Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Abû al-‘Abbâs ‘Abd Allâh ibn al-Mu‘tazz al-‘Abbâsî a composé pour son cousin al-Mu‘taḍid une belle élégie, dans laquelle il dit :

« Ô temps, malheur à toi… tu ne m’as laissé personne. Tu es un père indigne qui dévore ses enfants.
Je demande pardon à Dieu : tout cela est en effet un décret (divin). Je suis satisfait de Dieu comme unique Seigneur et Éternel.
Ô toi qui reposes dans une tombe obscure, en ce lieu ténébreux de at-Ṭâhiriyya, éloigné de la demeure, solitaire !
Où sont les armées que tu mobilisais ? Où sont les trésors que tu recensais un à un ?
Où est le trône que tu emplissais de majesté, devant lequel tout regard frémissait de crainte ?
Où sont les palais que tu avais bâtis si hauts, et où l’éclat de l’or brillait de mille feux ?
Ils ont épuisé chaque monture endurante et puissante, tandis que l’écume jaillissait de sa bouche.
Où sont les ennemis dont tu as dompté la férocité ? Où sont les lions que tu as réduits à l’obéissance ?
Où sont les délégations qui se pressaient devant tes portes, comme un vol d’oiseaux fatigués qui ne se disperse pas ?
Où sont les hommes debout à leur poste, et quiconque en partait sain et sauf se considérait béni ?
Où sont les montures que tu avais trempées de sang, celles qui portaient en toi le fauve, le lion vaillant ?
Où sont les lances que tu avais nourries d’âmes ? Depuis ta mort, elles ne transpercent plus ni cœur ni entrailles.
Où sont les épées, et où sont les flèches décochées ? Elles atteignaient quiconque tu voulais, même de loin.
Où sont ces catapultes pareilles à des éléphants, qui, lorsqu’elles frappaient, renversaient les murailles d’une forteresse solide ?
Où sont les exploits que tu réalisais, toi qui ne voyais jamais utilité à la clémence ?
Où sont ces jardins parcourus de ruisseaux, qui faisaient accourir l’oiseau chantant ? »

