Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Masrūr al-Khādim (1), qui fut l’un des plus grands émirs. De même, Muḥammad Ibn Ismāʿīl Ibn Yūsuf Abū Ismāʿīl al-Tirmidhī, auteur de remarquables ouvrages, est décédé au mois de Ramaḍān de cette même année, comme le rapportent Ibn al-Athīr (2) et notre maître al-Dhahabī (3). Il y eut aussi Hilāl b. al-ʿAlāʾ (4), le célèbre spécialiste du ḥadīth, dont nous avons reçu (5) une partie (6) de ses transmissions.

[Puis commença l’année 281 de l’Hégire]

• Cette année-là, les musulmans pénétrèrent dans les terres byzantines, en revinrent avec du butin et sans subir de pertes, louange à Dieu.

• Cette même année, le niveau des eaux s’éleva dans les régions d’al-Ray et de Ṭabaristān, faisant grimper les prix de manière drastique. La population s’en trouva épuisée, frappée par la sécheresse, au point que certains se dévoraient entre eux, allant jusqu’à ce qu’un homme mange sa propre fille. Nous appartenons à Dieu et c’est vers Lui que nous retournons.

• Durant cette année, al-Muʿtaḍid assiégea la citadelle de Mardin, alors tenue par Ḥamdān b. Ḥamdūn, la conquit de force et s’empara de ce qu’elle contenait, puis ordonna de la démolir, si bien qu’elle fut détruite.

• Au cours de cette même année, Qaṭr al-Nadā, la fille de Khumārawayh, gouverneur des provinces égyptiennes, arriva à Bagdad avec un faste considérable, emportant de nombreux biens. Il est rapporté qu’elle apportait notamment cent mortiers en or, et qu’elle était également munie de cent mille dinars pour acquérir en Irak ce dont elle avait besoin, impossible à trouver dans les provinces égyptiennes (8).

• Cette année encore, al-Muʿtaḍid se rendit dans la région d’al-Jabal et confia à son fils ʿAlī al-Muktafī les charges de gouverneur sur al-Ray, Qazwīn, Zanjān, Qum, Hamadhān et al-Dīnawar, tout en nommant Aḥmad b. al-Aṣbaʿ responsable de sa chancellerie. Il remit à ʿUmar b. ʿAbd al-ʿAzīz b. Abī Dulaf la gouvernance d’Iṣfahān, de Nahāwand et d’al-Karaj, avant de retourner à Bagdad.

