Muhammad ibn Hârûn ibn Isḥâq conduisit le pèlerinage. Les pèlerins furent frappés par de fortes pluies dans la région d’al-Ajfur (1), si bien qu’un grand nombre d’entre eux périrent. Il arrivait qu’un homme s’enfonce et se noie dans le sable (2), sans que personne ne pût le secourir.
[Parmi les notables qui moururent cette année-là figuraient] :
• Ibrâhîm ibn al-Ḥusayn ibn Dîzîl (3), le hāfiẓ (spécialiste de la préservation des traditions), auteur de plusieurs ouvrages. Parmi ses compilations figure un volumineux recueil sur “Ṣiffîn”.
• Aḥmad ibn Muḥammad aṭ-Ṭâ’î décéda à Kûfa, au mois de Jumâdâ de la même année (5).
• Isḥâq ibn Ibrâhîm (6), connu sous le nom d’Ibn al-Jabbulî, avait entendu (les traditions) et énonçait des avis juridiques (fatwâ) fondés sur le hadith. Il était réputé pour son intelligence et sa grande mémoire.
• Ibn Abî ad-Dunyâ (7) : ʿAbd Allâh ibn Muḥammad ibn ʿUbayd ibn Sufyân ibn Qays al-Qurashî, affranchi des Banû Umayya, surnommé Abû Bakr ibn Abî ad-Dunyâ. Il était un hāfiẓ et un auteur célèbre, ayant composé des ouvrages utiles et largement diffusés sur les exhortations spirituelles (ar-raqâʾiq) et d’autres sujets, dont le nombre dépasse cent traités — certains disent près de trois cents, d’autres plus, et d’autres moins (8). Il avait entendu (les récits) d’Ibrâhîm ibn al-Mundhir al-Ḥizâmî, Khâlid ibn Khidâsh, ʿAlî ibn al-Jaʿd et de nombreux autres. Il fut aussi le précepteur d’al-Muʿtaḍid et de son fils ʿAlî ibn al-Muʿtaḍid, surnommé al-Muktafî. Pour cette fonction, il recevait quinze dinars chaque mois. Il était reconnu comme digne de confiance, véridique et hāfiẓ, faisant preuve de noblesse de caractère. Toutefois, Ṣâliḥ ibn Muḥammad Jazara mentionna qu’il rapportait des récits d’un certain homme nommé