Al-Boukhârî (1) rapporte : « Abou al-Walîd nous a raconté, Chouʿba nous a raconté, Al-Aʿmach nous a raconté : “J’ai interrogé Abou Wâʾil qui a dit : ‘J’ai entendu ʿAbd Allâh déclarer : Le Messager d’Allâh (ﷺ) répartit un bien, et un homme dit : “Voilà un partage dont on ne recherche pas la Face d’Allâh.” Je suis alors allé voir le Prophète (ﷺ) pour l’en informer ; il se mit en colère à tel point que je vis la colère sur son visage. Puis il dit : ‘Qu’Allâh fasse miséricorde à Moïse : il fut offensé encore plus que cela, et il a enduré.’” » C’est ainsi que Muslim (2) le rapporta également par plusieurs chaînes de transmission de Soulaymân Ibn Mehrân al-Aʿmach.
L’imâm Ahmad rapporte : « Ḥajjâj (3) nous a raconté : J’ai entendu Isrâ’îl Ibn Younous, d’après Al-Walîd Ibn Abî Hichâm le mawla de Hamdân, d’après Zayd Ibn Abî Zâʾid, d’après ʿAbd Allâh Ibn Masʿoud qui a dit : Le Messager d’Allâh (ﷺ) s’adressa à ses compagnons en disant : “Que personne ne me rapporte quoi que ce soit sur quiconque, car j’aime me présenter à vous le cœur pur.” Puis un bien parvint au Messager d’Allâh (ﷺ), qu’il distribua. » ʿAbd Allâh poursuit : « Je passai devant deux hommes dont l’un dit à l’autre : “Par Allâh, Muḥammad n’a, dans ce partage, ni cherché la Face d’Allâh ni la Demeure dernière.” Je suis alors resté là jusqu’à entendre clairement leurs propos. Puis je suis allé trouver le Messager d’Allâh (ﷺ) et je lui ai dit : “Ô Messager d’Allâh, tu nous as déclaré : ‘Que personne ne me rapporte quoi que ce soit sur quiconque parmi mes compagnons.’ Or j’ai croisé untel et untel, et ils ont dit ceci et cela.” Le visage du Messager d’Allâh (ﷺ) s’empourpra et cela lui fut pénible, puis il dit : “Laisse cela, car Moïse a été offensé plus que cela et il a patienté.” » (4)
C’est aussi ce qu’ont rapporté Abou Dâwoûd et At-Tirmidhî (5) selon le ḥadîth d’Isrâ’îl, par l’intermédiaire d’Al-Walîd Ibn Abî Hichâm, avec la même chaîne. Dans une autre version rapportée par At-Tirmidhî (6) et Abou Dâwoûd (7) via Ibn al-ʿAbd, d’après Isrâ’îl, d’après As-Suddî, d’après Al-Walîd, on trouve le même texte. At-Tirmidhî déclare qu’il s’agit d’un ḥadîth « gharîb » (unique) selon cette voie.
Il est établi dans les deux Ṣaḥîḥ (Al-Boukhârî et Muslim) dans les récits concernant l’Isrâʾ (l’Ascension nocturne) que le Messager d’Allâh (ﷺ) passa près de Moïse alors qu’il était debout, en prière, dans sa tombe. Muslim le rapporte d’après Anas. Dans les deux Ṣaḥîḥ (8), selon le récit de Qatâda d’après Anas, d’après Mâlik Ibn Ṣaʿṣaʿa, d’après le Prophète (ﷺ), celui-ci passa, la nuit de son Ascension, auprès de Moïse au sixième ciel. Jibrîl (l’Ange Gabriel) lui dit : “Voici Moïse, salue-le.” Le Prophète (ﷺ) poursuit : “Je le saluai et il me dit : ‘Bienvenue au prophète vertueux et au frère vertueux.’ Puis, lorsque je dépassai (cet endroit), il se mit à pleurer. On lui demanda : ‘Pourquoi pleures-tu ?’ Il répondit : ‘Je pleure parce qu’un jeune homme a été envoyé après moi et qu’il fera entrer au Paradis, parmi sa communauté, plus de gens que je n’en ferai entrer parmi la mienne.’” Et il fut alors question d’Ibrâhîm (Abraham) au septième ciel.”