Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ensuite, il se rendit à Qinnasrīn et dans la région des ʿAwāṣim, prenant possession de ces territoires en vertu de la lettre de Hārūn ibn Khumārawayh, qui lui avait accordé la permission et fait la paix avec lui à ce sujet (1).

Cette même année, Ibn al-Ikhshīd mena les habitants de Ṭarsūs en campagne contre les terres des Byzantins. Dieu lui accorda la victoire, louange à Dieu.

[Et parmi les notables décédés cette année, on compte] :

Ibrāhīm ibn Isḥāq (2) : fils de Bishr ibn ʿAbd Allāh ibn Daysam, Abū Isḥāq al-Ḥarbī, l’un des grands imams en jurisprudence, en hadith et dans d’autres domaines. [Il était] (3) ascète et dévot, élève d’Aḥmad ibn Ḥanbal, dont il transmit beaucoup de récits.

Ad-Dāraquṭnī a dit : « Ibrāhīm al-Ḥarbī est un imam, un auteur, un savant dans tous les domaines, remarquable dans toute science, fiable. Il était comparé à Aḥmad ibn Ḥanbal pour son ascétisme, son savoir et sa piété. »

Ibrāhīm al-Ḥarbī disait : « Tous les sages de chaque nation s’accordent à dire que celui qui ne se conforme pas au décret divin (al-qadar) ne goûtera pas à la tranquillité de la vie (4). »

Il disait également : « L’homme [vrai] (5) est celui qui intérieurise sa tristesse plutôt que de l’imposer à sa famille. Depuis quarante-cinq ans, je souffre d’une violente migraine sans jamais en parler à personne ; et voilà dix ans que je ne vois plus que d’un œil, sans l’avoir mentionné à quiconque. » Il raconta aussi qu’il vécut plus de soixante-dix ans sans jamais demander à sa famille ni déjeuner ni dîner : s’ils lui apportaient quelque chose, il mangeait ; sinon, il jeûnait jusqu’au soir suivant.

Il mentionna avoir dépensé, un certain mois de Ramaḍān, pour lui-même et les siens, un seul dirham et quatre daqīqs et demi. « Nous n’avions connaissance d’aucun des plats élaborés d’aujourd’hui, disait-il, mais seulement de l’aubergine grillée, un bouquet de radis ou ce qui s’y apparente. »

Le calife al-Muʿtaḍid lui envoya, à l’une ou l’autre occasion, dix mille dirhams, mais il refusa de les accepter et les renvoya. Le messager revint en disant : « Le calife te dit de les répartir parmi les pauvres de ton voisinage. » Il répondit : « Nous n’avons pas réuni cet argent et n’aurons pas à en rendre compte ; nous ne saurions donc être interrogés sur la manière de le distribuer. Dis à l’Amir al-Muʾminīn de nous laisser tranquilles, ou bien nous quitterons son territoire. »

Lorsque l’heure de sa mort approcha, l’un de ses compagnons entra pour lui rendre visite et sa fille se plaignit auprès de lui de la grande difficulté dans laquelle ils se trouvaient.

