Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Abou Bakr al-Khatîb (1) a rapporté : « Mohammad ibn Ahmad ibn Ya‘qûb nous a informés, Mohammad ibn Na‘îm ad-Dabbî m’a rapporté avoir entendu Abou al-Walîd Hassân ibn Mohammad al-Faqîh dire : “J’ai entendu Abou al-‘Abbâs ibn Surayj déclarer : ‘J’ai entendu Ismâ‘îl ibn Ishâq, le juge, raconter : Je suis entré un jour auprès d’al-Mu‘taḍid, et près de lui se trouvaient de jeunes Byzantins au visage clair. Je les ai regardés, et al-Mu‘taḍid me surprit à les contempler. Lorsque je m’apprêtai à partir, il me fit signe de rester, je demeurai donc quelque temps. Quand nous fûmes seuls, il me dit : « Ô juge ! Par Dieu, je n’ai jamais défait mon pantalon pour un acte illicite !»” »

Al-Bayhaqî a également rapporté, d’après al-Hâkim, d’après Hassân ibn Mohammad, d’après Ibn Surayj le juge, d’après Ismâ‘îl ibn Ishâq, qui dit : « Un jour, j’entrai auprès d’al-Mu‘taḍid. Il me présenta un livre, je le lus, et constatai qu’il y avait rassemblé les “permissions” (rukhṣ) issues des écarts (zallât) des savants. Je lui dis : “Ô Commandeur des Croyants ! Celui qui a compilé cela est un mécréant (zindîq).” Il me demanda : “Comment cela ?” Je répondis : “Celui qui autorise le nabîdh n’autorise pas la mut‘a, et celui qui permet la mut‘a n’autorise pas le nabîdh. Celui qui réunit les égarements des savants puis les applique, anéantit sa religion.” Sur ce, il ordonna de brûler ce livre. »

Al-Khatîb (4) a aussi rapporté par sa chaîne de transmission, d’après Ṣâfî al-Ḥaramî, le serviteur, qui dit : « Al-Mu‘taḍid arriva, tandis que je me tenais devant lui, à la résidence de Shaghab (5), où son fils al-Muqtadir, Ja‘far, était assis (6). Autour de lui, il y avait environ dix servantes et des enfants de son âge, ses compagnons. Devant lui se trouvait un plateau d’argent avec une grappe de raisin, fruit alors extrêmement rare. Il en mangeait un grain, puis en distribuait un à chacun de ceux qui l’entouraient. Al-Mu‘taḍid le laissa et s’assit dans une pièce, soucieux. Je lui demandai : “Qu’as-tu, ô Commandeur des Croyants ?” Il répondit : “Malheur à toi ! Par Dieu, si ce n’était la crainte du Feu et de la honte, je tuerais ce garçon, car sa mise à mort serait un bienfait pour la communauté.” Je lui dis : “Je demande la protection de Dieu pour toi, ô Commandeur des Croyants ! Maudis Satan !” Il poursuivit : “Malheur à toi, Ô Ṣâfî ! Ce garçon est d’une énorme générosité, alors même que la nature des enfants s’oppose habituellement à la prodigalité. Or, lui fait preuve d’un extrême altruisme. De plus, les gens après moi ne placeront à leur tête qu’un membre de ma descendance. Après moi, ce sera al-Muktafî qui gouvernera, mais ses jours ne dureront pas à cause de la maladie qu’il porte, le ‘mal des porcs’. Puis il mourra, et ce Ja‘far régnera sur les gens. Il dépensera toutes les richesses du Trésor public pour les concubines, tant il leur est attaché et si proche encore d’elles, ce qui aura pour effet de gâcher les affaires des musulmans, de laisser les frontières à l’abandon, et de provoquer l’apparition d’innombrables troubles, révoltés et conflits.” »

