Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Mohammad ibn Samāʿah, qui fut le maître d’Abū Jaʿfar al-Ṭaḥāwī, était aveugle. Il entendit des ḥadīths de ʿAlī ibn al-Jaʿd et d’autres, avant de se rendre en Égypte, où il transmit ce qu’il avait mémorisé. Il y mourut au mois de Muḥarram de cette même année. Ibn Yūnus l’a déclaré digne de confiance dans son Histoire de l’Égypte.

Aḥmad ibn Muḥammad ibn ʿĪsā ibn al-Azhar (1), c’est-à-dire Abū al-ʿAbbās al-Birtī (2), fut le juge (qāḍī) de Wāsiṭ et l’auteur d’un Musnad. Il rapporta des ḥadīths de Musallim ibn Ibrāhīm, Abū Salama al-Tabūdhakī, Abū Nuʿaym, Abū al-Walīd et de bien d’autres. Il était considéré comme un transmetteur sûr et précis. Il étudia la jurisprudence auprès d’Abū Sulaymān al-Jūzjānī, disciple de Muḥammad ibn al-Ḥasan. Il exerça la fonction de juge dans la partie orientale de Bagdad sous le règne d’al-Muʿtazz (3). Puis, à l’époque d’al-Muwaffaq, celui-ci réclama à Abū al-ʿAbbās al-Birtī et à Ismāʿīl le juge qu’ils remettent les biens des orphelins qu’ils géraient. Ismāʿīl s’exécuta sans tarder, tandis qu’Abū al-ʿAbbās al-Birtī demanda un délai, puis il s’empressa de restituer leurs parts à tous ceux dont il jugeait la gestion autonome recevable. Lorsqu’on lui réclama ces biens, il répondit : « Je n’en ai plus rien, je les ai rendus à leurs propriétaires. » Il fut alors démis de la fonction de juge et se retira chez lui, se consacrant à l’adoration jusqu’à son décès au mois de Dhū al-Ḥijja de cette même année.

Quelqu’un raconta l’avoir vu en rêve, entrant auprès du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui). Le Prophète se leva vers lui, le salua en lui serrant la main et l’embrassa entre les deux yeux, en disant : « Sois le bienvenu, toi qui agis selon ma Sunna et suis ma voie. »

Au cours de cette même année, mourut Jaʿfar ibn al-Muʿtamad, qui était le compagnon de nuit (4) d’al-Muʿtaḍid. Mourut également Rāshid, affranchi d’al-Muwaffaq, dans la ville de al-Dīnūr, et son corps fut transporté à Bagdad (5).

Quant à ʿUthmān ibn Saʿīd al-Dārimī (6), il succomba également cette année-là. Il est l’auteur de « La Réfutation de Bishr al-Marīsī » à propos de l’interprétation qu’il innova au sujet de la doctrine des Jahmiyya. Nous l’avons déjà mentionné dans « Ṭabaqāt al-Shāfiʿiyya ».

