Jusqu’à ce qu’il le tue en l’an quatre-vingt-trois (283) comme il sera rapporté, envoyant sa tête à al-Muʿtaḍid. Ainsi, l’autorité sur le Khurāsān revint à ʿAmr b. al-Layth (1).
Cette même année, al-Ḥusayn b. ʿAbd Allāh, connu sous le nom d’Ibn al-Jaṣṣāṣ, vint d’Égypte, apportant d’immenses présents de la part de Khumārawayh, seigneur d’Égypte, à l’intention d’al-Muʿtaḍid bi-llāh. Al-Muʿtaḍid épousa alors la fille de Khumārawayh, que son père dota de biens comme on n’en avait jamais entendus. On raconte qu’il y avait cent mortiers d’or dans ce trousseau. Tout fut acheminé depuis l’Égypte jusqu’à Bagdad en compagnie de la mariée, et ce fut un événement mémorable.
La même année, Aḥmad b. ʿĪsā b. al-Shaykh s’empara de la citadelle de Mardin, qui appartenait auparavant à Isḥāq b. Kandājīq (2).
En outre, cette année-là, la charge de conduire le pèlerinage (ḥajj) fut confiée à Hārūn b. Muḥammad al-ʿAbbāsī. Ce fut le dernier pèlerinage qu’il dirigea, son premier ayant eu lieu en 264 [jusqu’à ladite année] (3).
Parmi les notables décédés cette année, on compte Aḥmad (4), le commandeur des Croyants, al-Muʿtamid, comme nous l’avons mentionné plus haut dans sa biographie.
Sont également décédés : Abū Bakr b. Abī Khaythamah (5) – de son nom Aḥmad b. Zuhayr b. Khaythamah – auteur d’un ouvrage historique et d’autres écrits. Il recueillit la transmission (ḥadīth) auprès d’Abū Nuʿaym et ʿAffān. Il acquit la science du ḥadīth auprès d’Aḥmad b. Ḥanbal et de Yaḥyā b. Maʿīn, la connaissance des généalogies auprès de Muṣʿab al-Zubayrī, les récits historiques auprès d’Abū l-Ḥasan ʿAlī b. Muḥammad al-Madāʾinī, et enfin la science de la littérature auprès de Muḥammad b. Sallām al-Jumaḥī. Il jouissait d’une grande fiabilité, était un mémorisateur précis et renommé. Son histoire comporte de nombreux points précieux et des raretés. Al-Baghawī, Ibn Ṣāʿid, Ibn Abī Dāwūd et Ibn al-Munādī transmirent de lui. Il mourut en Jumādā I de cette même année, à quatre-vingt-quatorze ans – qu’Allāh lui fasse miséricorde.
Enfin, Khāqān Abū ʿAbd Allāh al-Ṣūfī (6) disparut également. Il était connu pour ses états spirituels et ses prodiges (karāmāt).