Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les chefs militaires se réunirent alors – parmi eux, Mû’nis (1) le serviteur – auprès du vizir al-Qâsim ibn ‘Ubayd Allâh, et ils conseillèrent de rassembler les gens afin de renouveler l’allégeance à al-Muktafî bi-llâh, ‘Alî ibn al-Mu‘taḍid bi-llâh. Ils mirent cela à exécution, le pacte fut renforcé, et il en résulta un grand bien.

Lorsque al-Mu‘taḍid fut sur le point de mourir, il récita pour lui-même (2) :

« Jouis de ce monde, car tu ne demeureras pas. Prends-en la part la plus pure lorsqu’elle s’offre à toi, et délaisse-en la souillure.
Ne te fie pas au temps ; pour ma part je lui ai fait confiance,
Mais il ne m’a laissé aucune position stable et n’a respecté aucun de mes droits.

J’ai tué les chefs parmi les hommes, n’épargnant aucun ennemi ;
Je n’ai pas ménagé la bienséance envers quiconque.

J’ai vidé la demeure royale de tout rival ;
Je les ai chassés vers l’ouest et dispersés vers l’est.

Quand j’ai atteint l’étoile en gloire et en élévation,
Et que les cous de tous m’étaient devenus asservis,

La mort m’a décoché sa flèche et a éteint mes braises ;
Me voilà précipité dans ma fosse.

Ce que j’ai amassé ne m’a servi de rien, et je n’ai pas trouvé
La moindre indulgence auprès du Souverain céleste dans l’amour que je lui portais.

J’ai gâché ma vie d’ici-bas et ma foi dans ma sottise ;
Qui donc, dans son trépas, est plus malheureux que moi ?

Ah ! si seulement je savais ce qui m’attend après ma mort :
Serai-je accueilli par la grâce de Dieu, ou jeté dans Son feu ? »

Il mourut – qu’Allâh lui fasse miséricorde – dans la nuit du lundi, alors qu’il restait huit jours de Rabî‘ al-Awwal de cette même année, sans avoir atteint la cinquantaine. Son califat dura neuf ans, neuf mois et treize jours.

Il laissa pour fils : ‘Alî, dit al-Muktafî, Ja‘far, dit al-Muqtadir, et Hârûn ; et pour filles, onze selon certains, ou dix-sept selon d’autres. Il laissa dans le trésor public dix-sept mille mille (1 000 000) dinars. Il s’était abstenu (8) de dépenser l’argent en dehors de ses justes usages, raison pour laquelle certains le traitaient d’avare. D'autres le considèrent comme l’un des califes bien-guidés mentionnés parmi les douze explicités dans le hadith de Jâbir ibn Samrah (9). Et Dieu est plus savant.

