Ibn al-Jawzî a dit (1) : « Il subsiste un groupe de la secte des Bâbakiyya dont on rapporte qu’ils se réunissent chaque année, hommes et femmes confondus, pour une nuit. Puis ils éteignent les lampes et se précipitent sur les femmes : quiconque met la main sur une femme s’en empare et elle lui est dès lors permise. Ils affirment : “C’est une chasse licite.” Qu’Allah les maudisse ! »
Abû l-Faraj Ibn al-Jawzî a longuement traité l’exposé de leur doctrine dans cette partie de son ouvrage historique intitulé « Al-Muntaẓim », qu’Allah les maudisse. Avant lui, le juge Abû Bakr al-Bâqillânî (2), le célèbre théologien, avait déjà abordé ce sujet dans son livre « Hatk al-Astâr wa Kashf al-Asrâr » pour réfuter les bâṭinites. Il y répond à un livre que l’un de leurs juges en Égypte avait composé à l’époque fatimide sous le titre « Al-Balâgh al-Aʿẓam wa-n-Nâmûs al-Akbar », qu’il avait organisé en seize degrés. Le premier degré consiste, lorsqu’il rencontre quelqu’un des gens de la Sunna, à l’inviter à préférer Alî à Uthmân. S’il acquiesce, on l’incite alors à préférer Alî à Abû Bakr et Umar. Ensuite, on l’amène à les insulter, sous prétexte qu’ils auraient porté préjudice à Alî et aux Gens de la Maison en leur usurpant un droit. Puis, on l’engage à accuser la communauté tout entière d’ignorance et d’erreur pour avoir suivi la majorité. Enfin, il en vient à saper la religion de l’islam dans son ensemble.
Pour convaincre son interlocuteur (3), il avance des ambiguïtés et des hérésies qui ne sauraient abuser que le sot ignare et malheureux, comme le dit le Très-Haut : « Par le ciel aux orbites tracées (7) ! Vous voilà dans un discours contradictoire (8), quiconque devait s’en détourner s’en détournera (9). » [Adh-Dhâriyât, 7-9], c’est-à-dire que celui qui est égaré s’engouffre dans cet égarement. Et Il dit aussi : « Vous ainsi que ce que vous adorez (161), vous ne sauriez en détourner (162) que celui qui doit brûler dans la Fournaise (163). » [As-Sâffât, 161-163]. Et encore : « C’est ainsi que Nous avons assigné à chaque prophète un ennemi : des diables d’entre les hommes et les djinns qui se suggèrent mutuellement des discours enjolivés pour se tromper les uns les autres. Si ton Seigneur l’avait voulu, ils ne l’auraient pas fait. Laisse-les donc à leurs inventions (112). Afin que les cœurs de ceux qui ne croient pas en l’au-delà s’inclinent vers ce discours, qu’ils le satisfassent et qu’ils commettent ce qu’ils commettent (113). » [Al-Anʿâm, 112-113]. Il existe beaucoup d’autres versets allant dans ce sens, dont le contenu signifie que seuls les pires des hommes adhèrent à l’ignorance et à l’égarement, comme l’a dit un poète : « Rien ne s’empare de quelqu’un, si ce n’est du plus faible des fous. »
Après tout cela, ils ont encore d’autres niveaux d’impiété, d’ignorance, d’absurdité et de folie, à tel point qu’il n’est pas recommandé à celui dont la raison ou la foi est fragile d’en entendre parler. En effet, Iblis leur a ouvert des portes multiples de l’égarement. Il arrive même que certains d’entre eux enseignent à Iblis des choses qu’il ignorait, comme l’a dit l’un d’entre eux : « Je fus jadis un soldat d’Iblis, jusqu’à ce qu’Iblis lui-même devînt un soldat dans mon armée. »