(1) Tārīkh Baghdād (4/404) et Siyar A‘lām al-Nubalā’ (13/465). (2) Dans Ā : al-‘Ulama’, et dans al-Siyar : al-Ghinā’, et confirmé par B, Ẓā. Dans al-Siyar, il est ajouté : « Il n’y a pas de savant sans faute ». La formule de Ṭ est : « Celui qui a permis le mut‘a n’a pas permis le chant, et celui qui a permis le chant n’a pas permis de l’ajouter aux instruments de musique légère ». (3) Siyar A‘lām al-Nubalā’ (13/465). (4) Tārīkh Baghdād (7/216). (5) Dans Ṭ : Sha‘th, qui est une altération. Il s’agit de Shaghāb, époux et mère d’al-Muqtadir. (6) Dans Tārīkh Baghdād : il avait alors environ cinq ans ou à peu près.
وقال أبو بكر الخطيب (١) : أخبرنا محمد بن أحمد بن يعقوب، حَدَّثَنَا محمد بن نعيم الضَّبِّي، سمعت أبا الوليد حسان بن محمد الفقيه، يقول: سمعت أبا العبَّاس بن سُرَيج، يقول: سمعت إسماعيل بن إسحاق القاضي، يقول: دخلتُ على المعتضد وعلى رأسه أحداثٌ رُومٌ، صباحُ الوجوه، فنظرت إليهم، فرآني المعتضد وأنا أتأملهم، فلمَّا أردت القيام أشار إليَّ، فمكثت ساعة، فلمَّا خلا، قال لي: أيُها القاضي! واللّه ما حَلَلْتُ سَراويلي على حرامٍ قَطُّ. وروى البيهقيُّ، عن الحاكم، عن حسَّان بن محمد، عن ابن سُرَيْج القاضي، عن إسماعيل بن إسحاق، قال: دخلت يومًا على المعتضد، فدفَعَ إليَّ كتابًا، فقرأته، فإذا قد جمع له الرُّخص من زَلل العلماء، فقلت: يا أميرَ المؤمنين إنَّما جمع هذا زِنْديق. فقال: فكيف؟ فقلت: إنَّ من أباح النبيذ لم يبح المتعة، ومن أباح المتعة لم يبح النبينذ (٢) ، ومن جمع زَلَل العلماء ثم أخذ بها ذهب دينه؛ فأمر بتحريق ذلك الكتاب (٣) . وروى الخطيب (٤) بسنده عن صافي الحرمي الخادم، قال: انتهى المعتضد وأنا بين يديه إلى منزل شغَب (٥) وابنُه المقتدر جعفر جالس فيه (٦) ، وحوله نحو من عشر من الوصائف، والصبيان من أصحابه في سنه، وبين يديه طبقٌ من فضة، فيه عنقود عِنب، وكان العِنبُ إذ ذاك عزيزًا جدًّا، وهو يأكل عِنَبةً واحدة، ثم يفرّق على كل واحد من جلسائه عِنَبة عِنَبة، فتركه المعتضد وجلس في بيت مهمومًا. فقلت له: ما لكَ يا أميرَ المؤمنين؟ فقال: ويحك! والله لولا النار والعار لأقتلَنَّ هذا الغلام، فإنَّ في قتله صلاحًا للأمة. فقلت: أعيذك بالله يا أمير المؤمنين! العن الشيطان، فقال: ويحك يا صافي! إنَّ هذا الغلام في غاية السَّخاء، فإنَّ طباع الصبيان تأبى الكرم، وهذا في غاية الكرم، وإن الناس من بعدي لا يولون عليهم إلَّا مَن هو من ولدي، فَسَيلي عليهم المكتفي، ثم لا تطول أيامه للعلة التي به، وهي داء الخنازير، ثم يموت فيولّى على الناس جعفر هذا، فيصرف جميع أموال بيت المال إلى الحظايا؛ لشغفه بهنَّ، وقرب عهده من بيتهن، فتضيع أمور المسلمين، وتعطل الثغور، وتكثر الفتن والخوارج والشرور.
(١) تاريخ بغداد (٤/ ٤٠٤)، وسير أعلام النبلاء (١٣/ ٤٦٥). (٢) في آ: العلماء، وفي السير: الغناء، والمثبت من ب، ظا. وأضاف في السير: وما من عالم إِلَّا وله زَلَّة. وعبارة ط: إن من أباح المتعة لم يبح الغناء، ومن أباح الغناء لم يبح إضافته إلى آلات اللهو. (٣) سير أعلام النبلاء (١٣/ ٤٦٥). (٤) تاريخ بغداد (٧/ ٢١٦). (٥) في ط: شعث وهو تحريف. وهي شغب زوجه وأم المقتدر. (٦) في تاريخ بغداد: وله إذ ذاك خمس سنين أو نحوها.

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