Le calife al-Muktafi y construisit le Taj, puis, sous le règne d’al-Muqtadir, il y apporta des ajouts très considérables. Les traces de ces réalisations subsistèrent jusqu’à l’époque des Tatars, qui la détruisirent et réduisirent en captivité les femmes libres et en sécurité qui s’y trouvaient, comme il sera exposé en son lieu – si Dieu le veut – pour l’an six cent cinquante-six.
Al-Khatîb al-Baghdâdî (2) a déclaré : « Il est probable que Bûrân ait remis la demeure du califat à al-Mu‘tamid, car elle ne vécut pas jusqu’à l’époque d’al-Mu‘tadid. »
Durant cette même année, Ardabil (4) fut secouée à six reprises, et ses maisons s’effondrèrent entièrement, si bien qu’il n’en resta pas cent. Cent cinquante mille personnes périrent sous les décombres. Nous sommes de Dieu et c’est à Lui que nous revenons.
La même année, les eaux se tarirent dans les contrées de Ray et du Tabaristan, au point que l’on vendait trois livres d’eau contre un dirham. Les prix y grimpèrent de façon considérable.
Cette année-là encore, Ismâ‘îl ibn Ahmad al-Sâmânî lança une expédition contre les terres des Turcs. Il conquit la ville de leur roi, captura son épouse – la khâtûn –, son père, ainsi qu’environ dix mille prisonniers. Il s’empara également d’un butin considérable en montures, en biens et en fonds, chaque cavalier recevant mille dirhams.
Au cours de cette même année, le pèlerinage fut dirigé par Abû Bakr Muhammad ibn Hârûn ibn Ishâq al-‘Abbâsî (7).
Parmi les notables décédés cette année figure Ahmad ibn Sayyâr ibn Ayyûb, le jurisconsulte shâfi‘ite renommé pour son adoration et son ascèse (8). De même, Ahmad ibn Abî ‘Imrân (9) – Mûsâ ibn ‘Îsâ, Abû Ja‘far al-Baghdâdî – l’un des plus éminents représentants de l’école hanafite, qui avait acquis sa formation auprès de grands maîtres, s’éteignit cette année-là.