Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Qu’Allah le flétrisse. Ensuite, il s’empara de leurs affaires et introduisit chez eux les Qarmates ; ils lui obéirent et se rassemblèrent autour de lui. Il exerça alors le pouvoir sur eux et devint, (1) parmi eux, celui auquel on faisait référence. Il était originaire d’une localité nommée Jannâba. Nous verrons plus loin ce qu’il advint de son histoire et de celle de ses compagnons.

Ibn al-Jawzî dit dans son « Al-Muntazam » (2) : « Parmi les événements extraordinaires survenus cette année-là, il rapporta, avec sa chaîne de transmission, qu’une femme se présenta devant le cadi d’ar-Ray pour réclamer à son mari son mahr (dot) de cinq cents dinars. Il nia, et elle produisit des témoins qui attestèrent en sa faveur. Les juges dirent alors : “Nous devons voir son visage découvert, afin de savoir s’il s’agit bien de son épouse ou non.” Comme ils insistaient sur ce point, le mari s’exclama : “Ne le faites pas ! Elle est véridique dans ses prétentions.” Il reconnut donc la somme réclamée pour préserver son épouse du regard porté sur son visage. La femme dit alors : “Puisqu’il a agi ainsi, il est quitte de ma dot, en ce monde comme dans l’autre.” »

Parmi ceux qui moururent cette année-là, parmi les notables et les célèbres, figuraient Aḥmad ibn ‘Īsā, Abū Sa‘īd al-Kharrâz, comme l’a mentionné notre maître adh-Dhahabî (3). Ibn al-Jawzî (4) situe sa mort en l’an 277 de l’Hégire. Allah le sait mieux.

Ishâq ibn Muḥammad ibn Aḥmad ibn Abân (5), Abū Ya‘qūb al-Nakha‘î al-Aḥmar, est l’éponyme de la secte « al-Ishâqiyya » relevant du chiisme. Ibn an-Nawbakhtî (6), al-Khaṭîb et Ibn al-Jawzî ont mentionné que cet homme croyait à la divinité de ‘Alî ibn Abî Ṭâlib, puis qu’elle s’était transmise à al-Ḥasan, puis à al-Ḥusayn, et qu’elle se manifestait à chaque époque. Une foule d’individus aveuglés (des “ânes”) le suivirent dans cette mécréance. Qu’Allah le flétrisse et les flétrisse. On l’appelait « al-Aḥmar » parce qu’il était lépreux et teintait ses taches pour en changer la couleur. An-Nawbakhtî a rapporté à son sujet des paroles extrêmement blasphématoires : qu’Allah le maudisse. Il avait transmis certaines anecdotes et plaisanteries sur al-Mâzinî et sa génération, mais un tel individu est bien trop insignifiant et méprisable pour que l’on rapporte quoi que ce soit de lui.

