Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le destin m’a trahi par sa perte, alors que j’étais auparavant en sécurité avec lui. J’ai fait mes adieux à ma patience au moment où je l’ai quitté… et mon cœur est parti errant avec lui.

Ibn al-Muʿtazz lui envoya alors une lettre pour le réconforter et apaiser son affliction, dans laquelle il disait :

« Ô imam de la droiture, ce n’est pas toi mais bien nous qu’a consumés le chagrin, tandis que tu demeures sain et sauf.
C’est toi qui nous as enseigné la gratitude pour les bienfaits, et la soumission lors des épreuves.
Détourne-toi de ce qui est passé, car ce qui fut autrefois joie est désormais devenu une immense récompense.
Nous avons consenti à mourir pour que tu vives, et je vois là un grand honneur.
Quiconque meurt en t’obéissant aura accédé à la victoire et aura connu une mort noble. »

Une nuit, les compagnons intimes (ndamāʾ) du calife al-Muʿtaḍid se réunirent auprès de lui. Lorsque la veillée prit fin, qu’il se retira avec ses favorites et que tous s’endormirent, un serviteur dépêché par le calife les réveilla et leur dit : « Le calife souffre d’insomnie depuis que vous êtes partis. Il a composé un vers dont il ne parvient pas à trouver la seconde moitié. Celui qui y parviendra recevra une récompense. Voici le vers :

“Et lorsque nous nous sommes éveillés pour saisir le souvenir qui avait passé… voilà la demeure déserte et le lieu de la visite si lointain.” »

Les convives se relevèrent de leurs couchettes pour y réfléchir. L’un d’entre eux prit les devants et déclara :

« J’ai alors dit à mes yeux : retrouve le sommeil et endors-toi, peut-être qu’un visiteur nocturne finira par revenir. »

Lorsque le serviteur rapporta cette réponse au calife, celui-ci l’apprécia grandement et ordonna qu’on lui accorde un présent généreux.

Un jour, al-Muʿtaḍid fut également frappé par les vers du poète al-Ḥasan ibn Munayr al-Māzinī al-Baṣrī :

« Je me lamente sur celui qui m’a privé de sommeil, l’ôtant à mes nuits et ajoutant un surcroît de tourment à mon cœur.
On dirait que le soleil brille sur ses flancs en grâce et en beauté, ou bien que la pleine lune surgit d’entre ses vêtements.
Il anticipe ce qu’il désire : si même son offense est grande, on l’excuse pour ses actes.
Son visage est un intercesseur qui efface ses offenses des cœurs, et il est partout écouté où qu’il intercède. »

Puis, au mois de Rabīʿ al-Awwal de cette année — celle de l’an deux cent quatre-vingt-neuf — l’état de santé du calife al-Muʿtaḍid s’aggrava considérablement.

(1) Dans al-Muntaẓam : « wa sāra ». (2) Dans B et Ẓā : « muṣābah ». (3) Al-Muntaẓam (5/138). (4) Dans Ā et Ẓā : « intahnā ». (5) Dans B et Ẓā : « wa astaʿama ». (6) Dans B et Ẓā : « azrāruh ».
فخانني الدَّهْرُ بفقدانِهِ … وكنتُ مِنْ قبلُ لَهُ آمنا وَدَّعتُ صبري عند توديعه … وبانَ (١) قلبي معهُ ظاعنا وقد بعث إليه ابن المعتز يعزِّيه ويسلِّيه عن مصيبته (٢) فيها (٣) : يا إمامَ الهُدَى بنا لا بكَ الغـ … ــمُّ أفنيتنا وعِشْتَ سليما أنتَ علَّمتنا على النِّعَمِ الشُكْـ … ـر وعندَ المصائبِ التَّسليما فاسل عمَّا مَضَى فإنَّ التي كا … نتْ سُرورًا صَارَتْ ثوابًا عظيما قدْ رَضينا بأن نموتَ وتحيى … إنَّ عندي في ذاكَ حظًّا جسيما مَنْ يمُت طائعًا لديك فقدْ … أعطي فوزًا وماتَ موتًا كريما وقد اجتمع ليلة عند المعتضد ندماؤه، فلمَّا انقضى السَّمَرُ وصار إلى حظاياه، ونام القوم، أهبهم خادم من عند الخليفة، وقال: يقول لكم: إنه قد أصابه أرق بعدكم، وقد عمل بيتًا أعياه ثانيه، فمن أجازه فله جائزة، وهو هذا البيت: ولمَّا انتبَهْنَا (٤) لِلخيالِ الَّذِي سَرَى … إذا الدَّارُ قَفْرَى والمَزَارُ بَعِيدُ فجلس القوم من فرشهم يفكِّرون في ثانيه، فبدر واحدٌ منهم، فقال: فقلتُ لِعَيْني عاوِدي النَّوْمَ واهْجَعي … لَعَلَّ خَيَالًا طارقًا سَيَعُودُ فلمَّا رجع به الخادم إلى الخليفة وَقَعَ منه موقعًا جيدًا وأمر له بجائزة سنية. واستعظم (٥) المعتضد يومًا من بعض الشعراء قول الحسن بن منير المازنيّ البصريّ: لَهْفي عَلَى مَنْ أطارَ النَوْمَ فامْتَنَعا … وَزَادَ قَلْبي على أوْجَاعِهِ وَجَعا كأنَّما الشَمْسُ من أعطافِهِ لَمَعَتْ … حُسْنًا أو البَدْرُ مِن أردانِه (٦) طَلَعا مستقبلٌ بالذي يَهوى وإن عظُمت … منه الأساءةُ معذورٌ بما صَنَعا في وَجْهِهِ شافعٌ يمحو إساءتهُ … من القلوب وجيه حيثما شفعا ولما كان ربيع الأول من هذه السنة - أعني سنة تسع وثمانين ومئتين - اشتد وجع الخليفة المعتضد
(١) في المنتظم: وسار. (٢) في ب، ظا: مصابه. (٣) المنتظم (٥/ ١٣٨). (٤) في آ، ظا: انتهينا. (٥) في ب، ظا: واستطعم. (٦) في ب، ظا: أزراره.

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