Ibn ʿAsākir (1) a rapporté qu’il disait : « J’écrivais la nuit à la lueur de la lampe durant mes voyages. Or, une nuit, quelque chose tomba sur mes yeux et je ne parvins plus à voir la lampe. Je me mis alors à pleurer en songeant à la perte de ma vue, à tout ce qui m’échapperait dans la rédaction des hadiths du Messager de Dieu (ﷺ), et à la situation d’exil où je me trouvais. Le sommeil m’emporta ensuite et je m’endormis. Je vis alors le Messager de Dieu (ﷺ) en rêve. Il me dit : “Qu’as-tu ?” Je me plaignis auprès de lui de mon exil et de tout ce que j’avais manqué dans la transcription de la Sunna. Il dit : “Approche-toi de moi.” Je m’approchai, et il posa sa main sur mes yeux tout en semblant réciter un passage du Coran. À mon réveil, j’avais recouvré la vue et je m’assis pour transcrire.
Abou Zurʿa ad-Dimashqî et Al-Hâkim Abou ʿAbd Allâh an-Naysâbûrî ont tous deux fait son éloge. Ce dernier déclara : “Il est l’imam des gens du hadith en Perse ; il vint à Neyshabur, et nos maîtres l’y entendirent.” Certains l’ont néanmoins accusé de chiisme.
Ibn ʿAsākir (3) a mentionné que Yaʿqûb ibn al-Layth, gouverneur du Fârs, l’apprit en train de parler de ʿOthmân ibn ʿAffân ; il ordonna donc qu’on le lui amène. Son vizir lui dit : “Ô émir, il ne parle pas de notre maître ʿOthmân ibn ʿAffân as-Sijzî, mais bien de ʿOthmân ibn ʿAffân, le Compagnon.” Il répondit alors : “Laissez-le. Qu’ai-je à faire avec le Compagnon ? (4) Je croyais qu’il parlait de notre maître [ʿOthmân ibn ʿAffân as-Sijzî] (5).”
J’ai dit : “Je ne pense pas que cela soit exact au sujet de Yaʿqûb ibn Sufyân ; car c’était un grand imam de la science du hadith, et il est décédé un mois avant Abou Hâtim ar-Râzî, au mois de Rajab de cette année, à Bassora (qu’Allah lui fasse miséricorde).” On rapporte qu’après sa mort, quelqu’un le vit en rêve et lui demanda : “Qu’est-ce que ton Seigneur a fait de toi ?” Il répondit : “Il m’a pardonné et m’a ordonné de dicter le hadith au ciel, comme je le dictais sur terre. Je me suis donc assis pour l’enseignement dans le quatrième ciel, et un groupe d’anges s’est assemblé autour de moi, parmi lesquels Jibrîl, qui notaient ce que je dictais du hadith avec des calames d’or.”
Quant à ʿArîb al-Maʾmûniyya (6), le hâfiẓ Ibn ʿAsākir l’a mentionnée dans son “Histoire” et a rapporté que, selon certains, elle aurait été la fille de Jaʿfar ibn Yaḥyâ ibn Khâlid al-Barmakî. Elle aurait été enlevée alors qu’elle était encore petite, lors de la chute de la dynastie des Barmécides, puis vendue.”