De lui dépendent : Yaḥyā b. an-Nadīm, Aḥmad b. ʿAmmār et Abū Yūsuf Yaʿqūb b. Naʿīm b. Qarqāra al-Azdī.
Ibn ʿAsākir a dit (1) : « Il était homme de lettres, grand transmetteur, il possédait d’excellents ouvrages. Il fit l’éloge d’al-Maʾmūn dans différents panégyriques, fréquenta al-Mutawakkil, mourut à l’époque d’al-Muʿtaḍid et fut en proie à la confusion dans les derniers temps de sa vie. »
Ibn ʿAsākir rapporte (2), d’après al-Balādhurī, qui a dit : « Maḥmūd al-Warrāq m’a dit : “Compose des poèmes dont le souvenir demeure et dont le péché soit écarté de toi.” Alors je déclarai :
“Prépare-toi, ô âme, à la mort et efforce-toi
de trouver le salut, car l’homme prévoyant se prépare.
J’ai compris qu’aucun vivant n’est éternel,
et qu’il n’est d’autre issue que la mort.
Tu n’es qu’empruntée : tu rendras ce qui t’a été confié,
car tout objet prêté doit être restitué.
Tu oublies, mais les aléas de la vie n’oublient pas ;
tu t’amuses, mais la mort, elle, te décompte.
Quel pouvoir, quel bénéfice un homme peut-il tirer de ce monde,
alors que son unique part sur terre est sa sépulture ?
Ne cherche pas à demeurer dans cette contrée vouée à la mort
i dans une demeure dont le terme fatal te guette.
Comment un homme peut-il s’éprendre de la douceur des jours,
alors que chacun de ses souffles y est compté ?”
Le califat d’al-Muʿtaḍid bi-llāh (5), commandeur des Croyants, Abū al-ʿAbbās Aḥmad [fils de l’émir Abū Aḥmad al-Muwaffaq b. Jaʿfar al-Mutawakkil] (6), fut l’un des meilleurs califes abbassides et l’un de leurs hommes les plus remarquables. On lui prêta allégeance au matin de la mort d’al-Muʿtamad, dix jours avant la fin du mois de Rajab de cette année, c’est-à-dire l’an 279. En ce temps-là, l’autorité califale était affaiblie, mais il la ranima grâce à son énergie, sa justice, sa détermination, sa fermeté et son courage. Il nomma ʿUbayd Allāh b. Sulaymān b. Wahb comme vizir et désigna son affranchi Badr pour diriger la police à Bagdad. Il reçut des présents de ʿAmr b. al-Layth, qui sollicitait le gouvernement du Khorassan. Al-Muʿtaḍid accéda à sa demande et lui envoya robes d’honneur et étendard. ʿAmr b. al-Layth les exhiba chez lui trois jours durant, dans la joie et l’exultation (7).
Il destitua Rāfiʿ b. Harthama de l’émirat du Khorassan, et ʿAmr b. al-Layth y entra, n’ayant de cesse de poursuivre Rāfiʿ de ville en ville.