Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Puis arriva l’année deux cent quatre-vingt-sept (de l’Hégire). Au mois de Rabî‘ al-Awwal de cette même année, la situation des Qarmates s’aggrava en compagnie d’Abû Sa‘îd al-Jannâbî. Ils tuèrent, capturèrent et saccagèrent dans la région de Hajar. Le calife dépêcha alors contre eux une importante armée, placée sous le commandement d’al-‘Abbâs ibn ‘Amr al-Ghanawî, qu’il chargea également de la Yamâma et du Bahreïn afin de combattre Abû Sa‘îd. Ils s’affrontèrent en ce lieu, tandis qu’al-‘Abbâs disposait de dix mille soldats. Abû Sa‘îd capturera l’ensemble de ses troupes (1) ; seul l’émir échappa à la capture, tandis que tous les autres furent exécutés un à un devant Abû Sa‘îd — que Dieu le déshonore —, ce qui est fort étonnant. C’est d’ailleurs l’inverse de ce qui se produisit dans l’affaire de ‘Amr ibn al-Layth, car ce dernier fut capturé seul parmi ses hommes, lesquels survécurent tous, et ils étaient cinquante mille.

On raconte qu’après qu’Abû Sa‘îd eut exécuté ses compagnons un à un sous ses yeux, al-‘Abbâs demeura chez lui plusieurs jours, puis Abû Sa‘îd le libéra et lui fournit des montures. Il lui dit : « Retourne auprès de ton maître et informe-le de ce que tu as vu. » Cet événement eut lieu à la fin du mois de Sha‘bân de la même année.

Lorsque cette nouvelle se répandit, elle secoua fortement la population. Les habitants de Bassora envisagèrent de quitter la ville, mais son gouverneur, Ahmad al-Wâthiqî, les en empêcha. En vérité, « nous appartenons à Dieu et c’est vers Lui que nous faisons retour ».

Au cours de cette même année, les Byzantins lancèrent un raid contre la région de Tarse. Son gouverneur, Ibn al-Ikhshâd (2), étant mort l’année précédente, il avait confié la direction de la frontière à Abû Thâbit. Les Byzantins, convoitant cette contrée, rassemblèrent alors d’importantes troupes et s’y rendirent. Abû Thâbit les affronta, mais ne put leur tenir tête. Ils tuèrent un certain nombre de ses hommes et le capturèrent, lui comme d’autres prisonniers. Les gens du front se rassemblèrent alors autour d’Ibn al-A‘râbî, qu’ils mirent à leur tête; cet événement remonte au mois de Rabî‘ al-Âkhir.

Durant cette même année fut tué Muhammad ibn Zayd al-‘Alawî (3), émir du Tabaristân et du Daylam. La raison de sa mort est la suivante : lorsqu’Ismâ‘îl ibn Ahmad al-Sâmânî vainquit ‘Amr ibn al-Layth, gouverneur du Khurâsân, Muhammad ibn Zayd crut qu’Ismâ‘îl ne dépasserait pas ses propres territoires et que le Khurâsân lui reviendrait de droit. Il se mit donc en route depuis sa contrée pour s’y rendre. Mais Ismâ‘îl ibn Ahmad arriva avant lui au Khurâsân et lui adressa une lettre lui intimant de rester dans ses frontières et de ne pas les dépasser. Muhammad ibn Zayd refusa, si bien qu’Ismâ‘îl envoya contre lui une armée commandée par Muhammad ibn Hârûn — qui avait été adjudant de Râfi‘ ibn Harthama. Lorsqu’ils se rencontrèrent, Muhammad ibn Hârûn feignit de fuir pour tromper l’ennemi, et l’armée de Muhammad ibn Zayd le poursuivit (4). Alors, il se retourna contre eux

(1) Dans al-Ṭabarī (10/78), et il y avait environ sept cents hommes parmi les partisans d’al-ʿAbbās. (2) Dans B, Ẓā, Ṭ : Ibn al-Ikhshīd. (3) Taʾrīkh al-Ṭabarī (10/81), al-Kāmil d’Ibn al-Athīr (7/504). (4) Dans Ṭ : en quête.
[ثم دخلت سنة سبع وثمانين ومئتين] في ربيع الأول منها تفاقم أمْر القَرامطة صحبةَ أبي سعيد الجنَّابي، فقتلوا وسَبَوْا وأفسدوا في بلاد هَجَر، فجهَّز الخليفة إليهم جيشًا كثيفًا وأمَّر عليهم العباس بن عمرو الغَنَوي، وأمَّره على اليمامة والبحرين ليحارب أبا سعيد، فالتقوا هنالك والعبَّاسُ في عشرة آلاف مقاتل، فأسرهم أبو سعيد كلَّهم (١) ، فنجا من بينهم كلّهم الأمير وحده، وقتل الباقون عن آخرهم صبرًا بين يدي أبي سعيد، قبَّحه الله، وهذا عجيب جدًّا، وهو عكس واقعة عمرو بن الليث؛ فإنَّه أسِرَ من بين أصحابه وحدَه، ونجوا كلُّهم، وكانوا خمسين ألفًا. ويقال: إن العبَّاس لمَّا قَتَل أبو سعيد أصحابَه صبرًا بين يديه والعباس ينظر، أقام العبّاس عند أبي سعيد أيامًا، ثم أطلقه، وحمله على رواحل، وقال: ارجعْ إلى صاحبك فأخبره بما رأيت. وقد كانت هذه الواقعة في أواخر شعبان من هذه السنة. ولما وقع هذا انزعج الناس لذلك انزعاجًا عظيمًا جدًّا؛ وهمَّ أهلُ البصرة بالجلاء منها، فمنعهم من ذلك نائبها أحمد الواثقي؛ فإنَّا للّه وإنا إليه راجعون. وفيها: أغارت الرُّوم على بلاد طَرَسُوس، وكان نائبها ابن الإخشاد (٢) قد توفي في العام الماضي، واستخلف على الثغر أبا ثابت، فطمعت الرُّوم في تلك الناحية، وحشدوا في عساكرهم إلى هنالك، فالتقاهم أبو ثابت، فلم يقدر على مقاومتهم، فقتلوا من أصحابه جماعة وأسروه فيمن أسروا، فاجتمع أهلُ الثغر على ابن الأعرابيّ، فولّوه أمرهم، وذلك في ربيع الآخر. وفيها: قتل: محمد بن زيد العلويّ (٣) : أمير طَبَرِستان والدَّيلم. وكان سبب ذلك أنَّه لما ظفر إسماعيل بن أحمد السَّامانيّ بعمرو بن الليث نائب خراسان، ظن أنَّ إسماعيل لا يجاوز عمله، وأن خراسان قد حلت له، فارتحل من بلده يريدها، وسبقه إلى خراسان إسماعيل بن أحمد، وكتب إليه: أن الزم عملك ولا تجاوزه إلى غيره، فلم يقبل، فبعث إليه جيشًا مع محمد بن هارون الذي كان ينوب عن رافع بن هَرْثمة، فلمَّا التقيا هرب منه محمد بن هارون خديعةً، فسار الجيش وراءه للطلب (٤) ، فكرَّ عليهم راجعًا،
(١) في الطبري (١٠/ ٧٨)، وأسر من أصحاب العباس زهاء سبعمئة رجل. (٢) في ب، ظا، ط: ابن الإخشيد. (٣) تاريخ الطبري (١٠/ ٨١)، الكامل لابن الأثير (٧/ ٥٠٤). (٤) في ط: في الطلب.

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