= Les troubles, chapitre sur ce qui a été rapporté au sujet des califes, d’après le hadith de Jâbir ibn Samura (que Dieu soit satisfait de lui), dont le texte chez Muslim est : « L’Islam demeurera toujours honoré tant que douze hommes d’entre eux le dirigeront. » Il existe d’autres formulations ayant le même sens, et tous appartiennent à la tribu de Quraysh. Le hafiz dans al-Fath (13/185) déclare : « En effet, tous ceux qui ont exercé la califat depuis le Siddîq jusqu'à ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz sont quatorze personnes, dont deux dont la légitimité n’a pas été authentifiée et dont la période de règne fut brève, à savoir Muʿâwiya ibn Yazîd et Marwân ibn al-Ḥakam. Quant aux autres, ils sont douze personnes qui furent mises à la direction, comme le Prophète (paix et bénédictions sur lui) l’a informé. La mort de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz advint en l’an cent un (de l’Hégire), et les circonstances changèrent après lui. Le premier siècle, considéré comme le meilleur des siècles, prit fin. » Voir aussi Târîkh al-Khulafâʾ d’al-Suyûtî, pp. 10-12. (1) Les poèmes ne figurent pas dans son dîwân (édition Ṣādir), mais la plupart sont rapportés dans Siyar A‘lâm al-Nubalâʾ (13/478) et dans Târîkh al-Khulafâʾ d’al-Suyûtî (p. 597). (2) Dans Ẓā, l’orthographe est « al-Ẓāhiriya ». Al-Ṭāhiriyya est un village près de Bagdad (d’après Yâqût). (3) Dans la source b et dans al-Sīra, on trouve « tasḥabuhā ». (4) Dans al-Sīra et al-Târîkh, « muṣʿabuhum ». (5) Dans b, Ẓā et al-Sīra, « buʿadā », dans Târîkh al-Khulafāʾ « baddā ». Dans al-Naqd, avec un kasra et un ḍamma sur le nûn, cela signifie « peu de chair », et il veut dire qu’elle (la personne) est devenue faible, malingre.
وقد عمل أبو العبَّاس عبد اللّه بن المعتزّ العبّاسيّ في ابن عمه المعتضد مرثاةً حسنةً، يقول فيها (١) : يا دَهْرُ وَيْحَكَ ما أبقيتَ لي أحَدا … وأنتَ والدُ سوء تأكلُ الوَلَدا أستغفِرُ اللّهَ بَلْ ذا كُلُّهُ قَدَرٌ … رَضِيتُ بالله ربًّا واحدًا صَمَدا يا سَاكنَ القَبْرِ في غَبْرَاءَ مُظْلِمَةٍ … بالطَّاهريَّةِ (٢) مُقْصَى الدَّارِ منفردا أينَ الجُيوشُ التي قد كُنْتَ تشحنها (٣) … أينَ الكُنُوزُ التي أحْصَيْتَها عَدَدا أينَ السَّريرُ الَّذي قد كُنْتَ تَمْلَؤُهُ … مَهابةً مَنْ رأتْهُ عَيْنُةُ ارْتَعَدا أينَ القُصُورُ التي شيَّدْتَها فعلَتْ … وَلاحَ فيها سَنَا الإبريزِ فاتَّقَدَا قدْ أتعبوا كل مرقالٍ مذكِّرةٍ … وجناءَ تنثرُ منْ أشداقها الزَّبدا أينَ الأعادي الألى ذَلَّلْتَ صعبهم (٤) … أينَ اللُّيُوثُ التي صَيَّرْتَها نُقَدا (٥) أينَ الوفودُ على الأبواب عاكفةً … وردَ القطا صفرًا ما جالَ واطَّردا أينَ الرَّجالُ قِيامًا في مراتبهِمْ … مَنْ رَاحَ منهمْ ولم يقتل فقدْ سعدا أينَ الجيادُ التي حَجَّلْتَها بدَمٍ … وَكُنَّ يحمِلْنَ منكَ الضَّيْغَمَ الأسَدَا أينَ الرِّماحُ التي غَذَّيْتَها مُهَجًا … مُذْ مِتَّ ما وَرَدَتْ قَلْبًا ولا كَبِدا أين السيوفُ وأينَ النَّبْلُ مرسلةً … يصبْنَ ما شئتَ مِن قَرْنٍ وإن بعدا أينَ المجانيقُ أمثالُ الفيولِ إذا … رمينَ حائط حصنن قائمٍ قعدا أينَ الفعالُ التي قدْ كنتَ تبدعها … ولا ترى أن عفوًا نافعًا أبدا أينَ الجِنانُ التي تجري جَدَاوِلُها … وتَسْتَجِبُّ إليها الطائرَ الغردا
= الفتن، باب ما جاء في الخلفاء، من حديث جابر بن سمرة ﵁ ، ولفظه عند مسلم: لا يزال الإسلام عزيزًا ما وليهم اثنا عشر رجلًا"، وله ألفاظ أخر بمعناه، وكلهم من قريش. قال الحافظ في الفتح (١٣/ ١٨٥): فإن جميع من ولي الخلافة من الصدّيق إلى عمر بن عبد العزيز أربعة عشر نفسًا، منهم اثنان لم تصح ولايتهما، ولم تطل مدتهما، وهما: معاوية بن يزيد، ومروان بن الحكم، والباقون اثنا عشر نفسًا على الولاء، كما أخبر ﷺ ، وكانت وفاة عمر بن عبد العزيز سنة إحدى ومئة، وتغيرت الأحوال بعده. وانقضى القرن الأول الذي هو خير القرون. تاريخ الخلفاء للسيوطي صفحة (١٠ - ١٢). (١) لم ترد الأبيات في ديوانه (ط. صادر)، وورد أكثرها في سير أعلام النبلاء (١٣/ ٤٧٨)، وتاريخ الخلفاء للسيوطي (٥٩٧). (٢) في ظا، ط: بالظاهرية. والطاهرية: قرية ببغداد. (ياقوت). (٣) في ب والسير: تسحبها. (٤) في السير والتاريخ: مصعبهم. (٥) في ب، ظا والسير: بُعَدا، وفي تاريخ الخلفاء بددا. و "النقد": بضم النون وكسرها: القليل اللحم، وأراد أنها أصبحت ضعيفة هزيلة.

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