En cette année :
Le roi des Byzantins envoya dix croix, chacune accompagnée de dix mille hommes, qui lancèrent un raid sur les confins du territoire. Ils massacrèrent de nombreuses personnes et réduisirent en captivité certains descendants.
Au cours de cette même année :
Le gouverneur de Tarse pénétra dans le pays byzantin et s’empara de la ville d’Antioche. Il s’agit d’une grande cité côtière, que les Byzantins considèrent comme l’égale de Constantinople. Il libéra (1) cinq mille captifs musulmans, s’empara de soixante navires byzantins et conquit d’immenses richesses. La part de butin de chacun des combattants s’éleva à mille dinars.
Le pèlerinage, cette année-là, fut dirigé par Al-Fadl ibn Abd Al-Malik.
Parmi les notables décédés cette année figure :
• Aḥmad ibn Yaḥyā ibn Zayd ibn Siyyār (2), Abū Al-ʿAbbās al-Shaybānī, leur affranchi, surnommé Thaʿlab. Il était l’imam des savants de Koufa en grammaire et en langue. Né en l’an 200, il entendit les hadiths de Muḥammad ibn Ziyād ibn al-Aʿrābī, d’al-Zubayr ibn Bakkār, d’al-Qawārīrī et d’autres.
Parmi ceux qui ont recueilli ses enseignements figurent Ibn al-Anbārī, Ibn ʿArafa et Abū ʿUmar (3) al-Zāhid. Il était jugé digne de confiance, constituait une preuve (en matière de savoir), menait une vie pieuse, et était renommé pour sa sincérité et sa mémoire. On raconte qu’il aurait entendu de la bouche d’al-Qawārīrī cent mille hadiths.
Il s’éteignit le samedi, treize jours avant la fin de Jumādā I de cette même année, à l’âge de quatre-vingt-onze ans. Ibn Khallikān (4) dit que la cause de son décès fut la suivante : alors qu’il sortait de la mosquée, plongé dans la lecture d’un livre, et souffrant déjà d’une surdité importante, un cheval le heurta et le projeta dans un fossé, ce qui provoqua un traumatisme crânien ; il mourut le lendemain. (5) Il est l’auteur du livre « Al-Faṣīḥ », de petite taille mais d’une grande utilité. Il a également composé d’autres ouvrages.