Al-Muʿtaḍid Bi-Llāh raconta que Khumarawayh fut égorgé sur son lit par certains de ses serviteurs. Après sa mort, ils intronisèrent son fils Jaysh, puis ils l’assassinèrent à son tour, mirent sa demeure à sac et confièrent le pouvoir à Hārūn ibn Khumarawayh. Celui-ci s’engagea à verser chaque année un million et demi de dinars au délégué du calife. Al-Muʿtaḍid l’homologa ainsi dans sa fonction. Mais lorsque al-Muktafī accéda au califat, il le destitua et désigna à sa place Muḥammad ibn Sulaymān al-Wāthiqī, qui confisqua les biens de la famille des Ṭūlūnides. Ce fut alors la dernière fois que l’on entendit parler d’eux.
Au cours de cette même année (1), Luʾluʾ, l’esclave d’Aḥmad ibn Ṭūlūn, fut libéré de prison et retourna en Égypte dans l’humiliation la plus extrême. L’émir précédemment mentionné conduisit le pèlerinage.
Parmi ceux qui moururent cette année, on compte (2) Aḥmad ibn Dāwūd, Abū Ḥanīfa ad-Dīnawarī, le linguiste, auteur du “Kitāb an-Nabāt” ; (3) Ismāʿīl ibn Isḥāq ibn Ismāʿīl ibn Ḥammād ibn Zayd, Abū Isḥāq al-Azdī le juge, originaire de Bassora et ayant grandi à Bagdad, qui étudia auprès de Muslim ibn Ibrāhīm, Muḥammad ibn ʿAbd Allāh al-Anṣārī, al-Qaʿnabī et ʿAlī ibn al-Madīnī. Il maîtrisait la tradition et la jurisprudence de l’école mālikite, composa divers ouvrages et écrivit des traités en exégèse, en ḥadīth et en fiqh. Il exerça la fonction de juge à Bagdad sous le règne d’al-Mutawakkil, après Sawwār ibn ʿAbd Allāh, avant d’être révoqué, puis à nouveau nommé à ce poste, au point de devancer tous les autres juges. Sa mort survint soudainement dans la nuit du mercredi, alors qu’il restait huit jours de Dhū al-Ḥijja de cette même année, à plus de quatre-vingts ans — qu’Allah lui fasse miséricorde.
Décéda également al-Ḥāriṯ ibn Muḥammad ibn Abī Usāma, auteur du célèbre “Musnad” (4). Quant à Khumarawayh ibn Aḥmad ibn Ṭūlūn (5), maître des territoires égyptiens, il avait reçu l’allégeance pour gouverner l’Égypte après son père.