Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Dans ces circonstances difficiles, il advint que le calife al-Muʿtaḍid billāh mourut au mois de Rabīʿ al-Awwal de cette année – qu’Allah en fasse une heureuse conclusion.

Voici la biographie d’al-Muʿtaḍid billāh (1) : il s’agit d’Aḥmad, fils de l’émir Abū Aḥmad al-Muwaffaq, surnommé Nāṣir Dīn Allāh, dont le nom se trouvait être Muḥammad. D’aucuns rapportent aussi qu’il se nommait Ṭalḥa b. Jaʿfar al-Mutawakkil b. Muḥammad al-Muʿtaṣim b. Hārūn al-Rashīd, Abū al-ʿAbbās, Commandeur des croyants et calife, c’est-à-dire al-Muʿtaḍid billāh.

Il naquit en l’an 242 – ou, selon une autre opinion, 243 – de l’Hégire, et sa mère était une « mère d’enfant » (umm walad). Il avait la peau mate, le corps maigre, une taille moyenne, et la blancheur des cheveux commençait déjà à marquer sa barbe. L’avant de celle-ci était assez long, et il portait sur la tête une petite tache blanche. On lui prêta serment d’allégeance à la fonction califale, le lundi matin, alors qu’il restait onze jours au mois de Rajab de l’an 279. Il nomma ʿUbayd Allāh b. Sulaymān b. Wahb comme vizir et désigna pour la magistrature (qadâʾ) Ismāʿīl b. Isḥāq, Yūsuf b. Yaʿqūb et Ibn Abī al-Shawārib.

Sous le règne de son oncle al-Muʿtamid ʿalā Allāh, l’autorité du califat s’était affaiblie. Mais lorsqu’al-Muʿtaḍid accéda au pouvoir, il affermit son emblème, éleva son prestige, raffermit ses piliers et consolida ses fondations. C’était un homme courageux et vertueux, un grand personnage de Quraysh, faisant preuve de fermeté, de hardiesse, de vaillance et de noblesse, tant au combat que dans la prise de décision. Son père avant lui possédait déjà ces qualités.

Selon un récit qu’Ibn al-Jawzī (3) rapporte avec sa chaîne de transmission, al-Muʿtaḍid passa un jour, au cours de l’un de ses voyages, dans un village où l’on cultivait des concombres (ou courges). Le propriétaire, s’écriant pour demander justice au calife, fut amené devant lui. Lorsque le calife l’interrogea, il déclara que quelques soldats, appartenant à la suite califale, lui avaient pris une partie de ses concombres. « Les reconnaîtrais-tu ? » lui demanda le calife. L’homme répondit que oui. On les lui présenta et il en désigna trois. Alors, le calife ordonna qu’on les mette aux fers et qu’on les jette en prison.

Le lendemain, on vit ces trois hommes crucifiés le long de la route principale. Les gens s’en indignèrent et réprouvèrent l’acte : beaucoup blâmèrent le calife, s’étonnant qu’il tue trois personnes pour de simples concombres dérobés. Quelque temps plus tard, al-Muʿtaḍid confia à un de ses proches conseillers la tâche de l’interpeller sur ce sujet, avec prudence et tact. Une nuit, ce conseiller entra auprès de lui pour évoquer l’affaire, et le calife, devinant qu’il voulait formuler une critique, lui dit : « Je sens que tu as quelque chose à me dire : parle donc. » Le conseiller répondit : « Ô Commandeur des croyants, m’accordes-tu la liberté de parole ? » – « Oui, » répliqua-t-il. « Alors… »

(1) Murūj al-Dhahab, vol. 2, p. 462 ; Tārīkh Baghdād, vol. 4, p. 403 ; al-Muntaẓam, vol. 5, pp. 123-138 ; Siyar A‘lām al-Nubalā’, vol. 13, p. 463 ; al-Wāfī bil-Wafayāt, vol. 6, p. 428 ; Shudhūrāt al-Dhahab, vol. 2, p. 199. (2) Concernant les fondements : la teinte de cheveux gris, attestée par les éditions imprimées et al-Muntaẓam. (3) al-Muntaẓam, vol. 5, pp. 123-124. (4) « La voie droite » : son milieu.
وفي هذه الحال الشديدة اتفق موت الخليفة المعتضد بالله، في ربيع الأول من هذه السنة، أحسن الله خاتمتها. وهذه ترجمة المعتضِد بالله (١) : أحمد بن الأمير أبي أحمد الموفَّق الملقب بناصر دين الله، واسم أبي أحمد محمد، وقيل: طلحة بن جعفر المتوكل بن محمد المعتصم بن هارون الرَّشيد، أبو العباس، أمير المؤمنين، الخليفة، المعتضد بالله. ولد في سنة اثنتين، وقيل: ثلاث وأربعين ومئتين، وأمه أم ولد. وكان أسمر، نحيفَ الجسم، معتدل القامة، قد وخَطه (٢) الشيب، في مقدم لحيته طول، وفي رأسه شامة بيضاء. وبويع له بالخلافة صبيحة يوم الإثنين لإحدى عشرة بقيت من رجب سنة تسع وسبعين، فاستوزر عبيد الله بن سليمان بن وَهْب، وولَّى القضاء إسماعيل بن إسحاق، ويوسف بن يعقوب، وابن أبي الشَّوارب. وكان أمر الخلافة قد ضعف في أيام عمِّه المعتمد على الله، فحين وليها المعتضد أقام شعارها، ورفع منارها، وشتد دعائمها، وحيطانها، وأطَّر أركانها. وكان شجاعًا فاضلًا، من رجالات قريش حزمًا وجرأة وغزوًا وعزًّا، وإقدامًا وحرمة؛ وكذلك كان أبوه من قبله. وقد أورد ابن الجوزي (٣) بإسناده أن المعتضد اجتاز في بعض أسفاره بقرية فيها مَقْثَأة، فوقف صاحبُها صائحًا مستصرخًا بالخليفة، فاستدعى به فسأله عن أمره، فقال: إنَّ بعض الجيش أخذوا لي شيئًا من القِثَّاء وهم من غلمانك. فقال: أتعرفهم؟ قال: نعم، فعرضهم عليه، فعرف منهم ثلاثة، فأمر الخليفة بتقييدهم وحبسهم، فلمَّا كان الصباح نظر الناس إلى ثلاثة أنفس مصلّبين على جادة الطريق (٤) ، فاستعظم الناس ذلك وأنكروه، وعاب كثير من الناس ذلك على الخليفة، وقالوا: قتل ثلاثةً بسبب قِثاء أخذوه؟ فلما كان بعد قليل أمر الخواص من مسامره أن ينكر عليه ذلك وليتلطف في مخاطبته بذلك، فدخل عليه ذات ليلة وهو عازم على المفاوضة معه في ذلك، ففهم الخليفة ما في نفسه من كلام يريد أن يبديه، فقال له: إني أفهم أنَّ في نفسك كلامًا، فما هو؟ قال: يا أميرَ المؤمنين، وأنا آمن؟ قال: نعم. قلت له: فإن
(١) مروج الذهب (٢/ ٤٦٢)، تاريخ بغداد (٤/ ٤٠٣)، المنتظم (٥/ ١٢٣ - ١٣٨)، سير أعلام النبلاء (١٣/ ٤٦٣)، الوافي بالوفيات (٦/ ٤٢٨)، شذرات الذهب (٢/ ١٩٩). (٢) في الأصول: وخط الشيب، والمثبت من المطبوع والمنتظم. (٣) المنتظم (٥/ ١٢٣ - ١٢٤). (٤) "جادة الطريق": وسطه.

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