Il est rapporté (1) que la cause de son décès fut que le vizir d’al-Muʽtaḍid, al-Qāsim ibn ʿUbayd Allāh, redoutait ses satires [et les écarts] de sa langue. Il envoya donc quelqu’un lui faire manger, en sa présence, une khashkunāna (2) empoisonnée. Lorsqu’il ressentit l’effet du poison, il se leva. Le vizir lui demanda : « Où vas-tu ? » Il répondit : « Vers l’endroit où tu m’as envoyé [c’est-à-dire vers la mort]. » Le vizir ajouta : « Salue mon père. » Il répliqua : « Je ne passerai pas par le Feu. »
Muḥammad ibn Sulaymān ibn al-Ḥārith : Abū Bakr al-Bāghandī al-Wāsiṭī (4), comptait parmi les traditionnistes (ḥuffāẓ). Il est rapporté qu’Abū Dāwūd s’adressait à lui pour des questions de ḥadīth. Malgré cela, on l’a critiqué et jugé peu fiable.
Muḥammad ibn Ghālib ibn Ḥarb : Abū Jaʿfar al-Ḍabbī, connu sous le nom de Tamttām (5). Il entendit (les ḥadīths) de ʿAffān, Qabīṣa et al-Qaʿnabī. Il était considéré comme digne de confiance. Ad-Dāraquṭnī a dit à son sujet : « Il pouvait parfois se tromper. » Il mourut au mois de Ramaḍān, à l’âge de quatre-vingt-dix ans.
Al-Buḥturī le poète (6) : auteur du célèbre dīwān, al-Walīd ibn ʿUbāda – ou, d’après certains, ibn ʿUbayd Allāh ibn Yaḥyā –, Abū ʿUbāda (7) aṭ-Ṭāʾī al-Buḥturī, le poète. Originaire de Manbij, il se rendit à Bagdad et y chanta les louanges d’al-Mutawakkil et d’autres notables. Sa poésie dans le genre de la louange surpassait celle de ses élégies funèbres. On le lui fit remarquer et il répondit : « La louange provient de l’espoir, l’élégie de la loyauté, et il y a entre les deux une grande différence. »
Al-Mubarrad, Ibn Durustawayh et Ibn al-Marzubān ont transmis sa poésie. On lui dit : « Ils affirment que tu es plus grand poète qu’Abū Tammām. » Il répondit : « Sans Abū Tammām, je n’aurais pas mangé de pain : Abū Tammām fut notre maître. » Al-Buḥturī était un poète accompli, clair et éloquent. Il retourna dans sa ville natale, où il mourut cette année-là, ou peut-être l’année suivante, à quatre-vingts ans environ.