Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Al-Ma’moun fils d’ar-Rachid l’acheta (1). Puis il est rapporté (2), d’après Hammad ibn Ishaq, qui le tenait de son père, qu’il déclara : « Je n’ai jamais vu de femme dotée d’un visage plus beau, de manières plus raffinées, plus experte en chant et en musique, plus talentueuse en poésie et plus habile aux échecs et au nard (backgammon) que celle-ci. Quelle que soit la qualité plaisante, fine et remarquable que l’on puisse souhaiter trouver chez une femme, on la trouvait en elle. »

Elle était poétesse, versée dans l’art de la parole, éloquente et brillante. Al-Ma’moun était épris d’elle, puis al-Mu’tasim l’aima après lui. Quant à elle, elle était amoureuse d’un homme nommé Muhammad ibn Hamed (3). Il lui arrivait même de le faire entrer auprès d’elle au palais califal – qu’Allah la discrédite – ainsi que l’a rapporté Ibn Asakir à son sujet.

Plus tard, elle s’éprit de Salih al-Mundhari et l’épousa secrètement. Elle composa des poèmes à son propos et chanta peut-être ces vers devant al-Mutawakkil sans que celui-ci ne sût à qui ils étaient destinés ; ses servantes en riaient. Elle leur disait alors : « Ô vous, sappeuses (4), ceci vaut mieux que votre occupation. »

Ibn Asakir a cité une grande quantité de ses poèmes. Parmi ceux-ci, lorsque, venue rendre visite à al-Mutawakkil pour s’enquérir de sa santé lors d’une maladie qui l’avait frappé, elle déclama et chanta devant lui (5) :

« Ils sont venus me dire : “Le calife est souffrant.”
Et j’ai répondu alors que le feu de la nostalgie embrasait ma poitrine :
Plût à Dieu que je fusse atteinte de la fièvre du calife Ja‘far,
Que je porte cette fièvre et qu’il reçoive en retour ma rétribution.
Assez de tristesse qu’on dise “Il est malade” sans que je meure de chagrin !
Après cela, je me montrerai certes patiente.
Qu’il soit fait de moi la rançon du calife Ja‘far !
C’est bien peu, pourtant, comme marque de ma gratitude envers lui. »

Lorsque le calife recouvra la santé, elle se présenta de nouveau auprès de lui et chanta de sa propre composition (6) :

« Mon remerciement va à Celui qui t’a débarrassé de ton mal :
Puisses-tu demeurer préservé de la souffrance et de la maladie !
Par la lumière que tu dispenses, les jours ont retrouvé leur éclat,
Et la généreuse végétation a refleuri dans les jardins de la munificence.
Depuis le Prophète (que la paix soit sur lui), aucun roi ne s’est levé pour la religion
Qui fût plus chaste que toi ni ne veillât mieux à tenir ses engagements.
Puisse Dieu accorder longue vie à Ja‘far parmi nous,
Et dissiper, par la lumière de sa Sunna, les ténèbres de l’injustice qui nous entourent ! »

Elle composa également des vers à l’occasion de sa guérison (7).

(1) Dans le Tārīkh d'Ibn ʿAsākir : al-Amīn l'acheta, puis al-Maʾmūn l'acheta à son tour. (2) Ibn ʿAsākir, Tarājim al-Nisāʾ, p. 229 ; al-Aghānī, vol. 21, p. 54. (3) Dans al-Aghānī : Muḥammad ibn Ḥāmid al-Khāqānī, surnommé al-Khashshān, l’un des chefs militaires du Khurāsān, était blond, à la chevelure claire et aux yeux bleus. (4) Al-Aghānī, vol. 21, p. 72 ; Ibn ʿAsākir, Tarājim al-Nisāʾ, p. 235. (5) Tārīkh d'Ibn ʿAsākir, Tarājim al-Nisāʾ, p. 233. (6) Tārīkh d'Ibn ʿAsākir, Tarājim al-Nisāʾ, p. 233. (7) Tārīkh d'Ibn ʿAsākir, Tarājim al-Nisāʾ, p. 234.
فاشتراها (١) المأمون بن الرشيد. ثم روى (٢) عن حمَّاد بن إسحاق، عن أبيه أنه قال: ما رأيت امرأةً قطّ أحسنَ وَجْهًا، وأدَبًا، وغناءٍ، وضَرْبًا، وشِعرًا، ولَعِبًا بالشِّطْرنج والنَّرْد منها؛ وما تشاء أن تجدَ خَصْلَة حسنة ظريفةً بارعةً في امرأةٍ إلا وجدتَها فيها. وقد كانت شاعرة مطيفة فصيحةً بليغةً؛ كان المأمون يتعشَّقُها، ثم أحبَّها بعده المعتصم، وكانت هي تتعشَّق لرجل يقال له: محمد بن حامد (٣) ، وربما أدخلته إليها في دار الخلافة، قبَّحها الله، على ما ذكره ابن عساكر عنها. ثم تعشَّقت صالحًا المنذريّ، وتزوجته سرًا، وكانت تقول فيه الشعر، وربما غنَّته بين يدي المتوكِّل وهو لا يشعر فيمن هو، فيضحك جواريه من ذلك، فتقول لهن: يا سحّاقات، هذا خيرٌ من عملكن (٤) . وقد أورد ابن عساكر شيئًا كثيرًا من شعرها، فمن ذلك أنَها لمَّا دخلت على المتوكِّل تعودُه من مرض أصابه، أنشدته من شعرها وغنَّته به (٥) : أتَوْني فَقَالوا: بالخليفةِ عِلَّةٌ … فقلْتُ ونارُ الشَّوقِ تُوقدُ في صدري ألا لَيْتَ بي حُمَّى الخليفةِ جعفرٍ … فكانتْ بيَ الحمَّى وكانَ له أجْري كفى حَزَنًا أن قيلَ حُمّ فلم أمُتْ … مِنَ الحُزْنِ إني بعدَ هذا لَذُو صَبْري جُعِلْتُ فِداءً للخليفةِ جعفرٍ … وذاكَ قليلٌ للخليفةِ مِنْ شكري ولمَّا عُوفي دخلت عليه، فغنَّته من قبلها (٦) : شكرًا لأنْعُم مَنْ عافاكَ مِنْ سَقَمٍ … دُمْتَ المعافَى من الآلام والسَّقَمِ عادَتْ بنُوركَ للأيَّامِ بهجَتُها … واهتزَّ نَبْتُ رياضِ الجُودِ والكَرَمِ ما قامَ للدِّينِ بعدَ المصطفى مَلِكٌ … أعَفُّ منكَ ولا أرعى على الذِّمَمِ فعمَّرَ اللّهُ فينا جعفَرًا ونفى … بِنُورِ سنَّتِهِ عنَّا دُجَى الظُّلَمِ ولها في عافيته أيضًا (٧) :
(١) في تاريخ ابن عساكر: واشتراها الأمين، ثم اشتراها المأمون. (٢) ابن عساكر (تراجم النساء) (ص ٢٢٩)، الأغاني (٢١/ ٥٤). (٣) في الأغاني: محمد بن حامد الخاقاني المعروف بالخشن، أحد قواد خراسان، وكان أشقر أصهب الشعر أزرق العينين. (٤) الأغاني (٢١/ ٧٢)، ابن عساكر تراجم النساء (ص ٢٣٥). (٥) تاريخ ابن عساكر تراجم النساء (ص ٢٣٣) (٦) تاريخ ابن عساكر تراجم النساء (ص ٢٣٣). (٧) تاريخ ابن عساكر تراجم النساء (ص ٢٣٤).

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