(1) Al-Kāmil d'Ibn al-Athīr (7/491), où il est dit : « À cet égard, Hārūn ibn Khumārawayh s’adressa à al-Muʿtaḍid pour lui demander d'attaquer ce que possédaient en main propre lui-même et ses délégués en Égypte et en Syrie, et confia les affaires de Qinnasrīn à al-Muʿtaḍid, en transmettant chaque année quatre cent mille et cinquante mille dinars. Celui-ci lui répondit favorablement. » (2) Tārīkh Baghdād (6/28), Ṭabaqāt al-Ḥanābila (1/86), al-Muntaẓam (6/3), Maʿjam al-Udabāʾ (1/112), Inbāh al-Riwāh (1/155), Tadhkirat al-Ḥifāẓ (2/584), Sīr Aʿlām al-Nubalāʾ (13/356), Shudhūr al-Dhahab (2/190). (3) Addition d’une édition. (4) Al-Muntaẓam (6/4), et Sīr Aʿlām al-Nubalāʾ (13/367). (5) Tiré d’al-Muntaẓam, et dans une édition : « L’homme tout entier, celui qui ... »
ثم سار إلى قِنَّسرين والعواصم، فتسلَّمها عن كتاب هارون بن خُمَارَوَيْه، وإذنه له في ذلك، ومصالحته له على ذلك (١) . وفيها: غزا ابن الإخشيد بأهل طَرَسُوس بلادَ الروم، ففتح الله على يديه، وللّه الحمد. [وممن توفي فيها من الأعيان] إبراهيم بن إسحاق (٢) : ابن بشير بن عبد الله بن دَيْسَم، أبو إسحاق الحَرْبي، أحد الأئمة في الفقه والحديث وغير ذلك، [وكان] (٣) زاهدًا عابدًا، تخرّج بأحمد بن حنبل، وروى عنه كثيرًا. قال الدَّارَقُطني: إبراهيم الحَرْبي إمام، مصنف، عالم بكل شيء، بارع في كلّ علم، صدوق، كان يقاس بأحمد بن حنبل في زهده وعلمه وورعه. وقال إبراهيم الحَرْبي: أجْمَعَ عقلاءُ كُلِّ أمةٍ انَ مَنْ لم يجرِ مَعَ القَدَرِ لم يتهنَّأ بعيشه (٤) . وكان يقول: الرجل [هو] (٥) الذي يدخل غمَّه على نفسه ولا يدخله على عياله؛ وقد كان بي شقيقة منذ خمس وأربعين سنة ما أخبرت بها أحدًا قط؛ ولي عشر سنين أبصر بفرد عين، ما أخبرت بها أحدًا. وذكر أنه مكث نيفًا وسبعين سنة من عمره ما يسأل أهله غداءٍ ولا عشاءٍ، بل إن جاؤوه بشيء أكله، وإلا طَوَى إلى الليلة القابلة. وذكر أنه أنفق في بعض الرمضانات على نفسه وعياله درهمًا واحدًا وأربعة دوانيق ونصف؛ وما كنَّا نعرف من هذه الطبائخ شيئًا، إنَّما هو باذنجان مشوي، أو باقة فجل، أو نحو هذا. وقد بعث إليه أمير المؤمنين المعتضد في بعض الأحيان بعشرة آلاف درهم، فأبَى أن يقبلَها وردَّها؛ فرجع الرسول، وقال: يقول لك الخليفة: فرّقها على مَنْ تعرف من فقراء جيرانك، فقال: هذا شيء لم نجمعه ولا نُسألُ عن جمعه، فلا نُسألُ عن تفريقه، قلْ لأمير المؤمنين: إمَّا يتركنا وإلا نتحوَّل من بلده. ولما حضرته الوفاة، دخل عليه بعضُ أصحابه يعوده، فقامت ابنته تشكو إليه ما هم فيه من الجهد،
(١) الكامل لابن الأثير (٧/ ٤٩١)، وجاء فيه: وفيها وجَّه هارون بن خمارويه إلى المعتضد ليسأله أن يقاطعه على ما في يده ويد نوّابه من مصر والشام، وسلم أعمال قِنّسرين إلى المعتضد، ويحمل كل سنة أربع مئة ألف وخمسين ألف دينار، فأجابه إلى ذلك .. (٢) تاريخ بغداد (٦/ ٢٨)، طبقات الحنابلة (١/ ٨٦)، المنتظم (٦/ ٣)، معجم الأدباء (١/ ١١٢)، إنباه الرواة (١/ ١٥٥)، تذكرة الحفاظ (٢/ ٥٨٤)، سير أعلام النبلاء (١٣/ ٣٥٦)، شذرات الذهب (٢/ ١٩٠). (٣) زيادة من ط. (٤) المنتظم (٦/ ٤)، وسير أعلام النبلاء (١٣/ ٣٦٧). (٥) من المنتظم، وفي ط: الرجل كل الرجل الذي …

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