connu sous le nom de Dhu al-Chama, dont nous avions déjà rapporté la mort l’année précédente. Ils semèrent la corruption sur leurs passages. Ils se dirigèrent ensuite vers Tabariyya, dont les habitants refusèrent de les laisser entrer, mais ils forcèrent l’entrée de la ville, tuèrent un grand nombre d’hommes et s’emparèrent de biens considérables, avant de se replier vers le désert.
Un autre groupe de qarmates entra à Hit(4), y massacra ses habitants à l’exception de quelques-uns, et s’empara d’une grande quantité de richesses qu’ils chargèrent sur trois mille chameaux, emportant le tout avec eux. Le calife Al-Muktafî envoya alors une armée pour les combattre ; ceux-ci capturèrent leur chef et le mirent à mort.
Un homme affilié aux qarmates, que l’on appelait “le propagateur” (al-dâ‘iya) au Yémen, se fit connaître : il assiégea Ṣan‘â’, y entra de force et y tua un grand nombre d’habitants.