(1) Il s'agit bien de Masrūr al-Balkhī al-Amīr, et non de Masrūr, le serviteur d'al-Rashīd. Voir ses récits dans les index de al-Ṭabarī et d'Ibn al-Athīr. (2) Ibn al-Athīr (vol. 7, p. 465). (3) Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (vol. 13, p. 242), al-ʿIbar (vol. 2, p. 64) et Tadhkirat al-Ḥuffāẓ (vol. 2, p. 605). (4) Hilāl ibn al-ʿAlāʾ ibn Hilāl ibn ʿUmar, Abū ʿUmar al-Bāhilī, mawla de Qutayba ibn Muslim, l'émir al-Ruqayy. Al-Nasāʾī dit : il n'y a pas de mal à son sujet, il a rapporté des hadiths faibles de son père, et je ne sais si la suspicion est envers lui ou envers son père. Il a une poésie raffinée, faisant partie des « fils des quatre-vingt-dix ». (5) À la lettre ʾĀ : nous avons trouvé son hadith de plusieurs voies. Il est authentifié chez les manuscrits B, Ṭ. (6) Après cela viennent, dans les manuscrits B, Ẓā, Ṭ, la notice biographique de Sībawayh, l'imam des grammairiens. Elle figure dans Wafayāt, année 180 du présent ouvrage, et n’apparaît pas dans le manuscrit "A", ce qui est correct, car son insertion ici est dépourvue de sens. Ibn Kathīr ne pouvait concevoir une telle erreur manifeste, il s’agit sans doute d’additions d'ignorants parmi les copistes, d’où notre suppression. (7) Dans al-Muntaẓam (vol. 5, p. 147) : « Un homme d'entre eux a mangé sa fille. » (8) al-Muntaẓam (vol. 5, p. 147).
ومسرور الخادم (١) ، وكان من أكابر الأمراء. ومحمد بن إسماعيل بن يوسف أبو إسماعيل التَّرْمذيّ، صاحب التصانيف الحسنة في رمضان من هذه السنة؛ قاله ابن الأثير (٢) ، وشيخنا الذهبيّ (٣) . وهلال بن العلاء (٤) ، المحدِّث المشهور، وقد وقع (٥) لنا من حديثه طرف (٦) . [ثم دخلت سنة إحدى وثمانين ومئتين] فيها: دخل المسلمون بلاد الروم فغنموا وسلموا، ولله الحمد. وفيها: تكامل غور المياه ببلاد الرَّيّ وطَبَرِستان، وغلت الأسعار جدًّا، وجهد الناس وقحطوا، حتى أكل بعضهم بعضًا، وكان (٧) الرجل يأكل ابنته، فإنا للّه وإنا إليه راجعون. وفيها: حاصر المعتضد قلعة ماردين، وكانت بيد حَمدان بن حمدون ففتحها قسرًا، وأخذ ما كان فيها، ثم أمر بتخريبها فهدمت. وفي هذه السنة وصلت قطر النَّدى بنت خُمَارَوَيْه نائب الدِّيار المصرية إلى بغداد في تجمّل عظيم، ومعها من الجهاز شيء عظيم، حتى قيل: إنه كان في الجهاز مئة هاون من ذهب، ثم بعد كلّ حساب معها مئة ألف دينارٍ ليشترى بها من العراق ما قد تحتاج إليه، مما لا يتهيأ مثله بالديار المصرية (٨) . وفيها: خرج المعتضد إلى بلاد الجبل، وولَّى ولده عليًّا المكتفي نيابة الرَّيّ، وقَزوين، وزَنْجان وقُم، وهَمْذان، والدِّينَوَر، وجعل على كتابته أحمد بن الأصْبَع، وولَّى عمر بن عبد العزيز بن أبي دُلَف نيابةَ أصبهان، ونَهَاوند، والكَرَج، ثم عاد راجعًا إلى بغداد.
(١) إنما هو مسرور البلخي الأمير، وليس مسرورًا خادم الرشيد. وانظر أخباره في فهارس الطبري وابن الأثير. (٢) ابن الأثير (٧/ ٤٦٥). (٣) سير أعلام النبلاء (١٣/ ٢٤٢)، والعبر (٢/ ٦٤)، وتذكرة الحفاظ (٢/ ٦٠٥). (٤) هلال بن العلاء بن هلال بن عمر، أبو عمر الباهلي، مولى قتيبة بن مسلم، الأمير الرّقيّ. قال النسائي: ليس به بأس، روى أحاديث منكرة عن أبيه، ولا أدري: الريب منه، أو من أبيه، وله شعر رائق، من أبناء التسعين. (٥) في آ: وقع لنا حديثه من طرق. والمثبت من ب، ط. (٦) تأتي بعد هذا في ب، ظا، ط ترجمة سيبويه إمام النحاة المتقدمة ترجمته في وفيات سنة (١٨٠) من هذا الكتاب، ولم ترد في "أ" وهو الصواب حيث أقحمت هنا بلا معنى، وابن كثير لا يمكن أن يتوهم مثل هذا الوهم الفاحش، فهي بلا شك من زيادات بعض جهلة النساخ، لذلك حذفناها. (٧) في المنتظم (٥/ ١٤٧): وأكل إنسان منهم ابنته. (٨) المنتظم (٥/ ١٤٧).

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