(1) Tārīkh Baghdād (5/61), Ṭabaqāt al-Fuqahāʼ (140), al-Muntaẓam (5/145), Tadhkirat al-Ḥuffāẓ (2/596), Siyar A‘lām an-Nubalā’ (13/407), Shudhūrāt adh-Dhahab (2/175). (2) Dans Al-Uṣūl : al-Burqī. (3) Dans al-Muntaẓam : al-Mu‘tamad. Et dans Tārīkh Baghdād (5/62) : il fut wali (gouverneur) du cadastre de Bagdad après Abū Hishām ar-Rifā‘ī, lorsque ce dernier mourut en l’an 249 AH. Je précise : le califat d’al-Mu‘tazz s’étendit de 252 à 255 AH, et al-Mu‘tamad lui succéda. (4) Dans Al-Uṣūl : Ja‘far ibn al-Mu‘tazz, qui veillait la nuit auprès de son père, ce fait a été authentifié par al-Ṭabarī et Ibn al-Athīr. L’expression d’al-Ṭabarī est : « Et il est mentionné que Ja‘far ibn al-Mu‘tamad mourut le dimanche douze jours avant la fin du mois de Rabī‘ al-Ākhir de la même année, et qu’il résidait à la cour d’al-Mu‘tamad sans jamais sortir ni se montrer ; al-Mu‘tamad regrettait cela à plusieurs reprises. » (5) al-Ṭabarī (10/34), Ibn al-Athīr (7/465). (6) Il s’agit d’Abū Sa‘īd at-Tamīmī ad-Dārimī, auteur du grand « al-Musnad » et d’autres traités, c’était un imam suivi comme modèle. Siyar A‘lām an-Nubalā’ (13/319), al-‘Ibar (2/64).
محمد بن سَمَاعة، وهو أستاذ أبي جَعْفَر الطَّحاوي. وكان ضريرًا، سمع الحديث من عليّ بن الجَعْد وغيره، وقدِمَ مصرَ فحدَّث بها من حفظه، وتوفي بها في المحرم من هذه السنة، وقد وثقه ابن يونس في تاريخ مصر. أحمد بن محمد بن عيسى بن الأزهر (١) : أبو العباس البِرْتي (٢) ، القاضي بواسط، صاحب المسند. روى عن مسلم بن إبراهيم، وأبي سلمة التَّبوذكيّ، وأبي نعيم، وأبي الوليد، وخَلْق. وكان ثقة ثبتًا، تفقه بأبي سليمان الجُوزجاني، صاحب محمد بن الحسن. وقد حكم بالجانب الشرقيّ من بغداد في أيام المعتز (٣) ، فلما كان أيام الموفق طلب منه ومن إسماعيل القاضي أن يعطياه ما بأيديهما من أموال اليتامى الموقوفة؛ فبادَرَ إلى ذلك إسماعيل القاضي، واستنظره أبو العباس البِرْتي هذا، ثم بادر إلى كلِّ من أنس منه رشدًا فدفع إليه ماله، فلمَّا طولب به قال: ليس عندي منه شيء، دفعْتُه إلى أهله، فعزل عن القضاء ولزم بيته، فتعبَّد إلى أن توفي في ذي الحجة من هذه السنة. وقد رآه بعضهم في المنام وقد دخل على رسول الله ﷺ ، فقام إليه وصافحه وقبَّل بين عينيه، وقال: مرحبًا بمن يعمل بسنتي وأثري. وفيها توفي: جعفر بن المعتمد، وكان يسامر (٤) المعتضد. وراشد مولى الموفق بمدينة الدِّينور، فحمل إلى بغداد (٥) . وعثمان بن سعيد الدَّارِمي (٦) ، مصنف "الرد على بِشْر المَرِيسيِّ" فيما ابتدعه من التأويل لمذهب الجَهْميّة، وقد ذكرناه في "طَبَقات الشافعية" .
(١) تاريخ بغداد (٥/ ٦١)، طبقات الفقهاء (١٤٠)، المنتظم (٥/ ١٤٥)، تذكرة الحفاظ (٢/ ٥٩٦)، سير أعلام النبلاء (١٣/ ٤٠٧)، شذرات الذهب (٢/ ١٧٥). (٢) في الأصول: البرقي. (٣) في المنتظم: المعتمد. وفي تاريخ بغداد (٥/ ٦٢): ولي قضاء بغداد بعد أبي هشام الرّفاعي لما توفي في سنة تسع وأربعين ومئتين. قلت: وكانت خلافة المعتز من سنة ٢٥٢ إلى سنة ٢٥٥ هـ، والمعتمد بعده. (٤) في الأصول: جعفر بن المعتضد، وكان يسامر أباه وصححت من الطبري وابن الأثير. وعبارة الطبري: وذكر أن جعفر بن المعتمد توفي في يوم الأحد لاثنتي عشرة خلت من شهر ربيع الآخر منها، وأنه كان مقامه في دار المعتضد لا يخرج ولا يظهر، وقد كان المعتضد نادمه مرارًا. (٥) الطبري (١٠/ ٣٤)، وابن الأثير (٧/ ٤٦٥). (٦) وهو أبو سعيد التميمي الدارمي، صاحب "المسند" الكبير والتصانيف، وكان إمامًا يقتدى به. سير أعلام النبلاء (١٣/ ٣١٩)، العبر (٢/ ٦٤).

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