Au cours de cette même année :
Les Carmates se répandirent, après la mort d’al-Muʿtaḍid, dans diverses contrées, coupant la route aux pèlerins et certains d’entre eux se proclamèrent Commandeur des croyants. Al-Muktafī dépêcha alors de nombreuses armées contre eux et dépensa d’immenses sommes d’argent, si bien que Dieu mit fin à une partie de leur mal – qu’Il les enlaidisse.
Au cours de cette même année également :
Muḥammad ibn Hārūn se rebella contre l’autorité d’Ismāʿīl ibn Aḥmad al-Sāmānī. Les habitants de Ray l’invitèrent à les rejoindre après qu’il eut tué Muḥammad ibn Zayd al-Ṭālibī. Il vint donc à eux, ils lui livrèrent la ville, dont il s’empara. Ismāʿīl ibn Aḥmad marcha alors contre lui avec ses troupes, le vainquit et le chassa de la ville, honni et repoussé.
Ibn al-Jawzī rapporte dans “al-Muntaẓam” (1) : Le neuvième jour de Dhū al-Ḥijja, alors qu’on était en été, les gens prièrent la prière de l’asr vêtus de leurs habits estivaux. Un vent très froid se leva soudain, si bien que les gens eurent besoin de se réchauffer au feu et durent enfiler des fourrures et des vêtements garnis. L’eau gela comme pendant l’hiver.
Ibn al-Athīr (2) dit : Il en fut ainsi également dans la ville de Ḥimṣ.
Il ajoute (3) : Un vent violent souffla à Baṣra, déracinant une grande quantité de palmiers. Un affaissement de terrain se produisit en un endroit de la ville, ensevelissant six mille personnes.
Ibn al-Athīr (4) et Ibn al-Jawzī (5) indiquent de plus qu’un tremblement de terre secoua Bagdad à plusieurs reprises au mois de Rajab de cette année-là, puis cessa.
Le pèlerinage fut dirigé, cette même année, par al-Faḍl ibn ʿAbd al-Malik al-Hāshimī.
[Parmi ceux qui décédèrent cette année-là]
Ibrāhīm ibn Muḥammad ibn Ibrāhīm, l’un des plus grands maîtres soufis. Ibn al-Athīr (6) rapporte qu’il était contemporain de al-Sarī al-Saqaṭī. [Il a dit : « Qu’une once de ta préoccupation revienne à Dieu vaut mieux pour toi que tout ce sur quoi le soleil s’est levé »] (7).
Aḥmad ibn Muḥammad al-Muʿtaḍid bi-llāh, qui était sujet à un mauvais tempérament et à la sécheresse de caractère en raison de ses excès dans les rapports charnels. Les lettrés