Ils lui conseillaient ce qui pouvait hydrater son corps, mais il usa du contraire jusqu’à ce que ses forces l’abandonnent. Nous avons déjà mentionné les circonstances de son décès dans la notice que nous lui avons consacrée précédemment.
Badr, l’affranchi d’al-Muʿtaḍid et chef de l’armée (1) :
Al-Qāsim ibn ʿUbayd Allāh, le vizir, avait résolu de détourner le califat des fils d’al-Muʿtaḍid de son vivant. Il en parla avec ce Badr, qui s’y refusa et insista pour le serment d’allégeance aux fils de son maître. Lorsque al-Muktafī accéda au pouvoir, le vizir craignit les conséquences de ce qu’il avait révélé à Badr. Il monta alors secrètement l’opinion d’al-Muktafī contre lui et ne cessa d’agir ainsi jusqu’à ce que le calife confisquât ses biens et sa fortune alors qu’il se trouvait à Wāsiṭ. Le calife lui envoya ensuite une lettre de sauvegarde, et Badr se présenta. Le vizir commanda alors qu’on l’assassinât. Badr fut tué le vendredi, six jours avant la fin du mois de Ramaḍān de cette année-là ; sa tête fut emportée, tandis que sa dépouille resta sur place. Sa famille la récupéra, l’envoya dans un cercueil à la Mecque, et il y fut enterré, selon sa volonté. Il avait affranchi tous ses serviteurs avant sa mort. Quand on s’apprêta à le tuer, il accomplit deux rakʿates de prière, puis on l’exécuta.
Al-Ḥusayn ibn Muḥammad (2) :
Fils de ʿAbd al-Raḥmān ibn al-Fahm ibn Muḥraz ibn Ibrāhīm, Abū ʿAlī, le ḥāfiẓ de Bagdad. Il entendit les transmissions de Khalaf ibn Hishām, Yaḥyā ibn Maʿīn, Muḥammad ibn Saʿd et d’autres. Parmi ceux qui ont reçu de lui figurent al-Khuṭabī et al-Ṭūmārī. Il était réticent à transmettre, sauf à ceux qui l’accompagnaient assidûment. Il possédait de bonnes connaissances en récits historiques, en généalogies, en poésie et sur les transmetteurs (rijāl). Il s’orientait vers l’école juridique des Irakiens. Il mourut à soixante-dix-huit ans. Al-Dāraquṭnī (3) a dit de lui : « Il n’est pas [considéré] comme fort [en transmission]. »
ʿUmāra ibn Wuthayma ibn Mūsā, Abū Rafāʿa al-Fārsī (4), auteur d’une « Histoire » classée par années. Il naquit en Égypte et transmit de Abū Ṣāliḥ, le secrétaire d’al-Layth, et d’autres.
ʿAmr ibn al-Layth al-Ṣaffā (5), l’un des grands émirs, fut tué en prison au moment même où al-Muktafī arriva à Bagdad.
[Puis débuta]
l’année deux cent quatre-vingt-dix de l’Hégire.
Au cours de cette année : Yahyā ibn Zakrawayh ibn Mihrawayh, Abū al-Qāsim al-Qarmaṭī, connu sous le nom de « al-Shaykh », s’avança à la tête de contingents nombreux de Qarmaṭes et sema la dévastation dans la région d’al-Raqqah. Le calife dépêcha alors contre lui une imposante armée d’environ dix mille cavaliers.