(1) Dans la version A, éditée par Younes. (2) Al-Kāmil d'Ibn al-Athīr (7/514), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (13/477), Tārīkh al-Khulafāʾ d'al-Suyūṭī (595). (3) « Al-Ranq » : trouble, trouble de la vue. (4) Dans Sīr et Tārīkh al-Khulafāʾ : selon la supposition. (5) Dans al-Sīr : « Et j'ai purifié la demeure du roi de toute mauvaise cho­se. » (6) Dans la version B, édition Ẓā : la majesté. (7) Ce vers ne figure pas dans al-Kāmil, al-Sīr ni Tārīkh al-Khulafāʾ. (8) Dans la version B, édition Ẓā : « tenant la main », et dans l’édition T : « il tient ». (9) Hadith de Jābir ibn Samrah, rapporté par Aḥmad dans al-Musnad (5/87), al-Bukhārī (13/181) dans al-Aḥkām, chapitre sur la succession, et Muslim n° (1821) dans al-Imārah, chapitre « Les gens sont soumis à Quraysh », ainsi que dans al-Tirmidhī n° (2223) dans =
بالله، فاجتمع رؤساء القوَّاد، منهم مؤنس (١) الخادم، إلى الوزير القاسم بن عبيد اللّه، وأشاروا بأن يجتمع الناس لتجديد البيعة للمكتفي باللّه عليّ بن المعتضد باللّه، ففعل ذلك، وتأكد العهد، وكان في ذلك خيرٌ كثير. وحين حضرت المعتضد الوفاة أنشد لنفسه (٢) : تَمَتَّعْ مِنَ الدُّنيا فإنَّكَ لا تَبْقَى … وَخُذْ صَفْوَها ما إن صَفَتْ وَدَعِ الرَّنقا (٣) ولا تأمنَنَّ الدَّهْرَ إنِّي أمِنْتُهُ … فلم يُبْقِ لي حالًا ولم يَرْعَ لي حقَّا قَتَلْتُ صنادِيدَ الرِّجالِ فلَمْ أدَعْ … عَدُوًّا ولم أُمْهِلْ على خُلُقٍ (٤) خَلْقا وأخْلَيْتُ دارَ الملكِ من كلِّ نازعٍ (٥) … فشرَّدْتُهُمْ غَرْبًا وَمَزَّقتُهُمْ شَرْقا فلمّا بَلغْتُ النَّجْم (٦) عِزًّا وَرِفعةً … وصارَتْ رقابُ الخَلْقِ أجمع لي رِقَّا رَمَاني الرَّدَى سَهْمًا فأخمَدَ جَمْرَتي … فها أنا ذا في حُفْرَتي عاجلًا أُلقَى ولم يغنِ عنِّي ما جمعْتُ ولم أجدْ … لدى ملك الأجاء في حُبّها رِفقا (٧) وأفسَدْتُ دُنْيايَ وَدِيني سَفَاهةً … فَمَنْ ذا الذي مِنِّي بمصْرَعِهِ أشْقَى؟ فيا لَيْتَ شِعْرِي بعدَ مَوْتي ما ألقى … إلَى نعمةٍ للّهِ أمْ نارِهِ ألْقَى؟ وكانت وفاته - رحمه الله تعالى - ليلة الإثنين لثمان بَقِين من ربيع الأول من هذه السنة، ولم يبلغ الخمسين. فكانت خلافته تسعَ سنين وتسعة أشهر وثلاثة عشر يومًا. وخلَّف من الأولاد الذكور: عليًّا المكتفي، وجعفر المقتدر، وهارون. ومن البنات إحدى عشرة بنتًا، ويقال: سبعَ عشرة بنتًا. وترك في بيت المال سبعة عشر ألف ألف دينار. وكان ماسكًا (٨) عن صرف الأموال في غير وجهها، فلهذا كان بعض الناس يبخِّله. ومن الناس من يجعله من الخلفاء الراشدين المذكورين في الحديث الاثني عشر المنصوص عليهم في حديث جابر بن سمره (٩) ، فالله أعلم.
(١) في آ، ط: يونس. (٢) الكامل لابن الأثير (٧/ ٥١٤)، سير أعلام النبلاء (١٣/ ٤٧٧)، تاريخ الخلفاء للسيوطي (٥٩٥). (٣) "الرّنق": الكدر. (٤) في السير وتاريخ الخلفاء: على ظِنَّة. (٥) في السير: وأخليت دور الملك من كل بازل. (٦) في ب، ظا: المجد. (٧) لم يرد هذا البيت في الكامل والسير وتاريخ الخلفاء. (٨) في ب، ظا: ماسك اليد، وفي ط: يمسك. (٩) حديث جابر بن سمرة ﵁ ، رواه أحمد في المسند (٥/ ٨٧)، والبخاري (١٣/ ١٨١)، في الأحكام، باب في الاستخلاف، ومسلم رقم (١٨٢١) في الإمارة، باب الناس تبع لقريش، والترمذي رقم (٢٢٢٣) في =

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies