Et c’est là ce qui est conservé. Quant à ce qui apparaît dans le hadith de Sharik ibn Abî Namr, rapporté d’après Anas, selon lequel Ibrâhîm se trouverait au sixième ciel et Mûsâ au septième, en raison de la prééminence accordée à la Parole de Dieu, plusieurs traditionnistes (ḥuffâẓ) ont indiqué que l’avis suivi (al-jâddah) est que Mûsâ est au sixième et Ibrâhîm au septième, adossé à la Maison peuplée (al-Bayt al-Ma‘mûr), dans laquelle entrent chaque jour soixante-dix mille anges qui n’y retournent plus ensuite (1).
Toutes les transmissions s’accordent pour dire que lorsque Dieu – Exalté et Glorifié soit-Il – imposa à Muḥammad ﷺ et à sa communauté cinquante prières par jour et par nuit, il passa par Mûsâ, qui lui dit : « Retourne vers ton Seigneur et demande-Lui un allègement pour ta communauté, car j’ai déjà eu à affronter les Fils d’Israël avant toi et je sais combien cela peut être pénible. Ta communauté est plus faible dans son ouïe, sa vue et son cœur. » Le Prophète ﷺ ne cessa alors de faire des allers-retours entre Mûsâ et Dieu – Exalté soit-Il –, et la prescription fut réduite à chaque fois, jusqu’à ce qu’elle soit ramenée à cinq prières par jour et par nuit. Dieu dit alors : « Elles sont cinq et elles valent cinquante », c’est-à-dire grâce à la multiplication de la récompense. Qu’Allah récompense Muḥammad ﷺ pour nous du meilleur, et qu’Il récompense également Mûsâ – paix sur lui – du meilleur.
Al-Bukhârî (2) rapporte : « Mussaddad nous a rapporté, Ḥuṣayn ibn Numayr nous a rapporté, d’après Ḥuṣayn ibn ‘Abd ar-Raḥmân, d’après Sa‘îd ibn Jubayr, d’après Ibn ‘Abbâs, qui a dit : “Un jour, le Messager de Dieu ﷺ est sorti vers nous et a dit : ‘Les nations m’ont été présentées et j’ai vu une foule immense qui remplissait l’horizon. On m’a dit : C’est Mûsâ avec son peuple.’” » Ainsi l’imam al-Bukhârî (3) rapporte-t-il ce hadith ici de manière abrégée.
L’imam Aḥmad l’a transmis de façon plus détaillée : « Shurayḥ nous a rapporté, Hushaym (4) nous a rapporté, Ḥuṣayn ibn ‘Abd ar-Raḥmân nous a rapporté : J’étais chez Sa‘îd ibn Jubayr, et il demanda : “Qui, parmi vous, a vu l’étoile filante la nuit dernière ?” Je répondis : “Moi.” Puis j’ajoutai : “Je n’étais pas en prière, mais j’ai été piqué (par un scorpion ou autre).” Il me dit : “Qu’as-tu fait ?” Je répondis : “J’ai récité une ruqyah (invocation de protection).” Il demanda : “Qu’est-ce qui t’y a poussé ?” Je répondis : “Un hadith que nous a transmis al-Sha‘bî, rapporté de Burayda al-Aslamî, selon lequel ‘il n’y a pas de ruqyah (bien fondée) si ce n’est contre le mauvais œil ou la piqûre venimeuse.’” Alors Sa‘îd ibn Jubayr dit : “Celui qui agit selon le savoir qu’il détient a eu une bonne idée.” Puis il ajouta : “Ibn ‘Abbâs nous a rapporté du Prophète ﷺ qu’il a dit : ‘Les nations me furent présentées. Je vis un Prophète suivi d’un petit groupe, un Prophète suivi d’un ou deux hommes, et un Prophète qui n’avait aucun adepte. Puis on me montra une foule immense. Je dis : Est-ce ma communauté ? On me répondit : C’est Mûsâ et son peuple. Regarde l’horizon. Je vis alors une foule gigantesque. On me dit ensuite : Regarde de ce côté aussi, et j’aperçus encore une foule immense. On me dit : C’est ta communauté. Parmi eux se trouvent soixante-dix mille personnes qui entreront au Paradis sans compte et sans châtiment.’ Le Messager de Dieu ﷺ se leva ensuite et rentra (chez lui). Les gens discutèrent alors, se demandant : Qui sont ces personnes qui entreront au Paradis sans compte ni châtiment ? Certains dirent : Peut-être s’agit-il de ceux qui ont accompagné le Prophète ﷺ…” »