Ainsi s’achèvent les dynasties lorsqu’elles atteignent leur fin : « Et quand Dieu veut un mal pour un peuple, nul ne peut le repousser, et ils n’ont, en dehors de Lui, nul protecteur » (ar-Raʿd, 13 : 11).
[Parmi les notables décédés cette année]
• Aḥmad b. al-Mubārak Abū ʿAmr al-Mustamlī (1) : l’ascète de Neyshābūr, surnommé Ḥukamwayh, le dévot. Il entendit (des enseignements de) Qutaybah, Aḥmad, Isḥāq et d’autres. L’ascète de Neyshābūr exerça la fonction de répétiteur (mustamlī) auprès des maîtres pendant cinquante-six ans.
Il était pauvre, portait des vêtements usés, et menait une vie d’ascèse. Un jour, il entra chez Abū ʿUthmān Saʿīd b. Ismāʿīl, alors que ce dernier se trouvait dans une assemblée de prédication. Abū ʿUthmān se mit à pleurer et déclara : « Ce qui me fait pleurer, c’est la tenue dépenaillée d’un grand savant, que je respecte trop pour le rabaisser devant vous. » Alors, les gens se mirent à déposer leurs bagues, leurs dirhams et leurs vêtements, au point qu’un amas important s’accumula devant Abū ʿUthmān. C’est alors qu’Abū ʿAmr al-Mustamlī se leva et dit : « Ô vous tous, je suis celui à qui le shaykh faisait allusion dans ses propos. Sans ma crainte qu’on ne l’accuse de faute, j’aurais caché ce qu’il voulait dissimuler. » Abū ʿUthmān s’émerveilla de sa sincérité, et Abū ʿAmr prit ensuite tout ce qui avait été déposé devant le shaykh. Mais, avant même de sortir de la mosquée, il en fit l’aumône intégrale aux pauvres et aux démunis (2). Que Dieu lui fasse miséricorde. Il mourut au mois de Jumādā l-Ākhira de cette année.
• Isḥāq b. al-Ḥasan (3), fils de Maymūn b. Saʿd, Abū Yaʿqūb al-Ḥarbī : il entendit (des transmissions de) ʿAffān, Abū Nuʿaym et d’autres. Il avait trois ans de plus qu’Ibrāhīm al-Ḥarbī (4).
Lorsque Isḥāq al-Ḥarbī décéda, on annonça la nouvelle dans la cité et les gens se rendirent à sa demeure pour prier sur lui. Or, certains parmi la foule pensèrent qu’il s’agissait d’Ibrāhīm al-Ḥarbī, et ils accoururent chez ce dernier. Ibrāhīm leur dit : « Ce n’est pas ici que vous vouliez vous rendre, et demain vous viendrez aussi pour lui. » Il ne vécut ensuite pas tout à fait un an après la mort d’Isḥāq. Que Dieu leur fasse miséricorde à tous deux.
• Isḥāq b. Muḥammad, Abū Yaʿqūb al-Zuhri, vécut quatre-vingt-dix ans. Il jouissait d’une réputation de fiabilité et de droiture (5).