Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ibn Nuqta a dit (1) : « Nous a informés ‘Abdel Qader ibn ‘Abd Allah al-Fahmi, qui a déclaré : “Abdel Rahim ibn Abi al-Wafâ al-Hâjî à Ispahan nous a rapporté en ces termes :”

(2) J’ai entendu Mohammed ibn Tâhir al-Maqdisî, qui a dit : “J’ai entendu Abû Ismâ‘îl ‘Abd Allah ibn Mohammed al-Ansârî dire : ‘À mes yeux, le recueil d’at-Tirmidhî est plus avantageux (3) que les deux recueils d’al-Bukhârî et de Muslim.’” Je lui ai demandé : “Pourquoi donc ?” Il répondit : “Parce que nul ne parvient à tirer profit de ces deux recueils, sauf celui qui possède une connaissance parfaite. Quant au recueil d’at-Tirmidhî, il a expliqué et clarifié ses hadiths, si bien que tout un chacun peut y accéder, qu’il s’agisse de juristes, de traditionnistes ou d’autres.”

J’ai ajouté : “Il apparaît de sa situation qu’il fut frappé de cécité après avoir voyagé, écouté, écrit, échangé ses connaissances, débattu et composé des ouvrages. Puis il mourut dans sa ville natale au mois de Rajab de cette année, selon l’opinion sûre et la plus célèbre. Dieu est plus savant.”

Ensuite survint l’année quatre-vingt (280) de l’hégire (4). Pendant le mois de Muharram de cette année, al-Mu‘tadid fit exécuter un membre des chefs des Zanj qui s’était réfugié auprès de lui sous garantie de sécurité, connu sous le nom de Bishaylamah (5). Il fut rapporté qu’il faisait allégeance à un homme dont on ignorait l’identité et qu’il avait corrompu un groupe de gens. Al-Mu‘tadid le fit convoquer et l’interrogea, mais il ne reconnut rien, déclarant : “Même si cela se trouvait sous mes pieds, je ne l’avouerais pas.” Le calife ordonna alors qu’on l’attache à un mât de tente, puis qu’on l’approche du feu jusqu’à ce que sa peau se détache de ses os ; il ordonna ensuite qu’on lui tranche la tête et qu’on l’expose, ce qui fut exécuté la septième nuit du mois de Muharram.

Au début de Safar, le calife al-Mu‘tadid bi-llâh quitta Bagdad pour se rendre chez les Banû Shaybân en terre de Mossoul. Il leur infligea alors de graves représailles près d’une montagne appelée Noubâd (7). Le calife était accompagné d’un chantre à la voix mélodieuse, qui, au cours de l’une de ces nuits, s’adressa à lui par son chant (8).

(1) Al-Taqyīd (p. 98). (2) Entre les deux accolades, une addition provenant de "Al-Taqyīd" ; le texte ne peut être correctement compris sans elle. (3) Dans Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ : Anfaʿ ; dans l’édition : Anwār. (4) Addition provenant des manuscrits b et ẓā. (5) Chez Al-Ṭabarī : Muḥammad ibn al-Ḥasan ibn Sahl, surnommé Shīlmah. Dans l’édition ā : Bishaymalah, et dans l’édition ṭ : Bislamah. (6) Chez Al-Ṭabarī et Ibn al-Athīr : je ne les ai pas relevés d’eux. (7) Dans Al-Muntaẓam : Nūbādh. Dans Muʿjam al-Buldān : Tawbādh, avec un tâʾ ouvert suivi d’un sukūn, et la dernière lettre est un dhāl avec point (ظ). Une montagne dans Najd, suivie de trois vers puis d’un quatrième vers supplémentaire, qui est : Je pleure aujourd’hui par crainte de demain... Et je m’agite alors que mes deux amis sont réunis. (8) Al-Muntaẓam (5/142) et Muʿjam al-Buldān (2/55) : Tawbādh.
قال ابن نقطة (١) : [أنبأنا عبد القادر بن عبد الله الفهمي، قال: حدثنا عبد الرحيم بن أبي الوفاء الحاجي بأصبهان، قال: ] (٢) سمعت محمد بن طاهر المقدسي، سمعت أبا إسماعيل عبد الله بن محمد الأنصاري يقول: كتاب الترمذي عندي أفيدٌ (٣) من كتابَي البخاري ومسلم. قلت: ولمَ؟ قال: لأنه لا يصل إلى الفائدة منهما إلا مَنْ هو من أهل المعرفة التامة، وهذا الكتاب قد شرح أحاديثه وبينها، فيصل إليه كل أحدٍ من الناس؛ من الفقهاء والمحدّثين وغيرهما. قلت: والذي يظهر من حاله أنه طرأ عليه العَمَى بعد أن رحلَ وسمعَ وكتبَ وذاكرَ وناظرَ وصنَّف، ثم اتفق موتُه في بلده في رجب من هذه السنة على الصحيح المشهور، واللّه أعلم. ثم دخلت سنة ثمانين ومئتين [من الهجرة النبوية] (٤) في المحرم منها قتل المعتضدُ رجلًا من أمراء الزّنج كان قد لجأ إليه بالأمان ويعرف بِشَيْلَمة (٥) ، ذكر له أنه كان يدعو إلى رجل لا يعرف من هو، وقد أفسد جماعةً، فاستدعى به فقرَّره فلم يقرّ، وقال: لو كان تحت قدميَّ ما أقررت (٦) به، فأمر به فشُدَّ على عمود خيمةٍ، ثم لوّحه على النار حتى تساقط جلده عن عظامه، ثم أمر بضَرْب عنقه، وصلبه، لسبع ليال خلون من المحرم. وفي أول صفر ركب الخليفة المعتضد بالله من بغداد قاصدًا بني شيبان من أرض المَوْصِل، فأوقع بهم بأسًا شديدًا عند جبل يقال له: نوباد (٧) . وكان مع المعتضد حادٍ جيد الحداء، فقال في بعض تلك الليالي يحدو بالمعتضد (٨) :
(١) التقييد (ص ٩٨). (٢) ما بين حاصرتين إضافة من "التقييد" لا يستقيم النص من غيرها. (٣) في سير أعلام النبلاء: أنفع، وفي ط: أنور. (٤) زيادة من ب، ظا. (٥) في الطبري: محمد بن الحسن بن سهل، المعروف بشيلمة. وفي آ: بشيملة، وفي ط: بسلمة. (٦) في الطبري وابن الأثير: ما رفعتهما عنه. (٧) في المنتظم: نوباذ. وفي معجم البلدان: تَوْباذ بفتح التاء ثم السكون، آخره ذال معجمة، جبل بنجد، ثم ذكر الأبيات الثلاثة مع بيت رابع بعدها، وهو: إني لأبكي اليوم من حذري غدًا … وأقلق والحيّان مؤتلفان (٨) المنتظم (٥/ ١٤٢)، ومعجم البلدان (٢/ ٥٥): توباذ.

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