(1) Ce qui est entre parenthèses n’est pas mentionné dans le texte principal. (2) Al-Muntaẓam, vol. 6, p. 18. (3) Tārīkh al-Islām (décès en 286 H), Siyar Aʿlām an-Nubalāʾ, vol. 13, p. 419, al-ʿIbar, vol. 2, p. 77, Tārīkh Baghdād, vol. 4, p. 276, Ḥilyat al-Awliyāʾ, vol. 10, p. 246, et Mukhtaṣar Tārīkh Ibn ʿAsākir, vol. 3, p. 204. Abu Saʿīd était ce maître soufi ; il fut le premier à traiter scientifiquement de la science de la fanāʼ et de la baqāʼ. Il fut le compagnon secret d’al-Saqaṭī, de Dhā al-Nūn al-Miṣrī et d’autres encore. (4) Al-Muntaẓam, vol. 5, p. 105. (5) Tārīkh Baghdād, vol. 6, p. 378, Al-Muntaẓam, vol. 6, p. 19, Mīzān al-Iʿtidāl, vol. 1, pp. 92-93, Lisan al-Mīzān, vol. 1, p. 370. (6) Il s’agit d’al-Ḥasan ibn Mūsā, revendiqué par les Muʿtazila et les Chiʿa. Il est l’auteur de Firaq al-Shīʿa et al-Ārāʾ wa al-Dīna. Il mourut en l’an 310 de l’hégire.
قبَّحه الله. ثم تغلَّب على [أمرهم وأظهر فيهم القرامطة، فاستجابوا له والتفُّوا عليه، فتأمَّر عليهم، وصار هو] (١) المشار إليه فيهم. وأصله من بلدة هناك يقال لها: جَنَّابة، وسيأتي ما يكون من أمره وأمر أصحابه. قال ابن الجوزي في "المنتظم" (٢) : ومن عجائب ما وقع من الحوادث في هذه السنة، ثم روى بسنده أنَّ امرأةً جاءت إلى قاضي الرَّيّ، فادَّعَتْ على زوجها بصَداقها خمسمئة دينار، فأنكره، فجاءت ببيِّنةٍ تشهد لها به، فقالوا: نريد أن تسفرَ لنا عن وجهها حتَّى يعلم أنها الزوجة أم لا، فلمَّا صمَّموا على ذلك، قال الزوج: لا تفعلوا، هي صادقة فيما تدَّعيه؛ فأقرَّ بما ادَّعت؛ ليصون زوجته عن النظر إلى وجهها. فقالت المرأة: وإذ قد أراد ذلك، فهو في حلٍّ من صداقي عليه في الدنيا والآخرة. [وممن توفي فيها من الأعيان والمشاهير] أحمد بن عيسى، أبو سعيد الخَرَّاز، فيما ذكره شيخنا الذَّهبيّ (٣) . وقد أرَّخه ابنُ الجوزي (٤) في سنة سبع وسبعين ومئتين، فاللّه أعلم. إسحاق بن محمد بن أحمد بن أبان (٥) : أبو يعقوب النّخعي الأحمر، وإليه تنسب الطائفة "الإسحاقية" من الشيعة. وقد ذكر ابنُ النّوبَخْتِيّ (٦) والخطيبُ وابنُ الجوزي: أن هذا الرجل كان يعتقد إلهية علي بن أبي طالب، وأنه انتقل إلى الحسن ثم إلى الحسين، وأنه كان يظهر في كل وقت، وقد اتبعه على هذا الكفر خلْقٌ من الحمير، قبَّحه الله وقبَّحهم. وإنَّما قيل له: الأحمر لأنه كان أبرص، فكان يطلي برصه بما يغيِّر لونه، وقد أورد له النوبَخْتي أقوالًا عظيمة في الكفر؛ لعنه الله. وقد روى شيئًا من الحكايات والملح عن المازني وطبقته، ومثل هذا أقلُّ وأذلُّ أن يُروى عنه.
(١) ما بين قوسين لم يرد في آ. (٢) المنتظم (٦/ ١٨). (٣) تاريخ الإسلام (وفيات ٢٨٦ هـ) وسير أعلام النبلاء (١٣/ ٤١٩)، والعبر (٢/ ٧٧)، وتاريخ بغداد (٤/ ٢٧٦)، وحلية الأولياء (١٠/ ٢٤٦)، ومختصر تاريخ ابن عساكر (٣/ ٢٠٤). وأبو سعيد هذا كان شيخ الصوفية، وهو أول من تكلم في علم الفناء والبقاء. صحب سريًا السقطي، وذا النون المصري وغيرهما. (٤) المنتظم (٥/ ١٠٥). (٥) تاريخ بغداد (٦/ ٣٧٨)، المنتظم (٦/ ١٩)، ميزان الاعتدال (١/ ٩٢ و ٩٣)، ولسان الميزان (١/ ٣٧٠). (٦) هو الحسن بن موسى، كانت تدعيه المعتزلة والشيعة. له: فرق الشيعة، والآراء والديانة. توفي سنة ٣١٠ هـ.

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